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LES OSTADK ET PH. WOUWERMAN. 271
par le succès qui accueillit ces tentatives, et d'ailleurs attiré de plus en plus vers la campagne, le jeune artiste lui fit peu à peu une part plus large dans ses œuvres. Mais, parmi les saisons, c'est l'hiver surtout qui le charmait, avec ses aspects mélancoliques, ses arbres dépouillés, la neige qui, ainsi cju'un grand linceul, couvre les vastes plaines. C'est là un motif que bien souvent il a traité et qui toujours lui a réussi. Les Musées d'Anvers, de Dresde, de Munich, de Berlin et la National Gallery en possèdent des exemplaires de choix. Avec de légères variantes, ils reproduisent la même donnée que le Canal glacé du Louvre : la fin d'une belle journée d'hiver, avec une immense étendue de glace sur laquelle s'ébattent de nombreux personnages, et, au premier plan, la neige déjà un peu salie et détrempée par le dégel. Sans doute, la préparation roussàtre de ces premiers plans est restée trop apparente; mais le ciel, où les lueurs roses du couchant se laissent entrevoir, et les lointains noyés dans la brume ont bien cette tonalité neutre et indéfinissable que revêt la campagne en hiver, à la tombée du jour.
Un autre peintre de Harlem, Philips Wouwerman ( i6i()-iG68), connu surtout par les trop nombreux tableaux :i?a/t7/7/t'5, Escarmouches, Parties de chasse. Cavalcades et Scènes de manège, dans lesquels il étale sa verve un peu banale et son intempérante fécondité, est parfois sorti de sa monotonie habituelle, en peignant, quelques paysages d'un sentiment plus original et plus vrai : des Dunes, à la manière de Jan Wynants — qui, après Frans Hais, nous l'avons vu, fut aussi son maître, — et des Effets d'hiver. Celui qui fait partie de la collection de M. R. Kann nous réserve la surprise d'une œuvre très personnelle et franchement inspirée par la nature. \\n présence de cette campagne ensevelie sous la neige et de ces misérables cabanes dont les fumées chétives s'élèvent dans un ciel encore chargé de frimas, nous nous sentons pénétrés par une impression plus sincère; avec une émotion dont il n'est pas assez coutumier, le peintre a su nous la communiquer dans cet ouvrage d'une rare perfection et d'une conservation irréprochable.
Si, comme on l'a justement remarqué, à raison même des conditions qui préparaient sa venue, l'école hollandaise tardivement épanouie n'avait eu et ne pouvait avoir d'autre programme que « de faire le portrait de la Hollande », elle a, du moins, ce mérite de l'avoir fait à la fois
LES MAITRES DU l'AYSAGE.
fidèle et complet. A ce titre, ce n'est pas seulement de son ciel, de sa mer, de ses plaines basses et de ses dunes qu'elle nous a laissé la ressemblante image: mais ses villes elles-mêmes avec leurs places, leurs rues étroites, leurs monuments un peu massifs et leurs maisons presque pareilles, aliénées le long des canaux silencieux devaient aussi avoir leurs
peintres attitrés. Ces vues loyales et un peu monotones de Harlem ou d'Amsterdam que les deux Berck-Heyde, Job (iGSo-iGcjS) et Gerrit 1638-1(5981 nous montrent sous une pâle lumière, un artiste d'un rare talent, Jan van der Heyde iGlij-i 7 12 , les a peintes vers la même époque dans des dimensions plus restreintes, et animées, nous l'avons dit, par les charmantes figures dont Adrien van de Velde, tant qu'il vécut, les a étoffées. Jamais collaboration ne fut plus efficace que celle de ces deux artistes qui, avec une perfection pareille, se sont comme fondus l'un dans l'autre.
La représentation des intérieurs de monuments, et principalement des églises, a aussi fait en Hollande l'objet d'un genre à part dans lequel se sont successivement distingués des artistes tels que Saenredam. qui avait ouvert la voie ( 1 5c)7-i6G5), puis Houckgeest, Hendrik van Vliet et surtout Emmanuel de Witte (lOij-iGqa^ pour ne citer que les plus habiles. On connaît ces Inlcrieurs de temple qui, le plus souvent, leur ont fourni les motifs de leurs tableaux, avec leurs murailles nues, leurs colonnes blanches où se jouent les rayons d'un pâle soleil, dans l'atmosphère froide et un peu moite des lieux ordinairement fermés. Quelques