L AVENIR DE LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQÜB
révolution, et je n'y fais allusion maintenant que pour faire ressortir le fait très significatif que voici : ceux qui furent choisis parle Manou au sein de cette civilisation pour être le noyau d'une Race nouvelle,n’étaient point les types les plus marquants de la plus haute civilisation de leur temps. Ceux-ci furent laissés à leur propre milieu, et demeurèrent pour poursuivre leur évolution sur une voie qui déjà appartenait au passé, et n'était pas celle de l'avenir. Et ces hommes et femmes en qui les pouvoirs psychiques étaient moins accusés, et en qui germaient les énergies moins prisées de l'intelligence, dans une voie mieux adaptée aux efforts à venir, furent choisis pour être les fondateurs de la Cinquième Race et transplantés de leur milieu dans la terre lointaine où leur éducation devait s’accomplir. Ils y séjournèrent jusqu’à rheure où le Manou s’incarna parmi eux et plus longtemps encore. C’est de l’histoire ancienne sur laquelle point n’est besoin de m’arrêter.
Appliquons ces mêmes principes à la sélection d'une autre Race-Mère, et nous verrons que si, pour la Cinquième Race-Mère, le principe de la sélection a été Manas, de même pour la fondation d'une Sixième Race-Mère, c’est le principe Bouddhique qui conditionnera la sé-
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lection, afin que soit façonnée la substance où il pourra se développer à son tour. Je dois ici vous rappeler encore que la Bouddlii de la Sixième Race-Mère, dans notre Ronde actuelle, sera fort différente de l’évolution du pur principe bouddhique dans la Ronde qui lui appartient dans l’évolution future de l’humanité ; c’est Rouddhi teintée de Kâma et marquée des caractéristiques de Kâma, ce qui est inévitable, puisqu’elle doit agir au sein de la matière kâmique. Ainsi ne songez pas à la Rouddhi idéale, telle que vous pourriez l’imaginer dans sa perfection, le magnifique principe de la Raison Pure, dans sa haute puissance intuitive, mais son ombre,son reflet, l’ombre et le reflet qui peut emprunter ses voiles, ses vêtements, à la matière de notre Ronde. Ce sera là, néanmoins, la marque distinctive, le principe dominant de la Sixième Race-Mère; c’est pourquo je vous demande de fixer sur elle votre esprit, comme sur le but vers lequel, au moment présent, doivent tendre toutes les voies. Nous voyons cela bien lointain, si nous prenons notre temps pour mesure ; mais les tendances se font voir longtemps avant de se montrer à la surface, visibles à l’œil de chair. Dans chaque Sous-Race apparaît un principe qui se mani-
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feste plus pleinement, plus complètement dans la Race-Mère correspondante. C’est pourquoi, bien que nous ne puissions autre chose, dans le présent, que travailler en vue de la prochaine Sous-Race de notre Cinquième Race-Mère, qui déjà se montre à la surface du globe, il est vrai néanmoins qu’en hâtant Révolution de cette Sous-Race^ c’est à la prochaine Race-Mère qu’il nous faut demander notre principe directeur; elle doit être la lointaine Etoile Polaire grâce à laquelle nous guiderons nos vaisseaux actuels, le point vers lequel nous devons gouverner, si loin qu’il nous faille, tristement, le reconnaître.
Admettons donc ce fait que la Sixième Race- Mère incarnera le principe suivant de la constitution humaine, le principe Bouddhique de Raison Pure, pour le distinguer de l’intellect, qui est la Raison reflétée dans l’activité; si vous concevez cela, et vous rappelez de plus que la tonique de Bouddhi est l’union, non l’unité encore, mais l’union, vous verrez que cela est suffisant pour vous guider dans l’évolution de la Sous-Race correspondante, qui touche au seuil de son existence. Ainsi, quoique semblant m’égarer si loin dans le passé et dans l’avenir, je vous amène à la question pratique
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du prochain pas en avant sur la voiede l’évo* IvTtion humaine.
Un autre point qu’il faut retenir est que la Cinquième Race-Mère continuera à être florissante bien longtemps encore après qu’on aura vu le commencement de la Sixième Sous-Race.
Car ces Races et Sous-Races « chevauchent »
l’une sur l’autre ; et de même qu’aujourd’hui la majorité de l’humanité appartient à la Quatrième Race-Mère et non à la Cinquième, mais que la Cinquième Race-Mère domine l’évolution du monde, bien qu’encore en minorité, ainsi en est-il des sous-races. La Sixième Sous-Race sera tout d’abord une inappréciable minorité mais colorant l’ensemble. Puis, à mesure qu’elle croîtra en nombre, et que les nations en naîtront, elle commencera à dominer et à conduire l’évolution du monde. Mais même alors la Cinquième Race conservera une énorme majorité pendant des siècles et des siècles. La Cinquième Sous-Race n’a pas encore atteint son apogée ; elle n’est pas parvenue au point où son évolution la portera dans les siècles ouverts devant nous. Elle approche de son apogée ; elle s’élève rapidement vers son zénith ; bien des années humaines, cependant, la séparent du jour où elle épanouira la splen-
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deur de sa puissance. Elle s’élève rapidement aujourd’hui ; mais comparez-la avec la civilisation Atlantéenne au point correspondant, et vous vous rendrez compte qu’elle n’a pas encore atteint le point supérieur de sa courbe. Car chaque Race doit « chevaucher sur la Race qui Ta précédée, et nous n’avons pas encore atteint en connaissance le niveau de l’antique Atlantide, et par conséquent en domination sur la nature inférieure, bien que, je le répète, l’ascension soit maintenant rapide et doive s’accélérer avec chaque décade nouvelle. On trouve cette loi dans l’évolution, qu’elle s’avance à une allure toujours accélérée. Plus elle développe son énergie, plus ces énergies se multiplient, ou, dans les termes d’un grand instructeur : « elle croît, non par addition, mais par puissance. » Notre civilisation s’élance vers des progrès de plus en plus rapides. Mais le fait même qu’elle n’a pas atteint les plus hautes réalisations de la Quatrième Race nous dit que nous avons du temps devant nous pour la préparation de la Sixième Sous-Race, et c’est là notre œuvre immédiate.Ne nous arrêtons plus à songer à la Sixième Race-Mère, car tout ce qui tend à édifier la Sixième Sous-Race, contribue à l’édification de la Sixième Race-Mère de
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Tavenir. Cette dernière exige les mêmes facultés, bien qu'à un niveau supérieur, et nous pouvons abaisser nos regards à notre humble niveau, et considérer ce que sera la Sixième Sous-Race* Ce sera tracer à la fois et l’œuvre et Tavenir de la Société Théosophicpie.
La grande caractéristique de cette Sixième Race, sera Tunion ; tout ce qui tend à Tunion est une force qui collabore à l’avènement de la Sixième Sous-Race, même si, très souvent, cette force montre au dehors un aspect peu engageant. Ce n'est pas la manifestation extérieure du moment, qui importe, mais la direction de la force. Bien des choses, plus belles à la surface, ont accompli leur fin, et sont sur la pente de la décrépitude ; mais les choses qui s'élèvent, bien qu'encore au-dessous de riiorizon, ont, comme toutes les choses germinales, un extérieur désagréable qui disparaîtra dans, la croissance de la jeune créature avant qu'elle apparaisse réellement sur la terre. Il a été dit par un Maître que si nous pouvions voir avec l'œil de TEsprit la génération de l'être humain, sa vie prénatale, nous comprendrions la génération des mondes et des univers. C'est là encore un principe général.
Tirons-en pour l’instant une ou deux leçons.
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Songez à révolution d^une graine jusqu/à Tapparition de la plante. Qu’y crouvez-vous ? Un germe minuscule environné d^une masse de substance nutritive ; avant que ce germe ne se développe en racine, tige et feuille audessus du sol et n’apparaisse aux regards de l’observateur, il faut que cette masse nutritive soit absorbée par le germe en croissance et se transforme en les tissus délicats de la plante à venir. Si donc vous envisagez ce germe en évolution, animal ou humain, quelle différence entre cette créature naissante et l’animal ou l’homme qui en sortirai Quelle absence de beauté dans bien des méthodes de sa croissance, de sa nutrition, de sa formation graduelle l Et par quelle merveilleuse alchimie de vie intérieure, le germe vivant s’approprie toute la substance nutritive qui l’enveloppe, et l’élabore en organes divers, jusqu’à ce que la parfaite créature soit prête à naître au monde! 11 en est de même dans la croissance d’une Sous-Race, dont le germe est aujourd’hui planté. Que de travail il faudra, avant qu’elle soit prête à naître, en un*temps nullement incommensurable, après que le germe a été semé dans la matrice du temps. Essayez de concevoir l’analogie au moyen de l’image que j’ai suggérée
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et VOUS ne taxerez plus aussi volontiers d^invraisemblance cette vérité que, de nos jours aussi, bien des messagers ont été envoyés par le Manou de Favenir pour faire résonner certaine note tonique, caractéristique de Fenfant qui doit naître. Cette note est bien connue auiourd'hui; nous Fappelons Fraternité.
Voyez combien de ces messagers sont aujourd'hui dispersés par le monde, et comment les diverses organisations d^hommes de tous genres tendent vers cette direction, et y trouvent de plus en plus la note fondamentale de leur progrès et de leur évolution. Il n’existe, à ma connaissance, que deux grandes organisations contemporaines qui aient délibérément adopté comme devise, devant le monde, la Fraternité Universelle: lune est la Franc-Maçonnerie, Fautre est la Société Théosophique, Elles seules proclament Funiverselle Fraternité. Car bien que plusieurs religions affirment la Fraternité, elles ne la rendent point univ^erselle ; c^est une fraternité limitée aux adeptes de leur croyance; avant de devenir un frère, il faut entrer dans la religion. Cela est très nettement déclaré dans la grande et universelle cérémonie du baptême qui marque l’entrée de Fenfant dans FÉglise chrétienne. Par ce sacre-
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ment il est « fait enfant de Dieu ». 11 ne Fêtait point auparavant, au point de vue de l’Eglise. Il était né sous la colère de Dieu, dans le règne de Satan. Par la cérémonie du baptême il est fait enfant de Dieu, héritier du royaume des cieux, c'est le langage de toutes les Églises; ceux qui n’appartiennent point à l’Église ne sont pas des enfants de Dieu. Rappelez-vous que c’est la Paternité de Dieu qui explique la Fraternité des hommes. La Vie Fraternelle n’est intelligible que si elle a sa racine dans la Vie Paternelle. Et parce que la Société Théosophique ne connaît aucune des limitations des religions, et déclare que tout être humain est, dans sa nature essentielle, un avec la Vie et le Dieu suprême, par là même la Fraternité est universelle et nul homme n^y est étranger.
Tout homme, quel qu’il soit, est reconnu comme un frère. Il n’entre point dans la Fraternité, il n’en peut-être exclu. Son Esprit, sa Vie/Fy ont placé : c’est un fait qui nous dépasse et nous domine. Nous n’avons aucun pouvoir de le créer ou de Fabolir. Nous reconnaissons ce grand fait, nous ne nous disons point la Fraternité Universelle, mais seulement un noyau dans cette Fraternité, ce qui est bien different ; la Fraternité est aussi universelle que l’huma-
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ni té, c’est là notre doctrine fondamentale; elle implique que cette Fraternité est aussi universelle que la Vie. 11 en va de même dans la Franc-Maçonnerie, là où elle est justement conçue ; aucune barrière de credo ; tous les hommes sont également admis dans la Loge Maçonnique. J’ai dit « là où elle est justement conçue », car il est des pays où la Franc- Maçonnerie s’est répandue, et où la Loge est devenue exclusive comme les religions le sont devenues. Chez les Maçons Américains, le nègre parce que nègre n’est point admis dans la Loge Maçonnique‘.C’est là une négation de la Maçonnerie, une honte à son actif et non une gloire. Et bien qu’il soit vrai que la Maçonnerie a beaucoup perdu de sa connaissance, elle est cependant demeurée en grande partie une Fraternité, et en cela elle porte en elle le lien d’une vie immortelle, avec toutes les possibilités de renaissance par toute la terre.
En dehors de ces deux organisations, des fraternités limitées se proclament dans toutes les directions. L’Église l’affirme dans ses propres limites. Toutes les religions l’affirment
1. Dans quelques pays, la Maçonnerie est devenue antireligieuse, mais cela aussi est anti-maçonnique.
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dans leurs limites respectives En dehors des religions et des Églises, on entend répéter le même cri. Le Socialisme le proclame, et s’efforce d’édifier sa politique sur ce principe. Partout le même cri de Fraternité, bien que cette Fraternité ne soit pas devenue une réalité vécue; c est là l’un des signes de la prochaine naissance de la Sous-Race où la Fraternité sera la note fondamentale de toutes les civilisations, et où une civilisation non fraternelle, enfermant des ignorants, des pauvres, des affamés et des malades, sera jugée barbare et non véritablement civilisée. Sa note fondamentale est Fraternité, la note dominante du jour qui vient. Parce qu’elle constitue notre premier objet, nous avons le droit de nous dire un noyau de cette Fraternité ; parce que nous la reconnaissons formellement, nous pouvons coopérer consciemment avec la nature. C’est là la force réelle de notre Mouvement ; non point notre nombre, qui est relativement restreint, mais notre collaboration consciente avec les forces qui préparent l’avenir. La Société Théosophique est un fragment du vaste mouvement Théosophique qui se fait sentir de toutes parts autour de nous ; mais nous avons avec nous ce qui nous permet de nous tenir sur la crête
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de la grande vague, nous savons pourquoi nous travaillons ; nous comprenons les tendances qui préparent l’avenir. C’est pourquoi nous devons, dans la Société Théosophique, par-dessus tout garder notre devise de Fraternité et travailler pour elle dans chaque phase de Tactivité humaine.Ce mot désigne à vos Branches Théosophiques quels mouvements vous devez aider, quels mouvements il vous faut ne pas aider. Il est vain de verser de l’eau dans un vase brisé, et tout vase qui ne porte point le nom ou le principe de Fraternité est un vase brisé qui ne gardera point l’eau pour le temps qui vient. Mais tout mouvement, même entaché d^ignorance,de folie, de maux temporaires qui poursuit la Fraternité et tâche de la réali ser,est un vase vivant où l’Eau V^ive peut être déversée;c’est avec ces mouvements que vous devriez collaborer, vous efforçant de leur apporter l’inspiration et la purification, de les débarrasser de tout ce qui a sa source dans l’ignorance, et de leur donner la sagesse qu’un devoir sacré vous impose de répandre largement parmi les enfants des hommes. Dans votre œuvre publique, c’est encore le même caractère.
Ceci m’incite à m’arrêter un instant sur ce