LES MAITRES DU TUÉATRE
En résume, poète plébéien, écrivant en vers avec plus d'aisance qu'en prose et transportant dans la poésie ce qui est d'ordinaire une matière de prose, doublé d'un poète tragique remarquable, bien que du second ordre, en dépit de succès qui purent le faire croire du pi'emier, poète attachant et pur, le meilleur de son espèce, auteur de petits chefs-d'œuvre infiniment agréables, parfait à son rang, mais de pensée moyenne et de lyrisme sans grande envolée. Célibataire pour les raisons les plus respectables, nature honnête, aimable, droite et simple, intelligence extrêmement déliée et fine, qui lui permettait de tout comprendre tout de suite et de se mettre au niveau des conversations les plus élevées, enfin homme désireux de faire le bien et d'être utile, et y ayant réussi souvent. Tel me paraît avoir été François Coppée. Je crois, somme toute, que d'avoir accompli son devoir de catholique, de probe écrivain et de bon Français, et d'avoir écrit des choses amusantes pour les artistes et consolantes pour les autres, saines, imprégnées de son âme honnête, n'est pas une si médiocre destinée ni si mal remplie.