PREMIÈRE PARTIE
Psychisme et Spiritualité Le Rôle des Maîtres dans les Religions Théosophie et Société Théosophique
Trois conférences publiques prononcées au « Smaller Queen's Hall > de Londres, les J 6, J23, et 30 juin J 907.
PSYCHISME ET SPIRITUALITÉ
Notre sujet ce soir tient en deux mots: psychisme, spiritualité. Je veux vous exposer les notions distinguées par ces deux mots, parce quTls sont l’objet d’une grande confusion, dans la conversation et la littérature courantes, et que cette confusion engendre de pernicieux etfets. On pense à Tun et l’on nomme l’autre, et ainsi Pon perpétue une erreur constante et l’on induit en erreui* ceux qui nous écoutent. Je veux ce soir tracer une distinction nette et intelligible entre le psychisme et la spiritualité, expliquer si possible, avec une grande clarté, ce que chacun signifie ; et ainsi, ayant parfaitement compris la nature de ces deux choses, chacun pourra choisir librement celle des deux qu’il désire éveiller, ou développer en soi. Car si, désirant développer la nature spirituelle, on met en œuvre les moyens spécialement adaptés au développement de la nature psychique, on se prépare un désappointement, peut-être
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un danger ; d’autre part si, désirant développer la natui’e psychique, on s’imagine pouvoir y atteindre en développant ses énergies spirituelles, on marche également à un désappointement, bien que seulement temporaire dans ce second cas. Mais, tandis qu’il est faux que le grand psychique soit nécessairement un être spirituel, il est vrai que toute personne de haute spiritualité est inévitablement un psychique. Toutes les forces de la Nature se suboi'donnent à l’Esprit ; et il en résulte que lorsqu’un homme a vraiment réalisé l’épanouissement de sa nature spirituelle, il n’est rien dans le monde inférieur qui ne s’ouvre à lui et n’obéisse à sa volonté. De ce point de vue donc, l’homme qui suit le sentier de la spiritualité ne sera pas en lin de compte désappointé s’il croit chercher le développement psychique, mais le fait seul de le rechercher lui sera, sur le sentier de la spiritualité, une inévitable barrière. Je reviendrai bientôt sur ce point, et vous montrerai dans quel sens, et pourquoi, il est vrai que l’éveil des pouvoirs psychiques peut faire obstacle au développement des pouvoirs spirituels.
Pour distinguer nettement les deux termes, j’en donnerai d’abord une brève définition. Ces
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définitions se déploieront nécessairement an cours de cette conférence, mais je veux, pour rendre la définition claire et brève;» Texposer j en une seule phrase. La spiritualité, c’est la \ réalisation consciente de TUnité ; le psychisme Ic’est la manifestation des énergies delà cons- \cience dans la matière organisée. Chacun des pots de cette définition a sa valeur propre.
Nous sommes beaucoup trop enclins, dans no-^ tre pensée et notre conversation journalières, à restreindre les mots psychique et psychisme, d'une façon entièrement injustifiée. L’acception populaire de ce terme est illégitime ; il sert généralement parmi nous à désigner les manifestations anormales des énergies de la conscience, sur le plan physique, astral, mental, ou bouddhique. Peu importe le monde où nous nous trouvons, la matière où agit notre conscience; dès qu’elle utilise pour son expression la matière organisée, ce sont là des manifestations psychiques, légitimement comprises dans le terme « psychique ». Peut-être vous étonnerez-vous de mon insistance sur ce point.
Vous la comprendrez immédiatement si je vous rappelle qu’à moins de conserver dans Tesprit cette exacte et juste définition, nous élèverons une barrière entre la tnanifestation
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de la conscience sur ce plan physique d’une part, et dans le corps physique qui lui correspond, et d’autre part sur les jilans astral et mental, et dans les corps astral et mental, et toute notre étude en sera faussée. Il faut vraiment qu’on vous ramène à ce que vous connaissez de la conscience sur le plan physique, avant que vous puissiez suivre exactement sa manifestation sur le plan astral et le plan mental. Si vous voulez isoler des manifestations d’ordre identique, parce que différentes en degré, selon la subtilité de la matière qu’elles utilisent, vous n’aurez jamais de ce que vous nommez psychisme (les manifestations astrales et mentales dans les corps subtils) qu’une vue artificielle et ignorante. Si, d’autre part, vous vous rendez compte que la conscience est une, que sa manifestation sur un plan quelconque est conditionnée par la matière de ce plan, qu en essence elle est une, et ne varie qu’en degré selon le plus ou moins de résistance que lui oppose la matière des plans, alors vous ne serez plus conduits à des conceptions exagérées de ce qu’on se plaît tant à nommer le psychisme. \ ous ne le décrierez point, comme trop de gens le font avec légèreté, parce que vous saurez qu en le décriant ainsi, vous portez
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condamnation sur toutes les manifestations intellectuelles, absmdité dont bien peu voudront se rendre coupables. Si vous concevez les manifestations de Tintelligence dans ce monde physique comme des choses admirables, dignes d’être à jamais encouragées, soutenues, développées, alors la similitude logique du raisonnement vous amènera à comprendre que les manifestations de la même conscience dans une matière plus subtile, astrale ou mentale, sont également dignes, et ne le sont pais davantage, de développement et d’estime. Vous ne vous trouvereî* pas placés dans cette situation illogique et absurde de déclarer qu’il est bon de cultiver la conscience du plan physique, et dangereux de cultiver la conscience des plans astral et mental. Vous comprendrez que tout psychisme est du même ordre, que sur chaque plan le développement du psychisme suit ses propres lois, mais qu’il est absurde d’admirer l’action de la conscience sur le plan inférieur, et de s’en éloigner comme d’une chose redoutable,démoniaque, presque, quand elle se manifeste sur un plan supérieur au plan physique.
C’est cette rationnelle notion de bon sens que je voudrais vous communiquer ce soir, et
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VOUS arracher à cette région de mystère, de merveilleux, d'étonnement et de crainte qui pour tant de gens entoure le psychisme. Je voudrais vous faire comprendre que vous êtes des centres de conscience en voie de développement, que vous faites éclore vos énergies sur des plans successifs, selon Torganisation et la subtilité des corps où fonctionne votre conscience ; et que si vous vouliez seulement conserver votre bon sens et votre raison, ne pas vo us permettre reffroi de Finhabituel, vous pourriez alors suivre le sentier psychique dans le monde astral ou mental, aussi résolument et avec une aussi complète immunité d’hystérie que lorsque vous suivez ce même sentier psychique dans le monde physique. C'est là l'idée générale, et c'est évidemment le sens où, somme toute, ce mot est souvent accepté ici-bas. Lorsque vous parlez de « psychologie », vous ne désignez pas seulement l'action de la conscience dans un corps astral ou mental ; vous entendez la conscience humaine totale, l'activité de l'esprit, partout où l'esprit a une activité ; c'est tout cela que vous comprenez sous ce terme de « psychologie ». Pourquoi donc, si vous changez sa forme, le restreindriez-vous, comme si ce qui est l’esprit sur un plan n'était pas aussi
PSYCHISME ET SPIRITUALITÉ
Tesprit sur tous les pians où cet esprit peut fonctionner?
Considérons maintenant pour un instant Taction de Tesprit sur le plan physique ; elle est bien connue. Il est pourtant à cet égard un point important à relever. La science matérialiste du siècle dernier tenait cette opinion très largement répandue parmi les savants, que la pensée n^est autre chose que le résultat de certains modes de vibrations dans certains ordres de matières. Il est inutile d’insister sur ce point. Mais vous savez qu^en Angleterre, et plus spécialement en France et en Allemagne, on a cherché à prouver, par des travaux très étendus, que la pensée n^est qu’un produit de la substance nerveuse. Vous trouverez rarement, je crois même jamais, aujourd’hui, un savant qui veuille se rallier à cette opinion. Les survivants de cette école peuv ent le faire, mais ils ne sont que des survivants. La masse des psychologues contemporains admet de nos jours que les manifestations de l’esprit ne peuvent plus être regardées comme étant produites par des vibrations dans le cerveau, physique, qu’au moins il nous faut dépasser ces limitations, si Ton envisage les résultats de l’étude de la conscience telle qu elle est aujourd’hui entreprise par les sa»-
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vants. Ils ne veulent plus regarder la pensée comme un produit de la matière. Ils ne consentent certes pas à aller aussi loin que je me propose de le faire, et à affirmer que l’organisme pensant est le produit de la pensée,fi antithèse même, vous le reconnaissez, de Tautre conception, mais nécessaire pour la compréhension du développement des énergies conscientes dans la matière. La biologie ordmah e admet que la fonction apparaît avant Forgane. Je me trouve ici sur un solide terrain scientifique. Il est reconnu que Fexercice de la fonction construit graduellement Forgane. Toutes les recherches entreprises sur les formes organisées les plus simples tendent à le prouver. 11 est aussi reconnu que quand Fexercice de la fonction a édifié un organisme à la lorme très simple, Fexercice de cette fonction perfectionne lentement cet organe précédemment construit.
Jusqu’ici, nous marchons de pair avec la science ordinaire. Je crois ne pas exagérer en disant qu’un grand nombre des psychologues les plus savants de nos jours s’accordent en tous cas pour admettre que le cerveau de Fadulte est en très grande partie le résultat de Fexercice de la pensée des premières années de la vie.
Je ne pense pas qu’ils iraient jusqu’à dire que
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la pensée Ta littéralement produit. Et pourtant, si j"en juge par bien des affirmations récentes, ils admettraient volontiers que par une réflexion intense, nous pouvons améliorer no“ tre appareil pensant. C'est une raison de penser avec intensité, dans le but de penser mieux. Et plus intense est la pensée,plus Tinstrument de la pensée se perfectionne.
Dans le second point de mon exposé, je ne saurais persuader à la science ordinaire, si élastique soit-elle, de me suivre ou de me fournir une base d^étude ; car je veux montrer que votre conscience, agissant sur le plan supérieur à celui sur lequel Torgane de la conscience se construit, est vraiment l’artisan de cet organisme. En termes concrets, votre cerveau physique est édifié du plan astral, et c’est votre conscience fonctionnant dans une matière plus subtile que la matière physique, qui édifie dans les limites imposées par Karma, ie cerveau de Eenfant en formation. C’est là une loi générale de révolution normale et saine et vous verrez plus loin Fimportance de cette loi. Chacun de nos corps, physique, astial, mental, bouddhique, est toujours construit par la conscience en activité sur le plan immédiatement supérieur. Le plan ou monde
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supérieur, est un monde beaucoup plus voisin de vous que vous ne Têtes ici les uns des autres, et n'est point par delà les étoiles, au fond d'immenses espaces.il vous pénètre dans tous les points de votre être. Il n’est supérieur qu’au sens où les solides, liquides et gaz de votre corps se succèdent dans le corps, non éloignés les uns des autres,mais présents dans le même lieu. L’action est ainsi la plus étroite et la plus intime. Ceux d’entre vous qui ont étudié la littérature théosophique se rappelleront que H. I\ B. a dit que nous tous avions notre activité dans la conscience astrale. Et vous verrez, après un instant de réflexion, que votre activité n’est pas dans la conscience physique, au sens littéral du terme. Que connaissez'vous au juste de la conscience qui agit dans les divers tissus et cellules de votre corps physique ? Pratiquement rien, sauf lorsque vous êtes malades. C’est seulement quand le corps se désorganise que vous devenez conscients de cette activité. Normalement, le mouvement de votre sang, la croissance, par assimilation, de vos muscles et de vos nerfs, la vie de vos cellules, l’action défensive de certaines des cellules vivantes de votre organisme, les « dévoreurs » comme on les appelle, s’accomplissent
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hors de votre conscience, sans que vous y pensiez ou y donniez un instant d^attention volontaire. Chez rHomme Parfait, la conscience de tout cela est constamment présente, mais il en va différemment chez nous, qui sommes imparfaits. Nous ne sommes pas encore suffisamment vitalisés et développés pour exercer notre conscience totale, avec la pleine connaissance de toutes ses activités. Nous n^en pouvons exercer qu^une très faible partie, et c^est pourquoi nous avons abandonné la conscience qui soutient Tactivité du corps physique, pour nous concentrer sur un monde supérieur, et utiliser le système nerveux comme Tappareil de notre pensée. La loi est donc en tous points constante. Si vous voulez organiser et édifier votre corps astral, vous ne pouvez le faire que du plan mental. Il vous faut élever votre pensée à une puissance supérieure par la concentration, parla méditation régulière, par une pression volontaire exercée sur la conscience, avant que vous puissiez Tamener à cette puissance qui lui permettra d'organiser votre corps astral comme elle a déjà organisé votre corps physique. C'est la raison pour laquelle la méditation est nécessaire dans toutes ces choses ; parce que, sans la puissance créatrice de la
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pensée, nous ne pouvons organiser le corps dans ce monde qui suit immédiatement le monde physique.
Et maintenant, admettons que notre conscience en activité dans le cerveau physique, instrument dont nous avons Tentière maîtrise, est continuellement à l’œuvre pour entrer en contact avec le monde externe, se sert du cerveau comme d’un instrument dont elle peut jouer et rapporte continuellement de mondes supérieurs des impressions qu’elle transmet au plan physique avec plus ou moins de perfection; point n’est besoin de nous arrêter à la pensée ordinaire : Considérons une pensée moins commune, où la portion subtile du cerveau, sa matière éthérique, se trouve plus fortement vitalisée, plus spécialement mise en activité. Les pouvoirs de l’imagination, sa force créatrice, les facultés artistiques, toutes créatrices de leur nature, mettent plus particulièrement en activité les éthers du cerveau,et par leur activité,font agir la matière cérébrale inférieure et plus grossière. Or, la pensée, issue de la conscience, traverse successivement les divers véhicules pour trouver ici sa claire expression. Mais n^avez-vous pas de nombreuses impressions mentales qui ne sont pas claires, ni définies, et qui cependant vous
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affectent profondément, et dont vous êtes certains? Elles sont très diverses, et vous parviennent de bien des façons. L^iinportant pour vous actuellement est simplement ceci : qu’étant environnés des mondes astral et mental, vous recevez d’eux des impressions incessantes, qui causent d’incessantes modifications dans votre conscience. Si votre corps astral était complètement organisé comme votre corps physique, les impressions reçues seraient nettes et claires comme celles du monde physique. Si votre corps mental était bien organisé, les impressions de ce plan, qui est le plan céleste, seraient aussi nettes et claires que celles du plan physique. Mais parce que ni le corps astral ni le corps mental ne sont, au degré actuel de Févolution, suffisamment organisés, les impressions qu’ils reçoivent et qui amènent des modifications dans la conscience, sont vagues et imprécises ; c’est elles qu on nomme généralement «psychiques».
Une Société de Recherches Psychiques comme la vôtre ne s’occupe pas des phénomènes ordinaires de la pensée, mais de ceux qui sont extraordinaires ; et tous ces phénomènes qu’elle baptise de noms étranges sont tous des activités de la conscience dans des gaines ou corps qu’elle n’a pas encore appris à dominer, qu’elle n’a pas
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encore suffisamment organisés en vue de ses desseins. Lentement et graduellement ils s'organisent, ayant pour principe la pensée énergique pour le corps astral, et l’exercice de la raison pure pour le corps mental. Considérons à cet égard s'il est une autre méthode pour amener à l’activité le corps astral et le corps mental. Car vous avez pu remarquer que j'ai employé le mot évolutions normale », révolution régulière suivant les lois de l’évolution naturelle, comme désignant toujours une action venue d'en haut. Mais il est possible de la stimuler d’en bas. Vous pouvez tout au moins stimuler le corps astral depuis le plan physique, mais c’est aux dépens d’une plus haute évolution ultérieure ; cette possibilité s’explique aisément. Dans le corps astral se trouvent tous vos centres sensoriels. Vous savez qu’après la mort les désirs d’un homme sont les mêmes qu’il éprouvait durant sa vie physique. Vous savez que dans les rêves, vos désirs ressemblent à ceux que vous éprouvez à l’état de veille. Le centre de toutes vos forces psychiques, de vos énergies conscientes est dans le corps astral, et si (surtout au moyen des sens, dont chacun a son centre propre dans le corps astral) vous exercez une pression sur les sens physiques ici-
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bas, vous obtiendrez une action sur le plan astral, mais une action morbide, parce que irrégulière, parce qu’elle s’efforce sans respec- ■ J;er le sens de l’évolution, de créer d’en bas et non d’en haut. Néanmoins, vous pouvez obtenir quelques résultats, et dans les deux fameuses méthodes hindoues pour le développement des pouvoirs de la conscience, et l’éclosion de la conscience elle-meme, ç est là un fait reconnu j vous trouvez la Râja Yoga et la Hatha Yoga,la Yoga Royale et la Yoga de l’Effort. La Yoga de 1 Effort est la Hatha Yogaj elle se pratique par des moyens physiques et produit des effets physiques. On stimule l’œil de diverses manières. et cet effort exercé sur l’œil physique doit amener une certaine sorte restreinte de clairvoyaiice. Vous pouvez y parvenir de cette manière en regardant fixement dans un cristal ou par d autres moyens analogues. Ces pratiques excitent bien le centre de la vision physique, mais non celui de la vision astrale; c’est pourquoi elles ne peuvent mener très loin. 11 est possible d’arriver à un certain degré de clairvoyance par ces méthodes, mais vous ne faites qu’exalter votre vision physique, et son organe, l’œil. La vraie vision astrale est une chose entièrement différente. Elle est l’activité d’un
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centre particulier du corps astral. C^est du corps mental qu'elle doit être développée, comme la vision physique Ta été de l’astral.
Le centre de cette vision sera dans le corps mental et non dans Tastral; son organe seul sera dans le corps astral.
La méthode de la Yoga Râja ou Royale, est toujours par la pensée; concentrer, méditer, contempler, penser ; par ce moyen, vous développerez inévitablement d’une façon saine, normale, naturelle, les pouvoirs de la vision dans le monde astral, comme au cours de Révolution passée, ont été développés les pouvoirs de la vision dans le monde physique. Et si vous comprenez que votre conscience est une, qu’elle édifie ses corps en vue d’une plus pleine et complète expression d’elle-même ; que vous êtes ici pour devenir les maîtres de la matière et non ses esclaves, et employer tous les organes matériels pour acquérir la connaissance des mondes matériels correspondants et non pour en être aveuglés ; puisque notre ascension évolutive doit être ici-bas très longue,alors vous reconnaîtrez que ce développement naturel des pouvoirs du corps astral est inévitable au cours de l’évolution, et que vous ne pouvez autre chose que l’accélérer, si vous suivez la voie
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que la Nature a tracée. Puisque la Nature doit développer lentement dans chaque être humain le pouvoir d’utiliser le corps astral aussi librement que vous employez aujourd’hui le corps physique^ vous pouvez de même hâter pour vous-mêmes la venue de ce moment en comprenant la puissance de la pensée et en rappliquant à Pobjet que vous désirez réaliser. Il est bien des façons d^y parvenir, et bien des règles à apprendre pour diriger vos efforts. Ces règles peuvent se ramener à deux : la pensée claire et énergique, et d’autre part la discipline des corps que vous essayez d’organiser; aussi bien, ajoute rai-je, que du corps qui leur est inférieur dans révolution. Telles sont les deux grandes lois d’une évolution saine de ces pouvoirs appelés psychiques, et que j’appelle les pouvoirs de la conscience sur le plan astral et le plan mental.il faut une discipline des corps, car vous avez à choisir les matériaux qui vous serviront le mieux dans l’œuvre que vo us entreprenez, entre les innombrables combinaisons de matière que la Nature vous offre. Vous aurez à choisir les combinaisons qui serviront votre dessein, que vous utiliserez pour la construction des organes des sens sur les plans successifs. Tout aussi réellement que l’ivrogne nuit
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à son système nerveux par ses excès, et, en fournissant à son corps physique des matériaux grossiers et nocifs qui lui sont préjudiciables, en fait un instrument moins utile; de même que tout excès, non seulement 1 ivrognerie, mais aussi la gourmandise, la débauche, etc.. Sont fatals au corps physique et en diminuent la valeur comme instrument de la conscience ; et de même qu’ici-bas si nous voulons notre conscience pleine et parfaite, il nous faut dominer, discipliner, construire notre corps par la connaissance et la maîtrise de soi ; de même aussi tout cela est vrai des plans supérieurs. Un régime aussi est nécessaire dès qu’on entreprend l’organisation de la matière plus subtile du monde astral ou mental, car vous ne pouvez vous construire un corps physique avec les combinaisons les plus grossières de la matière physique, et avoir malgré cela des combi naisons de matière plus subtile sur le plan astral ou mental. Les corps doivent aller de pair Ils doivent se correspondre et puisqu’on trouve toutes sortes de combinaisons qui se correspondent d’un plan à l’autre, il vous faut choisir vos combinaisons sur le plan physique si vous voulez les choisir aussi sur l’astral et le mental. Vous ne pouvez vous faire un corps
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physique grossier, et organiser les corps astral et mental en vue des desseins plus délicats de la conscience; et il vous faut vous y résoudre d une manière définitive si vous voulez essayer de développer ces pouvoirs supérieurs de la conscience; non seulement parce que si vous groupez ensemble les matériaux grossiers du monde astral, ils vous entraveront dans l’expression supérieure de la conscience, mais aussi parce que la présence en vous de ces combinaisons vous expose à de nombreux dangers sur le plan astral. Plus les éléments de votre corps astral seront purs, plus vous serez à i abri du péril lors de vos premiers pas sur ce plan. Il est important de mentionner ceci, parce que dans quelques-unes des écoles de pensée qui essayent seulement de développer les pouvoirs du corps astral, vous verrez qu’on suit volontairement d'autrgs méthodes pour rendre actif le corps astral. Bien des écoles du « Sentier de main gauche » dans l’Inde se servent de spiritueux, de vins, de viandes de toutes sortes dans le but de produire une certaine condition du corps astral; et elles réussissent parce qu^elles attirent ainsi, et pour un temps commandent, les forces élémentales de ces plans inférieurs, les élémentals des mondes infé-
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rieurs de Tastral. Vous trouverez aiusi qu’uu Hindou, qui connaît un peu ces choses et veu t les employer pour ses fins égoïstes, se servira de ces substances, qui sont agréables aux élémentals de ces mondes inférieurs et les attirera autour de lui pour les commander. Il le fait eu connaissance de cause, en vue d'un but qu'il désire atteindre. Mais parmi ceux qui pratiquent la Magie Noire d’un ordre supérieur, d’ordre mental, vous constatez un ascétisme aussi sévère et rigide que la plus sévère et rigide discipline de ceux qui visent à un développement de leurs corps supérieurs en vue de fins plus nobles. C'est une erreur de penser que les Frères de l’Ombre sont en général licencieux et indifférents à ce qu'on nomme la moralité. Ils y sont au contraire excessivement sévères. Leurs péchés sont d’ordre mental, non de l’ordre des désirs inférieurs, ou des organes des différents corps qui peuvent les gratifier. Leurs péchés sont ceux plus dangereux des forces mentales détournées dans un but personnel. Mais ils reconnaissent très bien que s’ils veulent des forces mentales et, parmi elles les degrés supérieurs, il leur faut être aussi rigides quant à la discipline de leurs corps inférieurs que pourrait l’être un élève de la
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Loge Blanche. Admettons donc que pour un tel développement, est essentiel un régime pom* les corps, aussi bien que Texercice et Tentraînernent de Tintellect. Mais ainsi le résultat est certain. Vous ne pouvez fixer à Lavance un temps pour réussir, car tout dépend du point où Ion commence dans cette vie. Dans toutes ces questions, les lois de la Nature n^autorisent pas ce qu^on appelle une croissance miraculease, et si vous constatez que des personnes développent très rapidement les pouvoirs psychiques, après avoir pratiqué la méditation pendant seulement quelques mois peut-être, dites-vous que dans une vie antérieure, elles ont déjà cultivé ces pouvoirs, et reprennent aujourd’hui leur place dans une classe plus avancée de l’évolution, et non dans la classe enfantine, comme beaucoup le font dans leur vie actuelle. II y a donc des différences. Pour les uns, qui débutent, le succès n’est pas probable dans cette incarnation, mais si cela les décourage, on ne peut que leur dire : « Si vous ne commencez j)as maintenant, il vous faudra commencer dans votre incarnation prochaine, et de même ensuite. Car on ne saurait violer les lois de la Nature. La Nature ne connaît ni favoritisme ni partialité. Une fois ou l’autre il
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VOUS faudra commencer, et vous réussirez d^autant plus tôt que vous aurez plus tôt commencé. »
Le point capital, en ceci^ vous le remarquerez, est ^entraînement, Forganisation des corps. Le psychisme en effet implique cela. Il vous faut exercer, purifier, organiser, afin que les pouvoirs de la conscience puissent se manifester. Vous voyez clairement, maintenant, pourquoi, au début, j’insistais sur ce fait que toutes ces manifestations sont de même nature, en sorte que si l’on vous dit ; « Un tel est un psychique », comme si c’était là condamner cette personne ; ou bien : « Un tel n’est qu^un clairvoyant », comme si la possession de la clairvoyance était un désavantage plutôt qu’un avantage, alors la réponse qui convient est celle-ci : « Êtes-vous prêt à aller jusqu’au bout de votre pensée ? » Beaucoup d’Hindous le font (c’est le point auquel j’avais annoncé que je reviendrais) ; ils disent que les Siddhis, les pouvoirs de la conscience manifestée sur les plans inférieurs, sont des obstacles à la vie spirituelle. Et en un sens cela est vrai. La vie spirituelle est dirigée vers l’intérieur, tous les pouvoirs psychiques vers l’extérieur. C’est le même Soi dans les deux cas : le Soi se repliant
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intérieurement sur Lui-même, ou s'extériorisant vers le monde des objets. Mais cela ne fait pas Tombre d’une différence qu’il s’extériorise vers les objets du monde physique ou astral ou mental ; tout cela est la conscience objective et conséquemment l’opposé de la conscience spirituelle. Mais THindou ne recule pas devant cette conséquence comme le fait ordinairement l’Occidental. Il est parfaitement logique. Il dit : « C’est vrai, les énergies de l’intellect, appliquées aux objets du monde, sont un obstacle à la vie spirituelle. Nous ne désirons pas cela, et ne voulons pas y penser.
Nous abandonnons tous les objets du plan physique quand nous cherchons le Soi. » — Si donc vous êtes prêts à dire cela, alors détournezvous résolument du psychisme, mais n’ayez pas l’illogisme d’encourager l’activité intellectuelle sur le plan physique tandis que vous répudiez sur les autres plans ce que vous nommez psychisme, car cela est pure folie. S’il vaut mieux ici-bas être aveugle qu’y voir clair, et les Hindous vous diront cela souvent, parce qu’ainsi seront écartés tous les objets du plan physique, qui sont autant de distractions, si vous êtes prêts à accepter cela et à dire : « Oui, je préfère la cécité », alors vous pouvez logique-
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ment continuer à répudier la vision du plan astral. Mais si vous appréciez la vision physique, pourquoi refuser une valeur à la vision astrale aussi, qui n’en est qu un degré supérieur ? et à la vision mentale aussi, qui n en est qu’un degré encore plus élevé ? Pourquoi condamner l’astral et le mental et louer le physique? Pourquoi admirer la puissance de vision du peintre, qui voit plus de nuauces que vous n’en pouvez apercevoir, et condamner la vision du clairvoyant, qui voit infiniment plus que le peintre le plus exercé ? Tout cela appartient au monde objectif, tout cela éloigne le Soi de la réalisation de Soi-meme, et doit être tenu au même rang ; et il y a quelque étrangeté à voir la même personne exalter le psychique sur le plan physique, et le condamner sur les plans astral et mental.
Mais considérons maintenant la spiritualité, et voyons ce qu’elle signifie. La spiritualité, c’est « l’Un se connaissant Soi-même » ; non pas la déclaration que tous les hommes ne font qu’un, que tous les hommes sont frères ; nous pouvons tous dire cela. Tout homme ayant atteint un certain degré de connaissance intellectuelle reconnaîtra Tunité de T humanité, et redira, avec rauteiir chrétien, que Dieu a
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f ait tous les hommes d*un même sang, ce qui n’est ailleurs qu’une citation d^un ouvrage dit païen. Cette reconnaissance intellectuelle de l’unité est pratiquement universelle parmi les gens instruits ; mais bien peu sont disposés à faire passer cette admission de Tintelligenre dans la vie pratique et la discipline journalière. Or, pour le développement de ce qu’on nomme les facultés psychiques, il est très utile de s^isoler jusqu’à un certain point du monde. Mais pour le développement de la conscience spirituelle, nulle retraite de ce genre n’est nécessaire. En fait, pour la plupart, sauf dans les tout premiers efforts, l’isolement est une erreur ; car le monde est l’endroit le meilleur pour le développement du sens de Tunité, et c’est au milieu des hommes et des femmes et des enfants que nous pourrons le mieux éveiller les énergies de la vie spirituelle. La raison en est très simple. Dans le monde inférieur, l’Esprit s’exprime par ramoür, la sympathie ; plus nous pourrons aimer et sympathiser, plus grand sera le développement de la conscience du Soi intérieur.
Elle était vraie, cette parole du premier Initié chrétien : « Si un homme n’aime pas son îrère qu’il a vu, comment aimera-t-il Dieu qu’il
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n'a pa.5 vu ? » Et si la perfection de cette conscience spirituelle est dans cette vision de rilnité suprême, la conscience qui se connaît identique à Dieu, alors la voie qui mène à sa réalisation totale sera par les réalisations partielles de la sympathie aimante, dont le monde est le meilleur champ d^expérience, et nos frères autour de nous le stimulant naturel.
L'amour, le dévouement, voilà les manifestations de TEsprit sur le plan physique comme aussi la connaissance de la vérité. Car TEsprit n'est pas unilatéral, mais il est une Trinité et la connaissance lui est aussi nécessaire que l'amour. La valeur spéciale de l'amour réside dans sa vertu unificatrice, et dans ce fait qu'il rend ce que le monde appelle sacrifice naturel et joyeux. Vous l'avez constaté dans votre propre expérience. Dans la mesure précisément où vous aimez, c'est une joie et non une souffrance de renoncer à telle ou telle chose afin que soit accru le bonheur de celui que vous aimez. Ce n'est pas un sacrifice pour une mère de renoncer à un plaisir personnel pour en faire profiter ses enfants. Le bonheur de Fenfant procure une joie plus profonde que le plaisir lui-même; un bonheur plus doux, plus beau, plus profond résulte du bonheur de ceux
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qu^on aime. Et cela agrandit un peu la conscience, et c’est pourquoi la vie de famille est Pune des meilleures écoles pour Péveil de la spiritualité ; car dans les continuels sacrilices de la vie de famille, nés de l’amour et rendus joyeux par l’affection, le Soi se sent en vérité un Soi plus grand, et parvient à sentir son unité avec ceux quiPentourent immédiatement.
Et après la vie de famille, la vie publique, la vie de la communauté, la vie nationale ; ce sont là aussi des écoles pour le développement de la conscience spirituelle. L’homme qui est un bon citoyen dans sa communauté perçoit la vie de la communauté conmie sa vie propre et ainsi devient conscient d’un Soi plus grand que le Moi étroit de la famille. Chez l’homme qui aime sa nation, le Soi s'étend jusqu’aux frontières de la nation, et il a conscience d’un Soi plus vaste que le Moi familial ou celui de la communauté intérieure à l’État. Et dans la mesure où l’amour qui s’agrandit ne devient pas superficiel (car un volume d’eau répandu sur une surface de plus en plus grande perd de plus en plus de sa profondeur) dans cette même mesure il s’approche de l’amour spirituel, Trop souvent l’amour devient irréel chez ceux qui essayent d’aimer au loin, alors qu’ils
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n’aiment pas leurs proches. Mais si vous évitez la tentation, et vous rappelez que TEsprit n’a pas de bornes, et que vous pouvez puiser, pujser encore, puiser toujours à l’amour qui est en vous sans jamais voir le fond de la source d’amour ; si vous êtes assez forts pour faire cela, alors l’amour de la famille, de la communauté, de l’État s’étendra jusqu’à l’amour de l’humanité, et vous vous connaîtrez un avec tous les hommes, et non plus seulement avec votre famille, ou votre communauté, ou votre nation. Toutes ces affections locales sont des instructeurs qui vous mèneront au plus large amour de l’homme. Mais ne commettez pas Terreur de croire que vous pouvez atteindre au plus grand sans être passé par le plus étroit ; car le mauvais mari,le mauvais citoyen, le mauvais patriote n’aura jamais un véritable amour pour l’humanité. 11 lui faut apprendre Talphabet avant de pouvoir lire dans ce livre d’amour, épeler les lettres, avant de prononcer les mots. Néanmoins ces stages successifs conduisent tous à la vie spirituelle, et préparent Thomme à la réalisation consciente de l’Esprit. Et si vous voulez vraiment travailler à développer cette vie en vous, exercez-la sur ceux qui vous touchent du plus près en leur don-
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nant l’amour et la sympathie sur les voies quotidiennes de la vie. Et non pas seulement à ceux qui vous sont sympathiques, mais aussi à ceux qui vous sont indifférents, à ceux que vous n’aimez pas comme à ceux que vous aimez. Rappelez-vous que vous avez à renverser des barrières, les barrières des corps qui vous séparent des autres Sois de vos frères dans les mondes où vous vivez, et que cette suppression des barrières fait partie du travail nécessaire à l’éclosion de la vie spirituelle. Ce n’est que lorsque les successives barrières seront l’une après l’autre brisées, lorsque l’une après l’autre seront rasées les successives murailles, que la liberté de l’Esprit pourra se manifester sur tous les plans et dans tous les mondes. L’Esprit est à jamais libre de sa nature et de sa vie propre, mais, confiné dans les barriei'es du corps, il lui faut apprendre à les franchir avant que, sur ces plans de matière il puisse parvenir à la liberté divine qui est son étemel droit de naissance. Aussi longtemps que vous vous sentez séparés des autres, vous êtes séparés de la réalisation de l’unité ; aussi longtemps que vous dites : moi, et le mien, la vie de l’Esprit est. impossible pour vous. L’amour des possessions individuelles, non seulement physi-
CONFÉRENCES DE LONDRES
que s mais aussi morales et mentales, non l’orgueil vulgaire des biens physiques, seulement, mais aussi l’orgueil moral et intellectuel, tout ce qui oppose « moi » à « toi » et ne comprend pas que moi et toi sont une seule chose, tout cela est contraire à la vie spirituelle. C’est la plus dure de toutes les leçons dès qu’on l’applique à la pratique de la vie ; de toutes les tentatives la plus ardue, dès qu’on s’efforce vraiment d’y réussir, et non pas seulement d’en discourir ou de l’imaginer, La meilleure manière de vivre c’est le continuel renoncement aux possessions individuelles sur tous les plans, et la pensée constante de l’unité. Quand vous essayez de vivre la vie de l’Esprit, vous vous efforcez d’être purs. Gela est bien, mais pourquoi ? Pour que vous soyez purs, et laissiez vos frères impurs dans leur impureté ? Non, certes ! Vous voulez être purs afin que par votre pureté il y ait dans le monde plus de pureté à partager entre tous les hommes. Vous ne voulez pas être plus purs que les autres, mais vous recherchez la pureté afin de la répandre dans toutes les directions, et votre plus grande joie est que votre pureté arrache à la boue une âme que le monde y foule aux pieds.
Vous vous efforcez d’être sages;cela est bien.
PSYCHISME ET SPIRITUALITE
car la sagesse est un bien précieux. Mais pourquoi? Pour que vous puissiez toiser Fignorant et lui dire: «Je suis plus sage que toi», comme l’homme pur pouvait dire: « Je suis plus pur que toi ? » Non, certes ! mais afin que la sagesse que vous avez acquise puisse éclairer les ignorants et devenir leur comme elle est vôtre.
Autrement elle n’est pas spirituelle ; car la spiritualité ne connaît ni « moi » ni « autrui » ; elle ne connaît que l’unique Soi dont toutes les formes sont des manifestations.
Nous n’oserons point nous dire spirituels aussi longtemps que nous n’aurons pas atteint ce point qu’aucun de nous encore n’a atteint, car y parvenir, c’est devenir un Christ. Lorsque, regardant les plus bas, les plus vils, les plus ignorants des hommes nous pourrons dire ; « Geux-ci sont moi-même, sous tels et tels aspects », et l’éprouver vraiment, et y trouver de la joie, parce que si vous êtes deux personnes, Fune pure et Fautre impure, et que toutes deux ne fassent qu’un seul être, alors aucune n’est parfaite mais toutes deux sont élevées au-dessus du niveau de la plus basse, alors se réalise la vraie rédemption, l’œuvre véritable du Christ; et la « naissance du Christ en vous » signifie la volonté de renverser tous
CONKBBBNOES DE ^ONDBBg
les murs mitoyens, et la « stature du Gbrist en vous > que vous y êtes parvenus.
En général nous nous réclamons de notre unité avec ce qui est grand ; mais nous ne mettons pas notre gloire à proclamer notre unité avec ce qui est bas; nous sommes heureux de dire : « Oui, moi aussi, je suis Divin ; je suis un Christ en devenir; je suis un avec Lui. > Il est plus malaisé de dire ; « Je suis un avec les plus humbles de mes frères, eux et moi avons part à la même vie divine. » Et cependant, notre Divinité n’est réelle que lorsque nous reconnaissons la même Divinité chez les autres. Vous avez souvenir de l’exquise aUcgorie d’Olive Schreiner, décrivant d’abord la vie non spirituelle, puis la vie de l’Esprit. Dans la première partie, une femme, pure et sans tache, aux vêtements éclatants de blancheur, aux pieds comme revêtus de neige, se présente aux Portes du Ciel et s’avance par les routes pavées d’or. Et comme elle marche, dans ses robes éclatantes, les anges se retirent en frissonnant et disent : « Voyez, ses vêtements sont couverts de sang, et ses sandales sont souillées de sang et de boue. » Et de son trône, le Christ demanda : « Ma fille, pourquoi ce sang sur tes vêtements, cette souillure sur
PSYCHISME ET SPIRITUALITÉ
tes sandales »? Elle répondit : « Seigneur, j’allais par des chemins boueux, quand je vis une femme étendue dans la boue, et je mis mes pieds sur elle pour préserver mes sandales. > Alors le Christ et ses anges disparacent, et la femme retomba du Ciel pour fouler une fois de plus les voies fangeuses de la terre. Une seconde fois elle arriva aux portes célestes et s^avança par les rues pavées d’or, mais cette fois elle n’était pas seule. Une.autre femme marchait près d'elle, et leurs vêtements étaient semés de taches de sang, et leurs sandales étaient salies par la fange et le sang de la terre. Mais les anges, les voyant passer, crièrent : « Voyez de quelle blancheur leurs robes resplendissent l Et voyez la blancheur éclatante de leurs pieds! » Et le Christ, quand elles se tinrent devant son trône, demanda :
« Comment êtes-vous ici avec des vêtements souillés? » Et la femme répondit : « J’ai vu ma sœur que voici foulée aux pieds, et je me suis penchée pour la relever, et en la touchant mes vêtements furent souillés, mais je Fai amenée avec moi en ta présence. »Etle Christ sourit et les éleva jusqu’à Lui, les plaça à son côté, et les anges chantèrent d’allégresse* Car ce n’est pas le péché et la honte qu’on
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partage qui souillent la robe de l’Esprit, et y laissent la trace de la fange de la terre.
Si donc vous voulez vivre la vie spirituelle, il vous faut vous abaisser aussi bien que vous élever, sentir votre unité avec le pécheur aussi bien qu’avec le saint. Car la seule chose qui vous rende divins, c’est l’Esprit qui réside dans tout cœur d’homme, y réside également; il n’est aucune différence dans la divinité de l’Esprit, mais seulement dans le degré de sa manifestation. Et parce que vous et moi nous élevons, et manifestons de plus en plus la vie spirituelle, dans les mondes inférieurs, nous devons élever nos frères avec nous, goûter la joie de la rédemption, et la puissance de la vie qui sauve. Ceux que nous appelons les Maîtres, Ceux qui sont les Christs du monde, on les révère et on les aime parce que pour Eux il n’est aucune différence ; Us aiment le pécheur autant que le saint et plus parfois parce que leur compassion s’épanche plus volontiers vers le faible que vers le fort.
Telle est la vie spirituelle, le but que tout homme doit placer devant ses yeux s’il veut avoir part à la vie de l’Esprit. Elle diffère profondément du psychisme et ne doit pas être confondue avec lui; elle est l’épanouissement
PSYCHISME ET SPIRITUALITE
de la divinité dans rhoinme et non la purification et l’organisation des corps. Tous deux sont bons, tous deux sont nécessaires, et je termine dans les termes mêmes où je débutais, tandis qu’être psychique n’est pas une preuve de spiritualité, être spirituel c’est posséder toute puissance dans le ciel et sur la terre. Choisissez donc chacun votre voie. Suivez celle que vous voudrez; mais veillez à ce qu’en développant vos pouvoirs ici dans la séparation, vous ne retardiez pas l’éclosion de la spiritualité qui est la réalisation de l’unité du Soi, Car tout ce qui sépare est mauvais du fait même qu’il sépare; toute force partagée est une aile qui aide notre essor, mais tout pouvoir que conserve pour lui le moi inférieur est un fardeau qui nous tient liés au sol.
Tout homme parmi nous qui appartient à une religion particulière peut remonter le cours de sa religion de plus en plus loin dans le passé, jusqu'à ce qu’il arrive à sa source, son premier Initiateur. Autour de cet Initiateur on trouve généralement un groupe d’hommes et de femmes qui sont les disciples du Fondateur de la religion, mais qui deviennent, pour ses adeptes ultérieurs, des instructeurs, des apôtres. Ceci est invariablement vrai. L’Israélite fera remonter sa religion jusqu^au temps du grand législateur Moïse, et par delà Moïse à une figure plus héroïque encore, Abraham, r « ami de Dieu Remontez à une religion plus antique, celle de l’Égypte, de laChaldée, de la Perse, de la Chine, de l’Inde; vous constaterez des faits identiques. Le Parsî, qui représente une tradition magnifique, mais dont
la religion actuelle n’est, comme on l’a bien dit, qu’une « religion de fragments », trouvera l’origine de sa religion dans son grand Prophète, le Prophète du Feu, qui guida l’exode du centre de l’Asie et conduisit son peuple dans le pays que nous nommons aujourd’hui la Perse. L’Égypte, vous disant son histoire, vous montrera les héroïques figures de son passé, et, parmi elles, le grand Roi et Pontife, Osiris, qui, mis à mort, selon l’antique légende, ressuscite pour être le Seigneur et le Juge de son peuple. Le Bouddhisme, si répandu dans l’Orient, fait remonter son histoire jusqu’au Bouddha, et dira de plus que non seulement le Bouddha est le fondateur de cette religion particulière, mais qu’il existe en outre sur la terre une personne vivante, qui est l’Initiateur, le Protecteur et qu’ils nomment le Bodhisattva, le sage et le pur. L’Inde vous dira qu’un groupe nombreux d’instructeurs s’assembla autour de leur Manou dont la tradition garde encore les lois, qui sont aujourd’hui la base de la législation sociale adoptée par les gouvernants anglais de l’Inde. Autour de ce grand Législateur du passé se groupèrent des sages dont les noms sont connus par tout le pays, et dont chacun fut l’origine d’une noble
CONFÉRENCES DE LONDRES
famille Hindoue, qui a gardé sa généalogie depuis ce Sage jusqu’à ses représentants ac’ tuels. Gela est également vrai de religions plus modernes. Le Chrétien fait remonter le Christianisme jusqu’à la personnalité du Prophète de Judée, le Christ Jésus. Et il est intéressant, parmi ces étranges parallèles que l’on rencontre souventdans l’étude comparative des religions, de remarquer que de même que le Bouddhiste a son Bouddha, et aussi son Bodhisattva, ainsi le Chrétien a deux noms : Christ qui désigne l’Esprit vivant, un stage dans le développement spirituel, un nom qui représente un degré, une charge, une fonction, plutôt qu’un individu ; et le nom individuel de Jésus, pour marquer le rapport intime, d’aucuns diraient l’identité, entre les deux. Mais de même que les Bouddhistes distinguent entre ces deux éléments, de même les premiers Chrétiens marquaient une distinction analogue entre l’homme Jésus et le Christ spirituel. En ces temps primitifs du Christianisme beaucoup de ceux qu’on appelait les « Gnostiques » distinguaient de même entre les deux noms, bien que les unissant à un certain moment de la prédication, du ministère de Jésus. Et si vous interrogez la dernière en date des i^eligions.
celle des Musulmans, la religion de Tlslam, elle fera remonter son origine à un Prophète, Mahomet, le grand Prophète d'Arabie. Cela est donc universellement vrai : une religion trouve sa source dans une grande figure unique,que certains apj)ellent un « Homme-Dieu » ; un homme trop divin pour être regardé comme entièrement semblable à ceux au milieu desquels 11 vécut et enseigna ; au-dessus d'eux et cependant de leur race, étroitement lié à eux par une commune humanité, bien qu’élevé au-dessus d'eux par une manifestation plus puissante, plus complète, plus irrésistiblement attachante du Dieu intérieur que n’en pouvaient montrer les hommes et les femmes ordinaires qui L’entouraient. 11 en est de même de toutes les religions, et dans la notion de cette figure divine, le Fondateur de chaque religion, vous trouvez la plus complète, la plus vraie, la plus parfaite conception de ce que no us, Théosophes, appelons l’idéal du Maître. A tous ces grands Êtres, le Théosophe donne le nom deMaître.Et non pas seulement le Théosophe, car ce terme a été, dans certaines religions, appliqué au Fondateur, au Chef de la Foi. 11 fait appel avec une force et une valeur toute spéciale au chrétien lui-même, car c'est le
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nom que l’Initiateur le Christ choisit comme traduisant le mieux la relation qui L'unit à ceux qui croient en Lui et Le suivent. « Ne vous appelez pas maîtres, dit-Il, car un seul est votre Maître, le Christ. > Et vous vous rappellerez encore que, parlant à ses disciples, Il dit : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. »En sorte qu’au cœur des Chrétiens, le nom de Maître devrait être, plus que tout autre nom, cher et sacré, puisqu'il fut choisi par leur propre Initiateur, le nom qu'il se fit décerner par Ses disciples, et dont II se servit Lui-même pour désigner la relation qui L’unit à eux. Cette idée du Maître de la religion ne saurait donc en aucune façon présenter une résonance hostile, un sens exotique àceux dont l'hommage s'adresse au Maître Christ. Cette même notion est celle du Maître de toute grande religion; c'est une notion générale qui désigne le Fondateur, l’initiateur, divin et cependant humain. Je reviendrai tout à l'heure sur ce dernier point.
Étudions d’un peu plus près l’idée centrale du Maître, et voyons quels sont les traits spéciaux qui le caractérisent dans les religions du passé. Si vous remontez très haut, vous trouverez toujours que le Maître présente un
double caractère : chef-politique et législateur d’uiie part, initiateur religieux d’autre part. Dans toutes les civilisations antiques, ces deux traits se retrouvent; car à cette époque la distinction ne s’était pas produite encore entre sacré et laïque, ou sacré et profane, comme ledit notre langage moderne. Ces civilisations antiques ne connaissaient point Thistoire sacrée d une part et Thistoire profane d^autre part ; il n y avait point de distinction entre la science sacrée et la science laïque; toute histoire était sacrée, toute science était divine. Et cela est si vrai que lorsqu’un disciple d^autrefois interrogea son maître au sujet de la science divine, il reçut cette réponse ; « Il est deux formes de la science divine: la supérieure etTinférieure. > La science divine i nférieure comprenait tout ce que vous nommez àprésent littérature,science et art ; qu^on réunissait et résumait sous le seul nom de science divine inférieure. La supérieure, la science suprême était cette connaissance de Dieu à laquelle seule le nom de Sagesse peut être appliqué avec exactitude. En sorte que, dans leur pensée, la Divinité était partout, et que la diversité n’affectait que les manifestations de la Divinité. La Nature était tout entière sacrée. Dieu s’exprimait dans tout objet, dans
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toute forme ; tout au plus pouvait-on seulement dire que dans telle forme. Sa gloire était plus apparente que dans telle autre. La forme pouvait être plus ou moius transparente, mais la radieuse splendeur intérieure était identique dans toutes. Et il était naturel, inévitable, avec une telle conception de la Nature et de Dieu, que le Maître,le Fondateur d’une religion unît dans sa seule personne la double fonction de Prêtre et de Roi. C’est ce que vous constatez en effet. L’unique exemple de ce fait, dans nos temps modernes, n’est peut-être pas très heureux aux yeux de beaucoup. C’est le Souverain Pontife de 'l’Eglise Catholique Romaine. Car les devoirs du Souverain ont été si mal remplis dans cette haute charge, que le peuple perdit le sens de sa divinité, se révolta contre elle, la rejeta, et dépouilla le Pontife de son caractère royal. Mais dans le lointain passé des civilisations antiques, les deux fonctions s’unissaient dans une seule personne. Le Pharaon d’Egypte était bien le Seigneur au triple diadème, mais aussi le Prêtre suprême de tous les temples du pays. Et de même en Chaldée, et dans rinde, et dans beaucoup d’autres pays, et vous constaterez que partout où il en était ainsi, la civilisation revêtait une forme spéciale, diifé-
rente dans le détail, mais merveilleusement identique quant à ses grandes lignes. Vous constaterez qu’à cette époque le Prêtre-Roi, chef du pays et suprême Instructeur de son peuple, formulait la politique de la nation comme il formulait les doctrines enseignées dans les temples de la religion. Religion et politique avaient pour base fondamentale le devoir. Et toujours une plus grande puissance apportait une plus grande responsabilité, un plus lourd fardeau de devoir ; en sorte que les plus libres, dans ces civilisations, étaient les plus pauvres. Ceux qu'on regardait comme les enfants du foyer national étaient toujours traités avec le soin le plus tendre. Refait même qu’ils étaient les moins développés leur conférait les plus grands droits auprès de l’Homme divin qui gouvernait, et partout résonnait dans toutes ces civilisations la note qu^on nommerait aujourd’hui socialiste, avec une énorme différence pourtant : le gouvernement était aux plus sages. Le résultat était en un sens celui dont rêve le socialiste, Tabsence de pauvreté, Tuniversalité d’une tâche quelconque accomplie pour l’État tout entier; le devoir pour tout individu de porter sa part du fardeau social ; mais le fardeau s’allégeait à mesure
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qull portait sur les plus jeunes membres de la famille nationale ; le devoir le plus écrasant pesait sur les plus grands. Et Fon voit qu^autant que subsista cette tradition, il fut très malaisé parfois de trouver des chefs et des gouverneurs pour les Etats, petits ou grands. Cela apparaît clairement dans les livres chinois. L’Empereur décrétait que Un tel devait être gouverneur de tel Etat, et le personnage en question, en ces temps de décadence, s’efforçait généralement d’y échapper, à cause du fardeau terrible que représentait cette charge.
Car avec ces chefs d’autrefois, aux jours où les Rois divins étaient les Rois et les Prêtres du peuple, tout ce qui était défectueux dans la nation était imputé au Chef et non à l’ensemble du peuple. Rappelez-vous les paroles d’un grand Instructeur venu plus tard, Confucius, lorsqu’un Roi lui demanda: « Maître, pourquoi y a-t-il des vols et des meurtres dans mon pays ? Comment y mettrai-je un terme? » Sa sévère réponse fut celle-ci: « O Roi, si tu ne volais et ne tuais toi-même, il n’y aurait ni vol ni meurtre dans ton pays. » Toujours au plus élevé la plus lourde responsabilité; au plus jeune le droit de jouir, d’être heureux, entouré. Quand la nourriture devenait
rare, il était le dernier à soulTrir, et le Roi le premier; partout où diminuaient les objets de nécessité, il était le premier à en être muni, et le Roi le dernier. Telle était la base de l’organisation sociale. Il en subsiste encore de faibles traces aujourd'hui. Il en restait des traces dans la-civilisation qui fut détruite au Pérou par les conquérants espagnols. On en voit encore dans Flnde, bien qu’à l'état de dégradation et de corruption. Le principe est partout le même : plus la position sociale est élevée, plus le fardeau de responsabilité pèse lourd, plus la vie est difficile, plus ardu le devoir. Car c’est là la marque du Maître, et cette idée pénétrait la civilisation tout entière. Lui, le Prêtre-Roi, si grand par la connaissance et la puissance, doit porter sur ses fortes épaules un fardeau qui écraserait un plus faible que Lui. Et jusqu'au bas de l’échelle sociale, à tous les degrés, la charge et la responsabilité sont en proportion de l'étendue de la puissance.
Les Maîtres se retirèrent de la terre à mesure que l’humanité sortait de l’enfance. Ou plutôt, car la phrase est trop forte, Ils se retirèrent dans le silence, mais n'abandonnèrent pas la terre; beaucoup s'y trouvent encore aujourd'hui. Mais Ils abandonnèrent les situations en
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vue, la puissance extérieure, et formèrent la grande Confrérie des Frères aînés de l’humanité, dont quelques-uns seulement restèrent en contact étroit avec la race.
Et c’est là un autre point important dans la notion du Maître. Ceux qui avaient fondé une religion durent continuer à revêtir un corps d’homme, et rester attachés à la terre et à Tapparence extérieure de l’humanité, aussi longtemps que vivrait sur la terre la religion qu’ils lui avaient donnée. Telle fut la règle: pas de libération pour l’homme qui a fondé une religion, jusqu’à ce que tous ceux qui y ont appartenu soient entrés, soit dans la libération, soit dans une autre religion, et que sa religion soit morte. La mort d’une religion libère de tous liens le Maître qui l’a donnée au monde. Il est, en un sens très littéral, incarné dans sa religion. Tant que sa religion vit et instruit, tant que des hommes y trouvent l’expression de leur pensée, cet Homme divin doit demeurer ; guider et protéger, aider la religion qu’il a donnée à la terre, telle est la loi. Aucun Maître ne peut quitter l’humanité tant que l’école quTl a fondée pour les hommes subsiste sur la terre. Les Uns sont entrés dans la libération et ne répondraient plus au nom de Maîtres ; le
nom par lequel on les distingue dans le monde occulte est différent; mais ceux qui se sont retirés n'ont pu le faire que parce que leur religion était morte; les Maîtres de l'Égypte, de la Ghaldée antique, ont cjuitté notre terre pour entrer dans la puissante compagnie de ceux qui ne portent plus le fardeau de la chair. Mais les Maîtres des religions existantes sont encore vivants sur la terre et constituent le lien, pour les fidèles de leur religion, entre Dieu et l’homme ; le Maître est l’homme divin, un avec Ses frères qui Lui demandent Son aide, un avec le Dieu immanent et transcendant; c'est par Lui que la vie spirituelle se déverse à jamais dans le monde. Le mot « médiateur »
appliqué au Christ dans les Écritures chrétiennes traduit une relation réelle et vivante. 11 y a de tels médiateurs entre Dieu et Thomme ; ils sont tous des hommes-Dieu, de vrais Christs. De tels liens entre ce Dieu hors de nous et le Dieu en nous sont nécessaires pour recevoir l'aide de l'un et assurer la manifestation de l'autre. Le Dieu intérieur, déployant ses énergies, répond au Dieu extérieur, et le lien qui les unit est l'homme-Dieu qui participe de la nature manifestée de la divinité, et cependant demeure uni à Ses frères dans la chair. C’est
CONFÉRBNCKS DE LONDRES
un esclavage, certes, mais un esclavage volontaire, un esclavage accepté le jour où le Messager quitta la grande Loge Blanche pour apporter une révélation nouvelle, pour inaugurer sur la terre un nouveau règne divin.
Lourde est la responsabilité de THomme divin qui assume la charge redoutable de proclamer au monde un Verbe nouveau de la révélation divine. Tout ce qui en résultera forme le lourd fardeau de Sa destinée. Tout ce qui adviendra de cette religion dont II est le centre réagira sur Lui, et II en portera la responsabilité; et comme cette Parole est toujours prononcée au sein d’une communauté d’hommes et de femmes imparfaits, pécheurs, ignorants, il est inévitable que sa Parole soit défigurée et dénaturée, à cause du milieu où elle est déposée. ( C’est pourquoi un tel Maître est toujours appelé \ un « sacrifice Il est Lui-même à la fois le I Sacrificateur et le sacrifice, le plus grand sacrifice que l’homme puisse faire à l’homme, sacrifice si grand que nul, si la Divinité n’a pas atteint en lui le plus haut développement compatible avec les limitations humaines, n’est assez fort pour le consentir et l’endurer. C’est là le vrai sacrifice du Christ; non une agonie de quelques heures au moment de la mort,
LIi RÔLE DES MAÎTRES DADS LES RELIGIONS 53
mais des siècles et des siècles de crucifixion sur la croix de la matière, jusqu^à ce qu’ait été conquis le salut du peuple qui porte son nom, ou jusqu^à ce que ce peuple se soit rangé sous un autre Maître, G^est pourquoi cette voie a été appelée le « Chemin de la Croix > . Longtemps avant que le Christianisme apparût, le € Chemin de la Croix » était connu de tout Initié, et le foulaient Ceux qui souffraient volontairement pour la haute mission de proclamer à nouveau l’antique message au sein de Leur génération. Sacrifice en vérité, car nul ne peut dire, en s’offrant pour cette mission, quelle destinée attend la religion qu’il fonde, quels actes commettra la communauté qu’il inaugure sur la terre. Et tout péché et tout crime de cette religion ou de cette Église tombe dans la balance du Karma, marqué du nom de son Fondateur. Il en est responsable; porter cette responsabilité est riminense sacrifice qu’il accepte ; et le résultat est fatal ; car dans un monde imparfait, nulle perfection ne saurait se refléter parfaitement. De même qu’un rayon de soleil frappant l’eau est dévié et dénaturé, ainsi advient-il des rayons d’une vérité parfaite au sein d’une communauté d’hommes imparfaits ; aucun© action ici-bas ne peut être
CONFÉRENCES DE LONDRES
une action parfaite, car « l’action, est-il écrit dans un vieux livre, est enveloppée par le mal comme le feu par la fumée ». L’imperfection du milieu est la fumée qui enveloppe tout Verbe de Feu, toute Parole de Vérité. Il faut que le Fondateur endure l’asphyxiante fumée, s’il veut proclamer la Parole de Feu. Et si vaguement, si imparfaitement qu’on comprenne cette vérité, il s’élève dans le cœur humain un enthousiasme de gratitude pour ces hommes qui supportent les infirmités des hommes et leur ouvrent la voie qui mène à Dieu. G^est là la vérité que certaines formes de Christianisme populaire ont défigurée dans leurs représentations du sacrifice du Christ, lorsqu’elles en font un sacrifice non en faveur de Thomme, pécheur et insensé, mais envers le Père de toute perfection, qui n^a certes besoin d’aucun sacrifice de torture pour Le réconcilier aux enfants nés de Sa vie. C’est là une altération due à l’ignorance de l’homme, la falsification qu’on a enseignée au nom de la religion et qui a jeté un voile sur le parfait amour de Dieu. Car tout Homme divin qui apparaît est une manifestation du cœur même de Dieu, une révélation de Dieu à l’homme. Et comment se pourrait-il que le Maître de compassion, qui
conquiert le cœur des hommes par la tendresse de son amour jpût être un Révélateur de Dieu, s’il n’y avait en Dieu une compassion plus grande encore que la Sienne et plus profonde encore que Son humanité, dans la mesure où Dieu est plus grand que J’homme? Mais la splendeur de la vérité éblouit les yeux de ceux à qui elle fut présentée, et leur ignorance, leur crainte, leur étroitesse, voilà ce parfait sacrifice de ce terrible aspect d’un sacrifice envers Dieu qu’il présente d’ailleurs dans d’autres religions que le Christianisme. En général, non toujours, dans les religions antiques, on considérait l’histoire de la vie et de la mort comme une allégorie,un « mythe », ainsi qu’on disait, renfermant une vérité plus profonde. Et l’on évitait ainsi la souffrance et ce sentiment de répugnance qui a amené la conscience de l’homme civilisé à se révolter contre les aspects les plus grossiers de la doctrine religieuse ; la grande vérité du sacrifice est vraie, mais il ne s’agit point d’un sacrifice légal, d’un contrat, conclu entre le représentant de l’homme et Dieu ; c’est l’effort du Divin pour se faire comprendre, le sacrifice Le liant volontairement à la croix de la matière jusqu’à ce que Son peuple soit libéré. Alors comme je l’ai dit. Il passe dans
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d’autres mondes, vers d’autres tâches, et n’est plus appelé un Maître de la Sagesse.
Maintenant, examinons cette idée, et demandons-nous : « Quel est le rôle de ces Maîtres à l’égard des religions du monde, et pourquoi cette idée du Maître a-t-elle repris une vie nouvelle dans notre monde moderne,et est-elle devenue plus vivante, en un sens, qu’elle ne l’avait été pendant de longues années ? » Aux premiers jours du Christianisme, je le répète, vous trouvez cette notion, mais elle a en grande partie disparu des Églises, en tant que vérité vivante, et l’on considère Jésus, le Maître chrétien, comme ressuscité des morts et monté au ciel. L’esprit matérialiste de l’ignorance a fait de cette ascension un éloignement et l’Homme a disparu, bien que le Dieu soit demeuré. Mais ce n’est là qu’une matérialisation de l’antique vérité ; car, selon la vérité, le ciel n’est pas une région lointaine où les hommes s’en vont. On ne va pas au ciel ; mais l’on ouvre les yeux, et l’on voit autour de soi. Car le ciel est un état de la vie psychique que présentent les corps supérieurs, les corps du plan mental, et point n’est besoin d’aller ici ou là, au Nord, au Sud, à l’Ouest, à l’Est, pour s’y trouver; car, selon la parole même du grand Maître ;
« Le Royaume desCieux est au dedans de vous», et non très loin, par delà le soleil, la lune ou les étoiles. L’ascension de Jésus au ciel, comme le dit rÉglise anglicane, en des termes qui sonnent étrangement à des oreilles modernes, parce qu’ils ont perdu leur sens mystique et n’ont plus conservé que ce que saint Paul appelait l’acception « charnelle » ; l’ascension de Jésus selon le quatrième article de la confession de foi anglicane, c’est Jésus montant au ciel, emportant avec Lui « chair, os et toutes choses appartenant à la perfection de la nature de l’homme. » Or, si vous prenez ces paroles dans leur sens littéral et grossier,tout homme réfléchi naturellement se révoltera.
Qu’est-ce que ce corps physique et ces os physiques qui s’élèvent dans l’air jusqu’au ciel? Où sont-ils allés ? L’homme moderne ne peut l’accepter dans ce sens, et il perd ainsi la vérité spirituelle enclose dans ces termes de symbolisme et d’allégorie. Car la vérité que cet article essaie d’indiquer, c’est le fait que le Maître Jésus disparut, mais demeure aujourd’hui encore sur terre dans la chair ; et non point qu’il s’en est allé dans un ciel lointain pour s’asseoir à la droite de Dieu, d’où II reviendra pourjuger.il vit dans un corps, et 11 vit aussi
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au sein de l’Église, qui est son véritable corps mystique; et aussi longtemps que cette Église subsistera sur terre, son Maître vivra au milieu d elle et demeurera dans un corps humain. Il ne s est pas éloigné, Il n’est monté nulle part au sens littéral, mais sa vie pénètre sa communion tout entière, et II demeure sur la terre jusqu à ce que le dernier chrétien soit entré dans la libération ou dans quelque autre religion. Tel est le sens intérieur. Il vit et l’on peut aller à Lui. Et si les enseignements de la Société théosophique ont quelque valeur pour l’Église chrétienne, c^est parce qu’ils déposent, vivante aux cœurs des chrétiens, cette vérité vivante de la constante présence corporelle du Christ parmi eux. Les Théosophes qui sont Chrétiens et qui sont restés au sein de 1 Église chrétienne, ont acquis une notion très forte de cette réelle humanité de Jésus. Ils ont appris qu’on peut aller à Lui aussi véritablement aujourd’hui que lorsqu’il marchait sur les bords de la mer de Galilée, ou enseignait dans les rues de Jérusalem; qu^ils peuvent Le connaître avec une certitude aussi évidente de sa présence, être instruits par Lui aussi bien que tel apôtre ou disciple du passé, qu^Il est une présence vivante et réelle, non
seulement, comme le dit TÉglise catholique de Rome, dans le Sacrement de Tautel, mais dans l'expérience du cœur chrétien. Et il n’est jamais demeuré sans témoin. Repassez tonte 1 histoire de TÉglise chétienne, et voyez combien de chrétiens sont entrés en contact vivant avec le Maître Jésus. Chaque grand saint a proclamé l’expérience de ses rapports avec son Seigneur. Et ce n’est qu’à une période relativement moderne, et dans certaines parties seulement de l’Eglise chrétienne, que cetto belle et vivifiante vérité a été perdue de vue. L Eglise grecque ne Fa jamais abandonnée; l’Eglise catholique ne Fa jamais perdue. L’affirmation des saints de ces anciennes religions porte témoignage de la continuité des rapports entre le Chrétien et le Christ, On la trouve aussi dans quelques-unes des plus extrêmes communautés protestantes, qui portent un témoignage vivant à la réalité de la communion personnelle. Non dans les livres et les temples seulement, mais au cœur même de la vie humaine, visible parfois même à la vue physique, resplendissante dans la vision du saint, éloquente dans le ravissement du prophète, cette vérité n’a jamais entièrement disparu du Christianisme. Elle le pénètre plus fortement chaque
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année, avec une vitalité accrue, avec plus de force et de réalité ; elle reparaît parce que le Christ au sein de l’Église, voyant que l’oubli s appesantissait sur l’esprit moderne, a récemment saisi le fouet de cordes au lieu de la voix d’amour. Parce que la voix d’amour n^était point écoutée, Il s’est servi du fouet de ce qu’on a appelé la Haute critique pour détacher les hommes des livres et les amener au Maître vivant de la foi chrétienne. Quand vous avez bâti la maison de votre foi sur des livres et des manuscrits, sur des conciles et des traditions, vous avez bâti sur le sable ; la tempête est venue, la tempête de la critique, de l’étude, de l’exégèse ; et voici que la maison de votre foi a été ébranlée, parce qu’elle était fondée sur le sable. Mais édifiez la maison de votre foi sur le roc de l’expérience humaine, l’unique rocher où se fonde toute Eglise véritable, l’expérience personnelle du contact de l’homme humain sur terre avec l’Homme divin au ciel, à côté et I autour de lui, et vous édifiez sur un roc que rien ne peut ébranler ni détruire, et elle vous abritera, quand bien même les tempêtes feraient rage au dehors. Ainsi, comme jadis dans le temple, le Maître a saisi son fouet afin que les hommes apprissent l’enseignement qu’ils
n^avaientpas voulu accepter des paroles tendres de rami.C^est rennemi qui a été Tinstrument, l’adversaire acharné ; il a aiguisé ses armes ; il a taillé en pièces beaucoup d’antiques manuscrits ; avec ce résultat que l’Eglise chrétienne a été rejetée sur le Christ lui-même, non plus vaguement aperçu au travers de Thistoire^ mais en vivante réalité devant les yeux du cœur, et qu’il infuse au Christianisme une vie nouvelle. La certitude mystique reviendra, et les interprétations littérales se dissiperont. Et quand cela sera accompli, alors le Christianisme aura retrouvé sa jeunesse et sa force et connaîtra que le Maître est vivant au sein de son Église, qu’il est encore, aujourd’hui comme autrefois, le Maître de la vie et de la mort.
Et vous trouvez que par un instinct très sûr, les plus fervents chrétiens s’attachent fortement à l’humanité de Jésus, et c’est là la valeur du Maître pour nous, lorsque dans nos cœurs est écrite la vérité de Son existence. S’il n’y avait que des hommes tels que nous, et Dieu, l’abîme serait trop profond, la différence trop écrasante, rien ne pourrait nous encourager à croire que la Divinité est en nous. Nous semblons si mesquins, si peu sensés, si puérils, que nous osons à peine croire parfois qu’en
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toute vérité nous sommes Dieu. Cela nous semble impossible, dans notre vie moderne, avec toutes les folies où nous nous dépensons^ avec toutes ces ambitions et ces terreurs vaines dont nous nous amusons ou nous effrayons.
Notre petite vie moderne paraît si insignifiante et si vulgaire que nous osons àpeine nous croire divins. Nous parlons des vieux temps héroïques, et nous pensons que si nous y avions vécu, nous aurions été héroïques aussi, comme ces héros, ces martyrs et ces saints d'autrefois. Mais en vérité l’humanité est tout aussi divine aujourd’hui qu'elle a pu l'être à aucun moment du passé. Si le divin se manifestait en nous comme il le fit chez ces grands êtres d’autrefois, nous serions héroïques comme ils le furent ; la différence ne vient pas des circonstances, elle réside dans ce que le Dieu en nous est à un âge de plus grande jeunesse que chez Eux, en qui il était parvenu à la stature de l'humanité divine. Et quand nous pensons aux Maîtres et comprenons qu’ils existent en ce moment ; ou plus encore, peut-être, lorsqu’en quelque instant heureux, nous pouvons entrevoir ces Hommes divins, ou sentir Leur présence plus pénétrante que celle d'un ami humain, ah 1 c'est alors que l'inspiration qui
émane d’Eux comme d’une source intarissable, encourage et stimule la vie intérieure. Car nous comprenons qu’il n’est pas si loin dans le passé, le moment où Ils étaient ce que nous sommes, plongés dans les trivialités de la terre et qu’ils se sont élevés au-dessus d’elles par l’épanouis" sement du Dieu intérieur. Ce qu’ils ont fait, vous et moi pouvons le faire aussi. Ils sont une inspiration constante et un incessant encouragement pour rhumanité. Ils sont des hommes, et ne sont Dieu qu’autant que nous le sommes aussi ; la seule différence est qu’en Eux, Dieu est plus manifesté qu’en nous. Eux aussi en leur temps furent faibles et irréfléchis. Eux aussi usèrent d’efforts et de lutte comme nous en usons aujourd’hui ; tout comme nous Ils connurent l’erreur; et Ifs triomphèrent de tout, la force en Eux s’ajoutant à laforce;la sagesse, la puissance et l’amour devenant de plus en plus divins. Ce qu’ils ont fait, vous et moi pouvons le faire. Car Ils ne sont que les prémices de l’humanité, la promesse de la moisson, et non des créatures étranges, miraculeuses et lointaines. Le Chrétien s’attache à rhumanité du Christ parce que, comme « Il a souffert, a été tenté. Il est capable de secourir ceux qui sont dans la tentation». Et c’est un sûr instinct.
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une sage certitude^ car c'est en entrant en contact avec de tels médiateurs entre riiumanité et Dieu, que vous et moi finirons par devenir divins. En Lui la divine semence de TEsprit s^est épanouie en fleur et en fruit. Et vous le croyez grâce à la promesse de ce passé, cpii a prouvé que de telles fleurs sortent de telles semences, grâce à tout ce qui est derrière vous et fait de votre foi une foi raisonnable. Quand vous plantez cette chose infime, à peine plus grosse qu^une tête d^épingle, et la cachez dans les ténèbres du sol, hors de la vue, vous avez une foi vivante que de cette semence sortira la fleur parfaite. Ayez la même foi pour la semence de divinité qui est plantée en vous, bien qu'elle soit plantée dans les ténèbres de votre cœur. Et même si la première petite pousse n'a pas encore surgi des ténèbres du sol qui Renferme, la graine n'en est pas moins là ; elle va croître et mûrir et triompher en la perfection du fruit. 11 n'en peut être autrement. Il n'est point d'échecs pour le divin Cultivateur, point de graine qui ne soit vivante quand Sa main la confie au sol. Et près de nous, se tien-, nent à jamais les Maîtres, la vivante réalisation de ce que l’homme peut devenir, de ce qu’il deviendra certainement au cours des siècles. Ils
sont la preuve de ce que vous et moi deviendrons, les parfaits exemplaires des statues dont le marbre de notre humanité montre la grossière ébauche. Tel est le rôle des Maîtres à l’égard des hommes ; c’est une partie de leur tâche de nous aider à devenir ce qu’ils sont, d’activer la croissance en nous de chaque petite pousse de vie spirituelle, d’affermir en nous chaque lutte et chaque effort vers la lumière. Leur tâche glorieuse est, non seulement d’édi* fier de nombreuses religions, mais d’y vivre, et de verser la vie spirituelle dans le cœur de tous ceux qui en franchissent le portail. C’est là leur œuvre splendide; et si la Théosophie a beaucoup fait dans toutes les religions du monde pour les rendre plus réelles au cœur de leurs fidèles ; leur donner une vitalité, une force, une impulsion nouvelles, c’est seulement parce qu’elle est le plus récent effort des Maîtres de Sagesse et ainsi le meilleur canal pour l’afflux de la vie dans toutes les religions du monde. Elle n’est que le plus récent de ces efforts. Toutes les religions sont nées d’un effort semblable, et la seule différence entre le dernier et les précédents est qu’au lieu que chacun avait été l’origine d’une religion autour de laquelle avait été élevée une muraille, en sorte qu’à
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Fintcrieur étaient les croyants, et des incrédules au dehors ; autour de ce dernier afflux spirituel, nulle muraille ne s'élèvera, mais les eaux s'épandront partout, sans digues, sans exception. Telle est l'originalité du message qu'apporte la Théosophie. Elle appartient également à tous. Elle est vôtre, à vous qui peutêtre ne la reconnaissez pas comme telle, aussi bien qu'à ceux qui l'acceptent. Elle est vivante parce qu'elle vit dans toutes les religions ; elle est vraie sans rien plus parce qu'elle vient des mêmes Maîtres de l'éternelle Sagesse ; elle appartient à tous sans distinction, à toute religion qui voudra accepter tel ou tel fragment de la vérité qu'à nouveau elle proclame. Par le monde entier court le joyeux message. 11 n'est pas une religion actuellement vivante parmi les fidèles de laquelle la Théosophie ne se propage sans en faire de meilleurs membres de leur religion. Nombreux sont ceux, en Orient comme en Occident, qui s'étaient éloignés de la religion de leur enfance, parce que l'élément mystique en avait disparu, parce que l'interprétation littérale des doctrines était véritablement la lettre qui tue, tandis que l'esprit qui est la vie semblait l'avoir abandonnée. Nombreux sont ceux, en Orient et en Occident, qui
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sont revenus joyeux à la religion de leur enfance, reconnaissant qu’elle n’est qu’une expression de Tunique et divine Sagesse, et que les Maîtres de cette Sagesse vivent et marchent parmi nous.
Il est possible que le monde devienne plus spiritualisé, si l’Esprit une fois de plus triomphe de la matière, après avoir traversé une phase d’obscuration nécessaire à l’intellect qui devait se développer entièrement et connaître ses pouvoirs et ses limitations; il est possible qu^en des jours à venir, quand le monde sera plus spiritualisé qu’il ne Test aujourd'hui, car il avance sur Tare ascendant de Tévolution, ces Maîtres vivants des religions du monde reviennent parmi nous, visibles comme aux premiers jours. Ce n'est pas Eux qui demeurent dans le silence. C'est nous qui Les y maintenons, et vivons de telle sorte que leur présence serait un danger, au lieu d’un encouragement et d’une inspiration. Chacun d'entre vous, quelle que soit sa religion, Chrétien, Hindou, Bouddhiste, Théosophe, qu’importe ; chacun d’entre vous, s’il fait du Maître de sa religion une réalité vivante, une partie de sa vie, plus intime qu’ami ou frère, hâte ce jour de joie où le monde sera prêt à recevoir ouvertement les
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Maîtres, pour qu’ils marchent, visibles encore au sein de rhumanité. Ouvrez, pour qu’il en soit ainsi, votre cœur à tous les souffles de vérité. Ouvrez, pour qu’il en soit ainsi, vos yeux à tous les rayons de l’unique, éternel Soleil. Dans le passé, le monde ne voulut pas recevoir les Maîtres. Il mit à mort le Christ ; il exila les prophètes. Et jusqu’à ce que dans nos cœurs s’éveille l’amour du Maître, jusqu’à ce qu’avec une ardeur passionnée, avec une insistance continuelle, nous assurions à ces Hommes divins une bienvenue certaine sans laquelle Ils ne peuvent pas venir, il faudra qu’ils demeurent cachés. Mais lorsque montera de tous les cœurs un hymne puissant de consécration et d’appel, alors Ils viendront à la masse, comme Ils sont venus à l’élite, et laisseront à tous les yeux resplendir leur humanité, comme a toujours brillé sur terre la gloire de leur divinité.
THÉOSOPH[E ET SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQÜE
Je veux vous exposer avec clarté et précision ce qu’est la Théosophie et quelle fonction est celle de la Société Théosopliique. Nous rencontrons en effet, surtout à l’égard de la Société Théosophique, de graves incompréhensions ; on ne se rend pas compte du but de son existence, de Tœuvre qu’elle est destinée à accomplir.On la regarde généralement comme l’expression d’une religion nouvelle, comme si ses membres, en devenant Théosophes, devaient cesser d’appartenir à la communauté religieuse à laquelle ils étaient attachés. Ainsi apparaît une erreur fâcheuse, et bien des personnes en viennent à s’imaginer qu’elle est hostile à la religion qu’elles professent. Or la Théosophie, considérée au point de vue historique ou pratique, appartient à toutes les religions du monde, et toute religion peut également la
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proclamer sienne, et affirmer avec le même droit que la Tliéosophie existe dans son sein. Car la Théosopliie, ainsi que son nom l’indique, la Sagesse Divine, la Sagesse de Dieu, ne saurait visiblement être accaparée par aucun groupe d’hommes, par aucune Société, non pas même par la plus grande des religions du monde. Elle est propriété commune, aussi librement dispensée à tous que le soleil et l’air. Nul ne peut prétendre à la posséder, si ce n’est en vertu de son humanité même ; nul ne peut en dénier la possession à son frère, sauf au péril d’anéantir ses propres droits à la posséder. Or le sens de ce terme, historiquement et pratiquement: Sagesse Divine, est des plus clairement définis ; il affirme la possibilité d’une connaissance de Dieu. C’est là le point que l’étudiant doit retenir; une connaissance de Dieu, non la croyance, la foi en Lui, non quelque notion vague seulement à Son sujet, mais la connaissance de Dieu, est possible à l’homme. Telle est l’affirmation de la Tliéosophie, tel est son sens fondamental et son essence.
Et nous voyons en effet, si nous remontons le cours de l’histoire, que cette affirmation a été proclamée par toutes les grandes religions humaines. Elles disent toutes que l’homme peut
THÉOSOPHIE ET SOCIETE TIlÉOSOPHIQUE
connaître, et non pas seulement que Fliomme peut croire. Seules les religions modernes, en des temps voisins de nous, ont laissé la connaissance passer à Tarrière-plan, et la croyance, la foi, s^étaler au premier 23lan dans Fesprit du croyant. Repassez, aussi loin que vous voudrez, Thistoire du passé, vous pourrez constater que les religions les plus anciennes affirment cette possibilité d’une telle connaissance. Dans rinde, par exemple, avec son antique civilisation, vous trouvez que Ridée centrale même de THindouisme est cette connaissance suprême, la connaissance de Dieu. Gomme je le disais Tautre jour à propos de cette antique religion orientale, toute connaissance y est considérée, à un degré plus ou moins élevé, comme la connaissance de Dieu ; il ne s’y trouve point de distinction, vous le savez, entre le sacré et le profane. Cette distinction est moderne, elle était ignorée du monde antique. Mais on y établissait une division dans la connaissance entre la science supérieure et la science inférieure ; et la science inférieure, qu^on nommait la « science divine inférieure » n’était autre que ce que vous appelez aujourd’hui la science, l’étude du monde externe. Mais elle comprenait aussi ce que nous nommons littérature, art.
CONfÉRENCBS DB LONDRES
sciences techniques, tout ce que le cerveau humain est capable d’étudier et les doigts humains d’accomplir, tout cela, en une vaste généralisation, avait nom « Sagesse Divine », mais c’était la sagesse divine inférieure, la science inférieure de Dieu. A côté ou plutôt audessus d’elle, venait la science suprême, la sagesse supérieure au delà de laquelle n’était possible aucune connaissance, et qui couronnait l’ensemble. Or cette connaissance suprême était définie « la connaissance de Celui par qui toutes choses sont connues », c’est-à-dire la Divinité. C’était là la connaissance suprême, par excellence, la Science Divine, et cette antique conception hindoue est exactement celle que traduit le mot Théosophie.
D’autre part, les étudiants de l’antiquité classique se rappelleront l’existence chez les Grecs et les clu’étiens primitifs de ce qu’on nommait la Gnose, la Science, et ici l’article défini précisait de quelle Science ou Sagesse il s’agissait surtout. Vous trouvez aussi chez les Néo-Platoniciens ce même terme * la Gnose », avec la même acception, définie aussi « la connais-, sance de Dieu» ; chez eux le Gnostique était « celui qui connaît Dieu ». De même aussi parmi les premiers Chrétiens. Interrogez, par exem-
THKOSOPHIE ET SOCIÉTÉ THFOSOPHIQUE
pie, Origène. 11 eniploie le même terme dans le même sens; après avoir déclaré que l’Eglise a un remède pour le pécheur, et que le Christ est le Bon médecin qui guérit les maladies des hommes, ü affirme enfin que l’Église a aussi la Gnose pour les Sages, qu’on ne peut édifier une Église avec des pécheurs seulement; il faut l’édifier avec des Gnostiques. Car ils sont les hommes qui savent, ils ont le pouvom d’aider et d’instruire ; et il ne saurait y avoir remède pour les malades, soutien pour les faibles, si la religion ne renfermait pas de Gnostiques. Origène accorde ainsi une énorme importance au Gnostique, et consacre à le définir de nombreuses pages: il décrit ce qu’il est,
ce qu’il pense, ce qu’il fait ; dans 1 esprit de cet éminent Père de l’Église,le Gnostique était la force de l’Église, le soutien, le défenseur de la foi. Et de même, si vous descendez le cours des siècles dans l’ère chrétienne, vous trouverez parfois le terme € Gnostique », mais plus fréquemment le mot Théosophe et Théosophie; ce terme fut mis en usage dans l’école néoplatonicienne, et, par consentement général, servit à désigner ceux qui prétendent possible cette connaissance, ou même prétendent la posséder. On trouve un passage à cet égard
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dans cet évangile du mysticisme, l’Évangile selon saint Jean, où l’on fait prononcer au Christ ces paroles : « la connaissance de Dieu est la vie éternelle » ; non la foi, non le concept, mais la connaissance, proclamant ainsi une fois encore la possibilité de cette Gnose. Vous trouverez la même idée encore dans la tradition de la Science ou Philosophie hermétique, venue en partie de la Grèce et en partie de l’Egypte. Le philosophe hermétique prétendait, lui aussi, connaître ; il affirmait que dans l’homme, au-dessus de la raison, audessus de 1 intellect, résidait cette divine faculté de la connaissance. Et dans tous les passages des penseurs ou des docteurs, où vous trouvez mention de la « foi », comme dans ce passage de l’Épîtrc aux Hébreux où elle est définie :
« l’évidence des choses qu’on ne voit pas »,la même idée se trouve impliquée, et la Foi, la véritable Foi n’est que l’intense conviction émanée de l’être spirituel intime, le Soi, l’Esprit, qui rend témoignage à l’intelligence et aux sens, que Dieu existe véritablement. Cette conviction est sentie avec tant de force en Orient que nul ne songe à mettre en discussion l’existence de Dieu;on y affirme que cette existence ne saurait être démontrée au moyen d’argu-
theosopiiie et société théosopiiique
ments. « Ce n’est point par rargumentation, y est-il dit, ni par le raisonnement, ni par la pensée,que le Soi Suprême peut être connu.»
Son unique preuve est dans la « conviction de l’Esprit, dans le Soi ». Ainsi la Théosophie, vous le voyez, répète cette affirmation constante que l’homme peut connaître Dieu.
Après cette affirmation, il envient une autre, secondaire, qu’implique vraiment la première, et ce fait que l’homme est par nature identique à la Divinité, l’affirmation que toutes choses dans l’univers, visibles et invisibles, subtiles et grossières, peuvent être connues. C’est là, pour ainsi dire, une affirmation secondaire, corollaire de la première, car il est clair que si l’homme possède en lui la faculté de connaître Dieu comme tel, toute manifestation de ce Dieu peut être connue par cette faculté qui perçoit l’identité de l’Esprit humain avec l’Esprit Suprême répandu dans tout 1 univers. C est pourquoi dans les dictionnaires et les encyclopédies, vous verrez parfois la Théosophie définie : la notion que Dieu, les anges et les esprits peuvent entrer en communication directe avec les hommes ; ou quelquefois sous la forme contraire : l’homme peut entrer en communication avec les esprits, les anges, ou même
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avec Dieu Lui-même; et bien que cette défini, tion ne soit pas la meilleure à laquelle on puisse s’arrêter, elle contient cependant une vénté, car elle exprime le résultat de la connaissance de Dieu, sa conséquence inévitable et sa manifestation. L’homme qui connaît Dieu, et qui connaît toutes choses en Lui, est capable évidemment de communiquer avec une forme quelconque de la vie, d’entrer en relation avec quoi que ce soit, dans cet univers dont Tunique Vie est Dieu.
Dans nos temps modernes, parmi les personnes à Tesprit scientiûque, la proposition qui est le contraire de celle-ci fut un moment populaire, et très largement acceptée, non gnostique, mais agnostique, sans la Gnose. C’est la position adoptée par Huxley et de nombreux penseurs contemporaius de la même école. H choisit cette désignation, à cause de son sens précis; il avait l’esprit bien trop scientifique pour procéder par négation brutale, et pour par 1er positivement de ce dont il ne savait rien ; aussi, au lieu d’affirmer qu’il n’existe rien audelà de Thomme et de sa raison, et de ses sens, il adopta cette position que Thomme est dans l’impossibilité de connaître ce qui pourrait exister; que ses seuls instruments de connais-
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sauce sont les sens pour Tunivers matériel, la raison pour le monde de la pensée. L^homme, par sa raison peut ambitionner toute conquête dans le royaume de la pensée, peut accroître la puissance de son intelligence et retenir dans son domaine tout ce que ^intelligence peut saisir à son degré maximum de croissance.
Cette voie magnifique du progrès, Huxley, et d’autres comme lui, la proposèrent à Thumanité, comme la route sur laquelle elle peut espérer avancer, avec la certitude du succès final. Mais en dehors de cela, au-delà de la raison dans le monde de la pensée, et des sens dans Tunivers matériel, Huxley et ses partisans déclarèrent que Thomme est incapable de connaissance ; d’où le terme « Agnostique », sans la Gnose, sans la possibilité de plonger au plus profond de l’Océan de TÊtre, puisque rintellect ne possède aucune sonde qui lui soit appropriée.Tel est f homme,pour la science de cette époque. En dépit des espoirs et des efforts de Thomme, vient s’inscrire à l’entrée de Tunivers spirituel le mot ; Inconnaissable. Jamais l’homme ne pourrait espérer y pénétrer, ses facultés se voient refuser Tespoir de s’y élever ; car si vous définissez l’homme un être qui raisonne, vous en avez donné la plus
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haute définition compatible avec la science et toute la nature spirituelle sera désormais marquée : « Imagination, rêve, chimère. »
Et cependant, Thistoire humaine fournit abondamment la preuve que Thomme est plus qu^une intelligence, comme elle montre Tintellect plus grand que les sens. Tout homme d’Etat sait qu’il lui faut compter avec ce qu’on aj)pelle parfois « Tinstinct religieux » de l’homme, et qu’en dépit des froids raisonnements des philosophes et du sévère langage de la science, il bouillonne en ITiomme une force qui refuse d’accepter l’agnosticisme de l’intelligence, comme elle refuse d’accepter le positivisme des sens ; aucun conducteur d’hommes, aucun chef d’État ne peut négliger ce fait. Il est quelque chose en l’homme qui surgit avec une irrésistible puissance et balaie dans son effort toutes les barrières que l’intelligence ou les sens s’efforcent d’opposer à son cours : l’instinct religieux. Et ce seul mot, ce seul terme suffit à relier cette portion de la nature humaine à une portion correspondante de la nature universelle, qui porte témoignage en tous temps, en tous lieux qu’à tout instinct de la créature vivante, il est quelque réponse dans la nature externe. Il n’est aucun instinct
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connu dans la plante, l’animal ou Thomme auquel la nature ne réponde pas. La nature, qui a tissé la demande dans la contexture même de la créature^ apporte toujours l’offre en face de la demande ; et il serait étrange en vérité, et presque incroyable, que l’instinct le plus profond de la plus haute création de la nature dans le monde physique, que cet indéracinable instinct, cette recherche de Dieu et cette soif du Divin, fût le seul, l’unique instinct au monde pour lequel il n’y eût aucune réponse dans les profondeurs et les espaces qui nous entourent. Mais il n’en est pas ainsi. Cet argument trouve une force et un appui dans l’appel à l’expérience. Vous ne pouvez pas, en traitant de l’expérience humaine et du témoignage de la conscience humaine, récuser entièrement comme étranger à la cause, le constant témoignage qu’apportent toutes les religions à l’existence de la nature spirituelle dans l’homme. La conscience spirituelle se démontre tout aussi fortement que la conscience intellectuelle ou sensorielle, par l’expérience individuelle, identique dans toutes les religions et dans tous les siècles où l’humanité a connu la vie, la pensée, la joie et la souffrance. La nature religieuse ou spirituelle, est la plus forte en
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rhomme, non la plus faible ; elle brise les barrières de l’intellect^ elle impose silence aux exigences impérieuses des sens; elle transforme la vie entière comme par un miracle, et tourne la face de Thomme dans la voie opposée à celle où il avait marché toute sa vie. Vous pouvez considérer les faits de conversions, ou les témoignages des saints, des prophètes, des voyants ; tous parlent avec cette voix d’autorité devant laquelle l’humanité, d’instinct, s’incline, et c’était bien la marque de l’homme spirituel qu’on donnait de Jésus, le Prophète, lorsqu’on disait : « 11 enseigne d’autorité, et non comme les Scribes ». Lorsque l’homme spirituel parle, son appel s’adresse à ce qu’il y a de plus haut, de j)lus profond dans ses auditeurs ; la réponse qui surgit est de celles qui ne permettent aucun démenti et ne tolèrent aucun doute. Elle montre immédiatement sa nature royale ; quand l’Esprit a parlé, l’intellect se soumet à l’obéissance, et les sens s’asservissent.
Or, la Théosophie, quand elle déclare que ce principe de la nature humaine peut connaître Dieu, base cette affirmation sur une identité dénaturé entre Dieu et l’homme. Nous ne pouvons connaître, c’est notre constante
THÉOSOPHIB ET SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUB
expérience, que ce dont nous partageons la nature, et rien autre. Ce n’est que lorsque vous vous êtes approprié quelque chose du monde externe, que vous pouvez en connaître les objets correspondants. Vous pouvez voir,parce que votre oeil contient Féther dont les ondes sont la lumière ; vous pouvez entendre, parce que votre oreille renferme Téther et Tair dont les vibrations constituent les sons, et ainsi de suite. Des myriades de choses existent hors de vous, et vous n’en avez pas conscience, parce que vous n’avez pas encore approprié à votre usage ce qui leur correspond dans la nature.
Vous pouvez connaître Dieu pour la même raison que vous pouvez connaître au moyen de la vue ou de l’ouïe, parce que vous êtes une parcelle de Dieu ; vous pouvez Le connaître, parce que vous avez part à Sa nature. « Nous avons part à la Nature Divine »,dit le Maître Chrétien; « Tu es Cela », dit l’Hindou. Le Sufi affirme que par l’amour, l’homme et Dieu ne font qu’un, et se connaissent. Et toutes les religions du monde proclament sous des formes diverses la même vérité splendide de la Divinité de Thomme. C’est sur cette base que la Théosophie fonde son affirmation que la connaissance do Dieu est possible à l’homme ;
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c’est là le fondement de la Théosophie, l’essence de son message.
La valeur de ce message, au moment où il fut à nouveau proclamé au monde, est qu’il opposait une affirmation aune négation. Lorsque la Science criait « Agnosticisme»,la Théo- Sophie poussa le cri de « Gnosticisme. » Les deux écoles naquirent au même instant dans notre monde moderne, et la proclamation nouvelle de la Théosophie, la possibilité de la connaissance suprême, était la réponse des mondes invisibles à lanescience de la Science. Elle vint au meilleur moment, elle revêtit la meilleure forme, comme nous le verrons dans un instant ; mais le plus important est qu’elle apparut au moment même où la Science croyait triompher dans sa nescience. Donc cette réaffîrmation de la plus ancienne de toutes les vérités, fut le message qu’apportait la Théosophie au monde moderne. Et voyez combien le monde a changé depuis lors! Il est à peine besoin aujourd’hui de renouveler cette affirmation, si universellement elle est acceptée. Il est presque difficile de se reporter à l’année 1875, et de se rendre compte des pensées et des sentiments d’alors. Je m’en souviens parce que je m’y trouvais, et les plus âgés d’entre vous s’en
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souviennent également. Mais les plus jeunes parmi vous, qui ont commencé à penser et à sentir en des temps plus récents, alors que cette pensée s’était déjà répandue, apprécieront malaisément le changement survenu dans l’atmosphère intellectuelle depuis trente-deux ans. C’est un tel lieu commun aujourd’hui qu’il est devenu inutile de le mentionner. Si vous dites aujourd’hui : « La connaissance de Dieu est possible à l’homme », la réponse sera certainement : < C’est évident ». Il y a trentedeux ans elle aurait été : « Cela est impossible ». Et vous pouvez constater cela partout, dans le monde entier, et non pas seulement parmi ceux qui se retiennent en aveugles à une foi aveugle, s’y accrochent désespérément comme au seul radeau qui leur reste pour échapper à la submersion du matérialisme.
Cela est maintenant reconnu partout; la littérature en est remplie; et c’est un fait significatif que, il y a quelques mois, le Hibbert Journal^ l’important organe des conceptions avancées du jour, qui publie la pensée d’archevêques, d’évêques et des membres les plus savants du clergé; il est significatif que ce journal ait attiré l’attention de ses lecteurs sur « la valeur de l’idée de Dieu dans l’Hin-
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douïsme ». La seule valeur de cette notion pour rhoinme est celle-ci ; Thomiae est Dieu et par conséquent peut connaître Dieu ; et l’auteur indiquait que c’est là le seul fondement sur lequel, en nos temps modernes, on peut élever pour la nature spirituelle de l’homme un édifice inébranlable. C’est la religion de l’avenir, la religion du Soi Divin, la religion conunune, la rebgion universelle, et toutes les religions actuellement existantes seront reconnues comme des branches, des sectes de cette seule et même puissante religion, universelle et suprême. De même qu’il existe aujourd’hui dans le Christianisme de nombreuses églises et sectes, et de nombreuses sectes et écoles dans l’IIindouïsme, de même qu’on voit dans chacune des autres religions du monde des divisions entre les croyants, ainsi en sera-t-il très probablement vers la fin du siècle, des religions elles-mêmes. Il n’y aura qu’une seule religion, la connaissance de Dieu, et toutes les religions, comme autant de sectes, se rangeront sous ce nom unique et universel.
Et naturellement alors, de cette science jailliront nécessairement un grand nombre d’autres sciences adventices, dont la littérature Théosophique parle si abondamment ;
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d’autres mondes, au delà du monde physique, matériels cependant, bien que leur matière soit d"un ordre plus subtil et délicat ; tout ce qui concerne les plans astral, mental, bouddhique, etc., toutes ces sciences prendront leur place naturellement, comme des branches de Tunique science suprême. Pourquoi? demanderez-vous sans doute. Si vous êtes réellement divins, si votre Soi est le même Soi dont les mondes sont une expression partielle, alors il n'est pas malaisé de voir que ce Soi en vous, à mesure qu'il épanouira ses énergies divines, et façonnera la matière qu’il s'est appropriée dans le but d'entrer en contact avec les différentes parties de l'univers, trouvera la possibilité de connaître toute chose matérielle dans l'univers, tout comme vous connaissez les choses du plan physique au moyen de votre corps physique. La loi est la même; votre instrument de connaissance n'est pas seulement un corps ; il est aussi le lien qui vous unit au monde physique; mais le « Connaisseur > en vous est ce qui vous rend capables de connaître, le pouvoir de perception qui appartient à la conscience et non au corps. Quand la conscience disparaît, tous les organes de la conscience subsistent, aussi parfaits qu'auparavant, mais
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le Connaisseur s’en est retiré, et la connaissance disparait avec lui; aussi, soit dans la syncope, le sommeil ou la mort,le parfait instrument qu’est le corps physique devient inutile quand la main de l’ouvrier l’abandonne.
Le corps n’est que son outil, par le moyen duquel il entre en contact avec les choses dans un univers extérieur à lui ; dès l’instant où il l’abandonne, ce n’est plus qu’une masse matérielle, vouée à la désorganisation et à la destruction. Mais de même qu’il possède ce corps pour connaître ici-bas, il possède d’autres corps pour connaître ailleurs, et dans chaque monde il peut connaître, lui qui est le « Connaisseur », puisque chaque monde est fait d’objets de connaissance, qu’il peut percevoir, étudier et comprendre.
Le monde dans lequel vous entrerez quand vous franchirez les portes de la mort, vous entoure ici-même à chaque instant de votre vie, et si vous ne le connaissez pas, c’est seulement parce que l’instrument de connaissance que vous y possédez n’est pas encore parfaitement développé, prêt à être manié. Le monde céleste dans lequel vous passerez à votre sortie de ce monde intermédiaire qui suit le nôtre, il est autour de vous, lui aussi, en ce mo-
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ment, et votre ignorance de son existence résulte seulement de Timperfection de Tinstrument de connaissance que vous y possédez.
Il en va de même de mondes plus élevés encore ; il est possible de les connaître parce que le Connaisseur est à la fois vous-même et Dieu, et que vous pouvez créer vos instruments de connaissance selon votre sagesse et votre volonté.
C’est pourquoi la Théosophie embrasse dans son entier ce vaste champ de connaissance ; ce vaste ensemble qui vous appartient entièrement, vous pouvez le possédera votre gré.La Théosophie doit donc être pour vous une proclamation de votre propre Divinité, avec toutes les conséquences qu’elle suppose. Toute la connaissance qui peut y être recueillie ; toutes les investigations qui peuvent y être entreprises en font également partie. La raison pour laquelle toutes les religions du monde ont le même enseignement, lorsqu’on a débarrassé Tessence de leur enseignement du cadre qui renferme, c’est que toutes apportent des fragments de cette connaissance des autres mondes, plus réels que celui où vous habitez. Elles enseignent toutes les mêmes vérités fon- -omentales, les mêmes grands principes mo-
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raux, les mêmes doctrines religieuses, et les mêmes méthodes pour entrer en contact avec les autres mondes. Les Sacrements ne sont pas possession exclusive du Christianisme, comme les Chrétiens parfois l’imaginent ; chaque religion a ses sacrements, plus ou moins nombreux, mais partout présents. Qu’est-ce en effet qu’un sacrement? C’est la représentation terrestre, physique, d’une correspondance réelle dans la nature ou, dans les termes du catéchisme de l’Église Anglicane : « Un signe extérieur et visible d’une grâce intérieure et spirituelle ». La définition est exacte. Un sacrement comprend l’intérieur et l’extérieur et vous ne pouvez en supprimer l’un ni l’autre aspect. L’aspect extérieur existe parallèlement à l’aspect intérieur, il en est une corrélation, et constitue un moyen réel d’entrer en contact avec le supérieur, bien loin d’être seulement un symbole, comme d’aucuns l’ont dit. Les grandes Églises et Religions du passé ont toujours affirmé, et avec raison, cette réalité du sacrement. Dans nos temps modernes seulement, et chez un nombre comparativement restreint de Chrétiens, le sacrement s’est réduit à un symbole et n’est plus le canal d’une force vivante ét divine. C’est une perte sérieuse pour
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rhomme qui prive sa religion de Tidée essentielle du sacrement; car le sacrement est un lien entre le spirituel et le physique, le canal par le moyen duquel le spirituel se déverse dans le véhicule physique. Telle est la valeur que toutes les religions reconnaissent au sacrement, elles confessent sa réalité, Tinappréciable service qu'il rend à Thumanité. 11 en est ainsi de bien des choses dans les cérémonies et dans les rites, qui sont aussi communs à toutes les religions ; de l'emploi par exemple de la musique, qui réalise Taccord harmonique des divers corps du fidèle, afin que la force spirituelle puisse se communiquer au travers d'eux et par eux. De même qu^un orchestre doit accorder tous ses instruments sur une note unique, aussi faut-il accorder vos divers corps afin qu'en harmonie ils puissent permettre à la force spirituelle de descendre du plan supérieur au plan inférieur. C'est véritablement un accord, la création de vibrations harmonieuses; et la différence qui sépare les vibrations harmonieuses des vibrations discordantes, à ce point de vue, est la suivante : lorsque tous les corps vibrent ensemble, toutes leurs particules, et les espaces où elles vibrent entrent en correspondance ; vous avez des par-
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ticules solides, puis des espaces libres, puis d’autres particules qui se correspondent dans tous les corps ; au contraire, dans les conditions normales, les corps ne s’accordent pas ainsi; les espaces de l’un succèdent aux particules de l’autre, et vous avez un obstacle.
Lorsqu’on utilise certains sons, ces sons mystiques que l’Hindouïsme appelle mantras, leur effet est de faire passer les corps, de ce dernier état au premier, et les forces extérieures peuvent pénétrer dans l’homme, et les forces intérieures s’échapper vers les autres hommes. De là leur importance. 11 vous est possible de produire mécaniquement un résultat qui ne peut être autrement produit que par un prodigieux effort de lavolonté;or riiomme qui sait ne dépense jamais plus de force qu’il n’est nécessaire pour obtenir ce qu’il désire, et l’Occultiste, qui est un sage sur bien des plans, suit toujours la voie la plus facile pour atteindre son but. C’est là la raison de l’usage de la musique ou des mantras, dans toutes les religions. Pythagore se servait de la musique pour préparer ses disciples à recevoir ses enseignements. L’Eglise grecque et l’Eglise catholique emploient des formes spéciales de musique en vue d’un effet précis sur les fidè-
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les qui l’entendent. Vous savez bien tous qu^’il est telles sortes de musique qui ont sur vous ce remarquable effet d'élever votre âme plus haut que vous ne J pourriez vous élever vousmêmes sans aide. Même les chants de certaines communautés chrétiennes illettrées ont un effet certain, et les élèvent à un niveau supérieur, bien que possédant peu de la véritable vertu du mantra. La Théosophie envisage toutes ces choses scientifiquement ; elle constitue une vaste science,, dont tous les éléments dérivent de cette affirmation primordiale : l’homme peut connaître Dieu.
Or il est clair qu^en tout ceci il n’est rien qu un homme d’une religion quelconque ne puisse admettre et étudier. Je n'entends pas qu il acceptera tout ce qu’un Théosophe pourra dire; je veux dire que cette connaissance est de celles qu il est sage d’étudier, et de s'approprier pour autant qu'elle se recommande à notre raison et à notre intuition. Etudier c’est là tout ce dont l’homme ait besoin. Toute cette connaissance vous est librement offerte ; vous pouvez la prendre si vous le désirez. La Société Théosophique, qui la répand largement partout ne prétend sur elle à aucun droit de possession ; elle la dispense à tous également. Les li-
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vres où cette science est en grande partie exposée sont aussi accessibles aux non-théosophes qu’aux théosopties. Les résultats des recherches théosophiques sont librement publiés, à la portée de tous ceux qui désirent en prendre connaissance. Tout ce qui peut être tenté Ta été par la Société Théosophique pour que tout cela soit propriété commune ; et rien ne saurait donner au vrai Théosophe plus de joie que de voir les doctrines théosophiques apparaître sous une autre forme et sous un autre nom, et aller toucher ceux qu’aurait effrayés peut-être, le nom de Théosophie. Aussi,lorsque nous voyons un membre du clergé prêcher à sa congrégation, comme étant chrétien, l’enseignement théosophique, nous disons: « Vous voyez,notre effort porte ses fruits > ; et quand nous voyons un homme qui ne s’intitule pas théosophe apporter quelqu’une de ces vérités au monde, nous nous réjouissons, parce que nous voyous que notre œuvre s’accomplit. Nous n’avons nul désir d’en accaparer le mérite, ni même de le revendiquer; il appartient à tout homme qui sait le voir tout autant qu’au théosophe luimême. Car la possession de la vérité revient de droit à qui sait la voir, il n’est pas de partialité dans le monde de l’intelligence ou de
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l’Esprit. Le seul critère de la capacité d’un homme à recevoir, et le seul droit qu’il ait de voir la lumière, c’est sa faculté de voir.
G^est là peut-être, Lexplicatiou de ce qui semble étrange dans notre Société ; nous n’avons pas de dogmes. Nous ne repoussons aucun homme parce qu’il ne croit pas aux doctrines théosophiques. On peut les nier toutes, hormis celle de la fraternité humaine, et avoir sa place et son droit dans ses rangs. Mais cette place et ce droit dans nos rangs sont fondés précisément sur ces vérités déniées; car si l’homme ne pouvait pas connaître Dieu, s’il n’y avait aucune identité de nature entre chaque homme et Dieu, nous n’aurions aucune raison de l’accueillir, de le recevoir comme un frère. Parce qu il n est qu’une seule vie et une seule nature,
1 homme qui nie est Dieu, aussi bien que celui qui affirme. C'est pourquoi chacun a le droit de venir parmi nous ; la seule différence est que celui qui affirme sait pourquoi il accueille son frère, et celui qui nie en est ignorant et ne sait pas d où il tient son droit à demeurer parmi nous. Mais ceux d’entre nous qui essaient d'être théosophes en toute réalité et non pas seulement de nom, comprenons pourquoi il est le bienvenu parmi nous ; cela est fondé sur cette
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saine idée que la meilleure façon de voir la vérité, c’est de l’étudier, et non de répéter des formules qu^on ne comprend point. A quoi sert de présenter un dogme à un homme et de lui dire : « 11 faut que vous répétiez cela avant de pouvoir entrer dans mon Église»? Si Thomme le répète sans le comprendre, il reste hors de rÉglise, quoi que vous fassiez pour l’y introduire ; et s’il le comprend, il est inutile d’en faire une condition d’admission dans votre communauté. Nous croyons, dans la Société Théosophique, que l’intelligence ne peut accomplir son œuvre la plus féconde que dans une atmosphère de liberté, et que pour cette raison précisément la meilleure chance d’apercevoir la vérité sera si vous n’imposez aucune restriction au droit d’examen, à la libre recherche. La vérité est pour nous une réalité si suprême que nous n’avons aucun désir d’entraver personne de restrictions quant à la méthode, au lieu, aux raisons de sa recherche. Nous savons,disons-nous,que ces choses sont vraies; parce que nous les savons vraies, venez parmi nous, même si vous n’y croyez point,et découvrez pour vous-mêmes si elles sont vraies ou non. Et nous attachons plus de prix à sa venue s’il vient incroyant et parvient à la connais-
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sauce de la vérité, qu’à celle du croyant facile qui accepte tout et ne saisira jamais la vérité d une etreinte vigoureuse et définitive. Nous croyons que la vérité ne se trouve que par la recherche, que le vrai lien entre les frères est l’amour de la vérité et l’effort pour la trouver; c est là un lien infiniment plus réel que la répétition d’un commun credo,Car le credo peut n’être qu’un bruit des lèvres, mais la vision de la vérité comme telle ne peut venir que de l’intelligence et de 1 esprit, et il y a de plus sûrs fondements à édifier sur l’intelligence et l’esprit, qu à faire fond sur le souffle des lèvres. C’est pourquoi notre Société n’a point de dogmes.
Non qu elle ne soutienne aucune vérité, comme certains 1 imaginent. Son nom désigne la vérité qu elle soutient : elle est la Société Théosophique ; cela indique suffisamment sa fonction et sa place dans le monde ; elle affirme la possibilité d’une connaissance de Dieu; c’est là son message, nous l’avons vu, et toutes les autres vérités qui découlent de celle-là sont parmi nos doctrines. La Société existe pour répandre la connaissance de ces vérités et populariser ces doctrines. < Mais, direz-vous, s’il est vrai que vous répandez largement vos doctrines, que vous les publiez dans des livres que tous peu-
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vent acheter, à quoi sert d'être membre de la Société Théosophique ? La qualité de membre ne nous apporterait rien de plus que si nous restons hors de la Société. » Cela n’est pas tout à fait exact ; mais admettons-le pour un instant. Pourquoi vous joindriez-vous à nous?
11 n’en est aucune raison, si pour vous l’entrée dans la Société Théosophique n’est pas un très haut privilège, et si vous ne désirez pas être au nombre des pionniers de la pensée des temps futurs. 11 u’y a point de raison; il n y a qu un privilège. Nous ne vous demandons pas d’entrer dans la Société. Nous disons seulement :
« Entrez si vous désirez entrer, et ayez part au privilège qui est le nôtre ; mais si vous préférez ne pas venir à nous, restez au dehors, et nous vous donnerons tout ce que nous croyons pouvoir vous être utile et précieux.» Le sentiment qui doit nous recruter des membres est celui du soldat qui s’offre pour être à l’avantgarde de l’armée en marche. 11 y a des gens ainsi faits qu’ils aiment à se trouver au premier rang et à affronter les difficultés afin que ceux qui viennent après eux aient une marche plus facile sur un sentier déjà frayé par des mains plus fortes que les leurs. Telle est la seule raison que vous deviez avoir pour venir à nous ; il
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n’en est point d'autre. Ne venez pas pour « recevoir >,vous courriez à un désappointement.
Vous pouvez « recevoir » à Textérieur. Venez pour donner, pour travailler, pour être enrôlés parmi les serviteurs de Thumanité qui s’efforcent de faire luire le jour d’une connaissance plus haute, où sera reconnue par tous la fraternité spirituelle des hommes. Venez si vous avez en vousTesprit du pionnier, du volontaire ; s’il y a de la joie pour vous à tailler dans la jungle le chemin que d^aulres suivront, à aplanir le sentier de vos pieds meurtris afin que d’autres puissent gravir sans peine les cimes de la connaissance. Tel est le seul avantage que vous procurera votre venue: savoir dans l’intimité de vos cœurs que vous concourez à la réalisation de ce qui doit venir et en accélérez la venue pour le bien de vos frères; que vous travaillez pour l’humanité ; que vous êtes des collaborateurs de Dieu en ce que vous répandez de tous côtés la connaissance de Dieu; que vous êtes de ceux vers qui les siècles à venir tourneront leurs regards, reconnaissants de ce que vous ayez vu la lumière quand tous les hommes croyaient être entourés do ténèbres et que vous ayez reconnu les premières lueurs de l’aurore quand tous croyaient la terre encore
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plongée dans la nuit. Je ne connais pas cVinspirationplus efficace, d’idéal plus capable d’élever l’homme à des hauteurs sublimes, d’espérance plus resplendissante, de pensée j)lus puissante ; que l’inspiration, l’idéal, l’espérance et la pensée que vous travaillez pour l’avenir, pour un jour qui n’est pas encore venu. Ils seront si nombreux, dans l’avenir, à voir la vérité, si nombreux dans les générations à naître, ceux qui dès leur naissance vivront sous la clarté de la divine Sagesse. Quelle sublime certitude de savoir qu’on travaille à hâter cette heure, de sentir que cet inappréciable trésor est confié à vos mains pour que vous en enrichissiez l’humanité,que la banqueroute humaine a pris fin, que la richesse va de nouveau couler à flots partout! Quel privilège de savoir que ces générations de l’avenir, joyeuses de la lumière, seront émues de gratitude pour ceux qui l’ont fait naître alors que tout était sombre, pour ceux dont la foi dans le Soi aura été si forte qu’ils ont pu croire alors que tous niaient, et dont la certitude de la connaissance divine était si inébranlable qu’ils ont pu en proclamer la possibilité devant un monde agnostique. C’est votre seule raison de venir à l’avant-garde, de grossir les rangs des pion-
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niers. Dur labeur et faible récompense, dures paroles et faibles louanges, mais la certitude que vous travaillez pour Tavenir, et qu’avec la coopération de Dieu, le résultat final est certain.