‹ Les maîtres du théâtre, d'Eschyle a CurelChapitre 14 sur 40 · I,ES MAITRES DU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

I,ES MAITRES DU THÉÂTRE

choses. Sa maîtrise échoua. L'arche de Noé tourna à la ménagerie ; la pièce craqua, et un ennui prodigieux s'en échappa. Pourtant Chnniecler reste une grande tentative avortée, où se trouvent des parties superbes. Peut-être que de larges coupures en pourraient sauver Tcssentiel.

H faut cependant rendre justice à Rostand. Jusqu'au bout, il garda la préoccupation de la beauté et le noble souci du chef-d'œuvre à faire. Rien ne le prouve mieux que le petit nombre d'oeuvres qu'il nous laisse.

A trente ans, il en avait déjà achevé la plus grande partie. H fut ainsi

Le poète mort jeune à qui l'homme survit;

ou plutôt le poète ne mourut pas, il s'enlisa seulement dans une formule d'art qui n'était pas la sienne. Il n'osa ou ne put redescendre de la voie triomphale pour recommencer l'ascension difficile qu'il avait entreprise dans sa jeunesse et dont le succès l'avait écarté. Peut-être son instrument s'était-il faussé avec Cyrano et avec V Aiglon, et était-il incapable de voir le théâtre et la poésie avec ses yeux premiers !...

Rostand meurt jeune, et cependant il ne put se faire d'illusion ; il se survivait depuis vingt ans. Ce fut, sans doute, la grande tristesse et le drame secret de son existence en apparence si brillante et si heureuse.

Pauvre et noble Rostand ; Poor Yorick !

Quoi qu'il en soit, et telle qu'elle est, son œuvre reste grande. Si la postérité ne retient de lui que deux ou trois pièces, en a-t-elle retenu bien davantage des plus fameux?

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