PAUL HERVIEU
Sa disparition brusque et silencieuse a été un de ces dénouements logiques, mais en coup de théâtre, qu'il affectionnait. Paul Hervieu est mort en héros d'Hervieu. Il venait de dîner en ville une dernière fois, n a quitté la vie en déposant son habit de soirée et sa cravate blanche, restant jusqu'au bout le dandy désabusé qu'il avait voulu être, l'un des représentants les plus achevés d'une société élégante et sceptique, sur laquelle la guerre a brutalement et pour jamais tiré son rideau sanglant. Lui-même avait certainement compris que c'était fini, irrévocablement fini, non pas de son œuvre, qui avait des chances de lui survivre, mais de cette souveraineté occulte sur une époque aussi loin de lui désormais que cette fin du xviii^ siècle, à laquelle il avait donné un pendant si curieux.
J'ai dit que Paul Hervieu avait été un héros d'Hervieu ; c'est un héros de Stendhal qu'il eût fallu dire. Stendahl l'eût aimé et admiré. Stendhal n'a pu être que pour quelques amis de la postérité ce que Paul Hervieu a su réaliser pour ses contemporains, à force de tact, de sentiment de la mesure et des bienséances et par cet art suprême qu'il p' sséda de mettre de la distance entre lui et les autres hommes, se servant pour cela autant de sa timidité que de sa froide poli^