LES MAITEES DU THÉÂTRE
quatre actes, au même théâtre, en avril 1860. C'est une de ses pièces les mieux réussies et les plus durables. Jamais l'auteur ne s'est plus rapproché de Molière. C'en est presque, je veux dire du Molière des pièces en vers et justement le relief romantique qu'il a tenté de donner à ses personnages accentue la ressemblance, car les héros de Molière sont toujours des héros costumés, aux silhouettes plaisamment découpées, ce qui contribue à accentuer leur extravagance et leurs manies. U Aventurière est le chefd'œuvre de la première manière d'Augier.
Après V Aventurière, commence sa période de flottement. Il sacrifie encore une fois aux muses de Ponsard avec son Joueur de flûte, qui fera pendant à Horace et Lydie du poète viennois. Le Joueur de flûte, étant néo-grec, lui paraît cependant plus distingué et plus littéraire. Il écrit aussi sa Diane qu'il situe à cette époque de Louis XIII, chère aux poètes romantiques, et s'efforce ainsi de se faire passer pour un romantique assagi. Puis c'est la série de ses pièces en vers ; Gabrielle, la Jeunesse, Philiberte, Paul Forestier, sur des thèmes à la Sandeau et à la Feuillet, qui resteront longtemps chers à la petite bourgeoisie. Tout cela, c'est du roman sentimental, du roman honnête, mis au théâtre pour plaire au public moyen et s'assurer, par des spectacles de tout repos, de longues séries de représentations. C'est propre, c'est sain, c'est bien fait. De loin en loin même, il y a des tirades qui vous ont un arrière -goût de Corneille.
Dès ce moment, Augier tient son procédé dont il ne se départira guère. Il s'agira presque toujours d'une charmante jeune fille, riche et pure, qui aura à défendre bravement son bonheur contre la maîtresse de l'homme qu'elle aime, laquelle maîtresse sera une femme du monde mariée, que sa chute a déclassée. Les types n'en varieront guère. Au fait, cela n'aura pas grande importance, pas plus que n'en ont, dnns