REMBRANDT
I.K CHRIST ENDORMI PENDANT I.A TKMCKTH. (Collection de Mrs Gardner.)
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Kau-fortc du Maître.
rares visiteurs passent indifférents, ne trouvant pour satisfaire leur curiosité que les écussons armoriés et les inscriptions commémoratives que portent les parois, ou bien des fosso\'eurs occupés à déplacer les dalles du pavé pour l'ouverture d'une tombe. La tristesse etl'uniformité inévitables de ces sortes de tableaux, aussi bien que la similitude qu'ils offrent entre eux attestent la complète véracité de leurs auteurs.
Les peintres de société n'ont pas été moins exacts dans la représentation des milieux très variés où ils nous introduisent à la suite de leurs modèles. Avec eux nous pénétrons dans les intérieurs les plus dissemblables : échoppes des artisans, logis honnêtes ou équivoques, habitations bourgeoises ou patriciennes, avec leur pauvreté, leur modeste aisance ou leur solide richesse. La nature ne tient que peu de place
dans ces tableaux de société, et c'est à peine si un coin de jardinet, une
274 LES MAITRES DU l'AYSACE.
cour enfermée entre de hautes murailles, un canal entrevu par une porte ouverte, apparaissent derrière ces citadins dont Steen, Metsu, Ter- Borch et tant d'autres nous révèlent les existences familières, dérobées aux regards indiscrets. A côté de ces maîtres cependant, un artiste longtemps ignoré, sur lequel Burger, le premier, a ramené l'attention, Jan Vermeer de Delft mérite d'être cité pour les rares paj-sages qui nous sont restés de lui. C'est surtout comme peintre de genre qu'est connu Vermeer, dont M. Bredius, l'infatigable chercheur, nous a récemment dévoilé la vie difficile et misérable. On sait quel charme piquant, quelle puissance de couleur recommandent à notre admiration les intérieurs clairs dans lesquels il nous montre ses modèles ordinaires : de bonnes ménagères, des peintres, des musiciennes, des géographes et des dentellières, vaquant à leurs honnêtes occupations. Avec la Coquette du Musée de Brunswick nous abordons des personnages plus suspects et dans son grand tableau du Tripot (Galerie de Dresde) Vermeer nous fait descendre de quelques crans encore dans le monde de la galanterie interlope. Si remarquables que soient ces divers ouvrages, si originales que soient les harmonies très diverses de leurs colorations, le paysagiste chez Vermeer est peut-être supérieur encore au peintre de genre. Malgré l'extrême simplicité du motif, sa Rue de Deljï, qui appartient à M. Six, est une petite merveille de justesse et de vérité. Une ruelle étroite, à côté d'une maison de briques dont la façade à pignon se détache sur un bout de ciel, c'est là tout le tableau. Mais l'accord de ces modestes éléments est si intime, si expressif, qu'avec ce portrait sans prétention, l'artiste nous donne comme un résumé typique de l'aspect tranquille des petites villes hollandaises, dans leur abandon et leur silence. La Vue de Delft prise du canal de Rotterdam (Musée de la Haye) est plus importante et manifeste mieux encore les rares qualités du maître. Parmi les toiles avoisinantes, elle vous attire par son éclat lumineux, par un air de force et de modernité qu'aucune autre œuvre de l'école ne possède à ce degré. En regard de cette Vue de Delft et de sa puissante tonalité, toutes, en effet, semblent un peu ternes et inertes. Ce ciel d'azur intense, ces nuages blancs, cette eau claire, cette grève brillante, ces murailles dorées ou noirâtres, ces toits d'ardoises bien bleues ou de tuiles bien rouges, tous ces tons sonores et vibrants, qui isolément paraîtraient d'une audace excessive, s'accordent ici entre eux et se
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