‹ Les Maîtres et l'œuvre théosophiqueChapitre 8 sur 17 · C.ONFÉRBNCKS BE !.ONDHPS · texte numérisé non relu

C.ONFÉRBNCKS BE !.ONDHPS

Il y a là quelque vérité ; niais n'y a-4-il pas ici encore certaines lignes de recherches que la médecine pourrait utilement suivre? Par exemple, le pouvoir de la pensée sur le corps humain, toute cette mesure de faits sur lesquels est édifiée en partie la science comme sous le nom de Mental Healing ou Faith Cure^ etc.

Pensez-vous que ces méthodes aient pu se poursuivre pendant des centaines d’années sans être fondées sur quelque vérité ? < Effets de Timagination », diriez-vous. Soit, mais qu’est-ce que Timagination? Qu’importe de quoi cela est Teffet, si Ton voit apparaître la santé au lieu de la maladie? Si vous introduisez dans le corps d’un homme un remède que vous ne comprenez pas, et constatez qu'il guérit une maladie ou soulage une douleur, rejetterez-vous le remède simplement parce que vous ignorez sa nature ? Pourquoi donc faire fi de la puissance de Pimagiuation, sous prétexte qu’elle ne peut se peser dans votre balance et ne fait pas s’infléchir Tun de ses plateaux? L’imagination est l’une des forces les plus subtiles de la pensée : l’imagination est l’un des agents les plus puissants qu’un médecin puisse utiliser, quand ses drogues échouent ou n’agissent pas selon ses intentions. C’est la suggestion, la puissance de

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la pensée. N’y a-t-il pas des cas où la sugges tion a tué ? Ce qui a tué peut aussi guérir, et le corps de rhomme, qui n’est qu'un des produits de la pensée édifié au cours des âges, obéit plus rapidement à son créateur qu’aux produits plus grossiers des règnes minéral et végétal. Et ici encore je ne fais appel qu’à l’expérience. Vous savez qu’il est possible de faire apparaître des blessures sur le corps du sujet en état de transe. Par le moyen de la suggestion, des lésions sont produites ; des brûlures sont causées; l’inflammation et la douleur suivent la simple suggestion d’une blessure. Un vésicatoire est appliqué ; son action est empêchée par suggestion, et la peau apparaît intacte lorsqu’on enlève le vésicatoire ; mais donnez par suggestion à une feuille de papier mouillé les propriétés du vésicatoire et il soulèvera la peau en une ampoule complète aussi bien que la préparation chimique. Ce sont là des faits certains. On montre dans certains hôpitaux de Paris des reproductions de blessures produites par ce procédé, car ces recherches ont été poussées plus loin en France qu’en Angleterre. Il y a dans cette voie bien des expériences utiles à tenter pour le soulagement des maux physiques de l’humanité.

Et puisque /ai abordé cette question de la Uvédecine, laissez-inoi dire, comme j^en ai le devoir, qu’il est des méthodes de la médeciuo moderne que la Théosophie condamne formellement, Elle déclare qu’aucune connaissance obtenue par la torture, la vivisection d’un animal n’est légitime, même fût-elle aussi utile qu’elle a été démontrée inutile. Elle affirme que toutes les inoculations de virus dans le corps sain sont illégitimes; elle condamme toutes ces méthodes. Elle proclame que toutes ces injections impures de fluides animaux au moyen desquels la médecine moderne croit rendre à Thomme sa vitalité épuisée, sont fatales au corps qui les reçoit. Et ici aussi la France, par l’excès même de ses méthodes, commence à reculer devant les résultats survenus. Il y a deux ans, un grand médecin de Paris me rapporta qu’un grand nombre de docteurs s'étaient réunis pour apprécier sans hésitation ni scrupule les résultats des méthodes cju’ils suivaient depuis des années, et ils s’avouèrent leur crainte d’avoir causé plus de maladies qu’ils n’en avaient guéries. Pourquoi condamner ces méthodes comme illégitimes? Parce que la formation du corps humain est Pœuvre de PEsprit se construisant pour lui-même un temple,

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adapté par lui à ses besoins propres. Ce sont les pouvoirs supérieurs de rintelligence qui ont fait le corps humain ce qu’il est, si différent des formes animales desquelles, dans les siècles lointains, il est physiquement sorti. La délicatesse du toucher, l’exquise beauté etl’affiiiemenl de votre système nerveux sont l’effet des pouvoirs supérieurs de l’Esprit s’exprimant dans le corps humain où ils ne peuvent s’exprimer sous Informe animale.Dans l’ignorance de cette vérité, dans l’oubli de ce fait que ce merveilleux temple humain a été construit par l’Esprit de l’homme au cours des siècles de labeur et de souffrance pour l’expression de ses qualités supérieures : compassion, tendresse, amour, pitié pour les faibles, protection des faibles contre les forts, si vous oubliez tout cela, et agissez comme une brute elle-même ne voudrait pas agir, traitant avec une égale cruauté l’homme et l’animal, vous dégraderez le corps que vous voulez préserver, vous paralyserez l’organisme que vous cherchez à sauver de la maladie, et retournerez àla sauvagerie qui est la Némésis de la cruauté, sans avoir rien fait que ruiner ces corps de noblesse, héritage des races civilisées.

Le dernier domaine de la pensée sur lequel

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je désire attirer votre attention est celui de la pensée politique. La Théosophie ne se mêle point à la politique de parti. Elle pose le grand principe de la Fraternité humaine et conseille à ses adeptes de se répandre dans le monde et de le mettre en pratique, d’employer toute leur intelligence, leur puissance de pensée à juger la valeur de chaque méthode proposée.

Notre critique générale de la politique contemporaine serait qu’elle propose des remèdes au lieu de prévenir le mal, et laisse intacte la racine d’où procèdent tous les maux. Lorsque parfois je regarde votre politique, il me semble voir des enfants cueillir des fleurs, puis les piquer dans le sable et dire : «Voyez quel beau jardin. » Au réveil le lendemain, les fleurs sont mortes, car elles étaient sans racines. Je n’ignore pas qu’il est nécessaire de trouver des remèdes, mais il ne faut pas s’en contenter.

Les médecins et infirmières de la Croix-Rouge qui ramassent les corps mutilés dont votre science de la guerre a fait ses victimes, ont une tâche très noble, et méritent notre amour et notre gratitude, car il faut que les blessés soient soignés ; mais l’homme qui travaille pour l’établissement de la paix a plus fait pour le bien de l’humanité que les médecins et les

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ÎTîtirmières de la Croix-Rouge. Il en va de meme dans le monde politique. La vie 4 au jour le jour » n’offre pas plus de sécurité en politique que dans aucun autre département de la vie humaine. Mais combien sont-ils, dans vos partis politiques, qui se soucient des causes et non pas seulement des effets? Ce serait là notre critique. Nous voyons partout la Démocratie s’étendre ; mais la Démocratie est dans sa période de probation, et à moins qu elle n’élabore une méthode qui confère le gouvernement aux sages et non plus seulement au poids des masses ignorantes, elle creusera sa propre tombe. Aussi longtemps que le peuple est laissé dans l’ignorance, il est incapable de gouverner. Les écoles doivent précéder le vote, et l’instruction la puissance. Vous êtes fiers de votre liberté ; vous exaltez A^'otre suffrage quasi-uniA^ersel, dont naturellement vous excluez la moitié de l’humanité ! mais avec votre suffrage masculin tel qu’il existe, combien des votants allant aux urnes électorales connaissent les principes de l’histoire politique, de Téconomie politique, possèdent toute cette science qui est nécessaire lorsqu’il faut guider le vaisseau de rÉtat sur des eaux troublées? On ne choisit pas les capitaines des navires parmi

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ceux qui ignorent tout de la naYigation; mais vous choisissez les électeurs de vos gouvernements parmi ceux qui n’ont ni les études ni les connaissances nécessaires. Celan^est passage. Je ne nie pas que ce soit un stage nécessaire de révolution de l’homme. Je sais que l’Esprit agit sagement et guide les nations sur des voies où les leçons s^apprennent ; et mon espoir est que des fautes, des erreurs et des imperfections de la politique contemporaines sortira quelque méthode plus saine, grâce à laquelle les plus sages de la nation auront la charge du peuple et la direction des affaires, et où la Sagesse, non le nombre, aura voix décisive.

Or, il est une critique de la politique que nous entendons répéter fréquemment autour de nous. On nous dit que derrière la politique il y a l’économie politique. C’est vrai. Vous pourrez vous livrer à jamais aux jeux de la politique : si votre système économique est pourri, il n’est point de remèdes politiques qui puissent former une nation heureuse et prospère. Mais si Ton reconnaît que derrière la politique il y a l’économie politique, il faut admettre que derrière l’économie politique aussi se trouve une chose dont on entend bien peu parler. Derrière le système économi-

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que il y a le caractère des individus et sans ce caractère il est impossible d’assurer la liberté et le bonheur de la nation. Nation détentrice d une puissance énorme, comment savez-vous de quelle façon s’exerce cette puissance dans les pays lointains ? Que savez-vous de votre immense empire de Tlnde •? Combien d’électeurs nantis de leur bulletin pourraient l'épondre avec intelligence à l’une quelconque des questions affectant ces trois cent millions d’êtres humains que vous tenez dans votre main et traitez à votre fantaisie? Il est des responsabilités d’Empire aussi bien qu’un orgueil d’Empire, et l'orgueil pourrait bien sombrer ou les responsabilités sont ignorées. C’est pourquoi le tbéosophe met sa satisfaction à chercher le fond des choses, et s’efforcera de former les citoyens dont sera constitué l’État futur. Vous criez aujourd’hui; Éducation, éducation intégrale, éducation laïque. On a essayé l’éducation laïque en France, on a aboli l’éducation religieuse ; on a-voulu donner la moralité indépendamment de la religion. Mais les leçons morales n’ont pas eu d’effet;elles étaient froides, ternes et mortes. N’est-il pas honteux que dans un pays comme celui-ci, où la grande majorité du peuple est religieuse, vous don-

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niez tant d’âpreté aux bagatelles qui vous séparent, que la seule paix possible soit de priver entièrement de la religion les écoles, et d’enseigner aux enfants la seule morale, tandis qu'une minorité insignifiante peut seule agir à sa guise. Nous faisons,nous, théosophes, mieux que cela, dans l'Inde ; les théosophes hindous ont fondé là-bas un Collège où en dépit de toutes leurs sectes et de toutes leurs querelles religieuses, ils se sont mis d'accord sur un commun minimum dogmatique grâce auquel leurs enfants peuvent être instruits à la fois dans la religion et la morale. Ce fut, je l'accorde, une inspiration Théosophique qui donna naissance au mouvement ; mais la masse entière des Hindous a suivi cette inspiration et accepte ses livres comme base de l’éducation. Le Gouvernement les a adoptés aussi, et a commencé à les introduire dans ses propres écoles, à l’usage des Hindous. C'est ainsi que nous, théosophes, agissons en politique. Nous allons à la racine du caractère pour l’édifier, car nous savons que de nobles caractères feront une noble nation, et aussi une nation prospère. Mais vous ne pourrez pas plus faire une nation d'iiommes libres avec des enfants ignorants du devoir et de la justice, que vous ne

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pouvez élever une maison qui dure avec des briques mal cuites et des poutres pourries.

Notre note fondamentale est : Fraternité. Traduisez-la en vie vécue et vous aurez la nation dont vous avez besoin.

Que signifie donc la Fraternité? Elle signifie que chacun de nous, vous et moi, tout homme et toute femme dans ce pays, regarde tous les autres comme il regarde ses propres frères ou soeurs, et agit d’après les principes en action dans la famille. Vous excluez la religion de la politique? Vous ne le pouvez, sans péril pour l’État; car si vous u’enseignez pas à votre peuple que la Fraternité existe, qu’on veuille ou non la reconnaître, vous construisez sur le sable et non pas sur le roc. La Fraternité signifie que l’homme qui a acquis la connaissance l’emploie pour l’instruction des ignorants, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’ignorants. Elle signifie que l’homme qui est piu* va porter sa pureté à ceux qui sont impurs, jusqu’à ce que tous aient été purifiés. Elle signifie que l’homme riche utilise sa richesse pour venir en aide aux pauvres,jusqu’à ce que tous soient affranchis du besoin. Elle signifie que vous partagez tout ce que vous avez acquis, que tout ce que vous avez réalisé, vous en distribuer

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à tous le fruit. Telle est la loi de la Fiateruité, et c’est la loi de la vie nationale aussi bien que de la vie individuelle. Vous ne pouvez vous élever isolément. Vous êtes trop étroitement liés les uns aux autres. Si vous emploj ez votre force à vous élever en foulant aux pieds vos frères, vous échouerez inévitablement par la faiblesse même que vous avez opprimée.

Savez-vous qui sont les plus grands ennemis d’un État ? Les faibles, objets de l’injustice des forts. Car au-dessus de tous les États, trône une Éternelle .Justice; et les larmes des femmes dans la misère, et les malédictions des hommes afïamés et furieux, sapent les fondations de l’État qui renie la Fraternité, et retentissent aux oreilles de cette Justice Éternelle par laquelle seulement les États demeurent, et les Nations subsistent. Il est écrit dans un ancien livre sacré qu’un Maître du Devoir dit à un roi : « Prends garde aux larmes des faibles, car elles minent les trônes des Rois. » La force peut être une menace ouverte ; la faiblesse mine sourdement. La force se dresse pour combattre ; la faiblesse mine le sol qui supporte les combattants. Le message que la Théosophie apporte au monde politique moderne est celui-ci: Pensez moins à vos lois

ROLE DE LA THEOSOPHÏE

extérieures et davantage à la vie du peuple que régissent vos lois. Souvenez-vous qu’un gouvernement n’est durable qu’autant que le peuple est heureux ; que les États ne sont florissants que s’il est satisfait aux besoins des masses de la population ; que tout ce qui rend la vie agréable est le droit des plus bas et des plus pauvres ; qu’ils peuvent se passer du bonheur extérieur beaucoup moins que vousmêmes qui avez tant de motifs de satisfactions et de jouissances intérieures, grâce à la culture que vous possédez et qu’ils n’ont pas. Si l’argent manque pour tout faire, dépensez le vôtre pour rendre plus heureuse, plus saine, plus pure, plus instruite, la vie des pauvres ; alors une nation heureuse sera une nation puissante, un empire véritable, car la Fratermfé est la plus grande force qui soit sur terre,

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