‹ Les maîtres du paysageChapitre 8 sur 193 · NN1BAL CARBACHK. — LA PÊCHE · texte numérisé non relu

NN1BAL CARBACHK. — LA PÊCHE

Musée du I.ouvrc.

l'éclat et à la souplesse des carnations, on conçoit que les épisodes empruntés à la Fable répondaient mieux que les sujets religieux à ses goûts et au caractère de son talent. C'est en les exprimant, en effet, qu'il a manifesté toute son originalité. Les tièdes caresses d'une atmosphère ensoleillée modèlent les formes de ces jeunes filles et de ces beaux enfants rebondis qu'il aimait à peindre. Autour d'eux, des arbres touffus, qu'étreignent amoureusement les pousses vigoureuses d'une vigne sauvage, projettent leur ombrage parmi les gazons Heuris, et dans l'air embaumé flotte je ne sais quel souffle de volupté innocente. Chaste, à force de candeur, le maître, jusque dans les épisodes mythologiques les plus scabreux, conserve une ingénuité qui leur prête une décence imprévue : c'est lo enveloppée et pâmée dans la nue; c'est Léda et la troupe joyeuse de ses compagnes qui s'ébattent dans les eaux courantes, poursuivies par des cygnes; c'est, dans notre Autiope, un de ses chefsd'œuvre, la nymphe endormie dont Jupiter découvre le beau corps, sur lequel le blanc nuage qui passe et le chêne dont la brise agite le feuillage promènent leurs ombres et leurs reflets mobiles, comme pour en faire mieux valoir encore toutes les beautés. Grâce à cet accord harmonieux de l'être humain et de la nature au milieu de laquelle il vit, le maître nous offre un ensemble de couleurs et de formes amies, que l'œil embrasse d'un regard, vers lequel il est attiré, et dont il a peine à se détacher.

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