‹ Les Maîtres et l'œuvre théosophiqueChapitre 9 sur 17 · LE CHAMP DE TRAVAIL DE LA SOCIÉTÉ THËOSOPHIQÜE · texte numérisé non relu

LE CHAMP DE TRAVAIL DE LA SOCIÉTÉ THËOSOPHIQÜE

J’ai maiatenant le devoir de clore les travaux de cette Convention, de vous renvoyer, avec mes vœux, vers vos différents milieux où vous remplirez, j’en ai Lespoir, avec un courage nouveau et une science plus profonde, les tâches diverses qui vous incombent. Et laLssezrnoi, avant d’aborder le sujet désigné : « Le GhampdeTravail delà Société Théosophique», adresser un mot de gratitude à celle sans qui la Société Théosophique n’aurait point de champ à travailler, aucune semence à y planter, à H. P. B., notre Instructeur et notre Guide, vers qui monte la gratitude de mon cœur. Sans elle, nous ne serions point ici rassemblés, sans elle nous n’aurions point reçu la doctrine Théosophique. Il se peut que beaucoup d’entre nous aient beaucoup appris depuis qu’elle a cessé de nous instruire, mais c’est elle qui fut le pre*mier Instructeur ; c’est elle qui nous apporta la

CONFÉRENCES DE LONDRES

Lumière. Il se peut que plusieurs, depiiis leur rencontre avec elle, aient connu leur Maître face à face, mais c’est elle qui les a conduits en Sa présence, elle à qui est due cette occasion qui s’est offerte à eux d’aller à Lui dans cette vie. 11 est possible que si elle n’était point venue, quelque autre eût pu venir accomplir la même œuvre, cela ne nous importe point ; c’est elle quia droit à notre hommage, et nous qxxi vivons dans la lumière par elle apportée, pouvons à bon droit lui offrir le tribut de notre gratitude.

Quel est le champ de travail de la Société Théosophique ? Il est tracé dans nos trois Buts et ceux d’entre vous qui les ont étudiés avec soin, dans les diverses versions qu’on en a données, ont pu remarquer que chacun d’eux correspond à un aspect de la conscience humaine. Dans le premier, qui proclame cette vérité : la Fraternité Universelle, nous avons le champ de travail de l’aspect Activité, le principe actif de la conscience ou Esprit, qui cherche son expression dans le service de la Race. Le second, l’étude des religions et des philosophies du monde, nous fournit le champ de travail de l’aspect Connaissance, ce principe de la conscience qui recueille le fruit de l’étude ; le Moi

Champ DE travail de tA. SpC^W Ml,

connaissant qui recueille la nourriture qu' servira au développement de ses forces. Le troisième nous offre le champ de travail de la ; Volonté, l’aspect Energie de la conscience, la racine fondamentale de notre être, par quoi les? mondes existent, maintenus qu’ils sont par la Sagesse, comme ils sont créés par l’Activité, i Quand donc nous considérons ainsi les buts de la Société et comprenons les rapports qu’ils ont avec notre moi conscient, nous voyons que le champ de travail de la Société Théosophique est aussi étendu que le monde, et ne connaît point de limites partout où peuvent s’exercer la Volonté,la Connaissance et l’Activité. Il demeure vrai que tout ce qui concourt au bien de l’homme est œuvre tbéosophique, et que ne peut être exclu de notre zone d’effort rien qui puisse inclure un aspect quelconque de la conscience. Adoptons donc cette division toute naturelle et scientifique de notre travail et voyons ce que nous pouvons faire dans chacun des domaines qui s’offre à celle de nos facultés qui lui correspond.

Le premier s’ouvre naturellement à toute activité consacrée à l’humanité, à tout service qu’un homme rend à un autre ;et il sera excellent si, dans les jours qui vont suivre, nous

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nous rendons compte qu’il n’èst point d’effort en vue de l’aide et du relèvement de l’homme qui soit en dehors du champ de travail de cë Premier objet de notre Société. Chaque Branche de la Société devrait mettre au nombre de ses activités le service de l’humanité dans l’endroit où elle existe; son rôle devrait être de répandre la connaissance qu’elle recueille, La Théosophie devrait être votre pierre de louche de la valeur de chaque effort et la tendance de chaque proposition. Parmi les innombrables leïitatives de notre époque d’activité, les unes travaillent pom- le présent; d’autres, agissant suivant des principes plus sains, préparent le monde pour un avenir meilleur et plus heureux. Vos connaissances théosophiques doivent vous permettre d’apprécier la valeur de ces tentatives, et vous pousser dans celles seulement qui posent les fondements d’une civilisation plus grande que la nôtre. Parmi les uom> breux essais et les diverses méthodes, il en est dans lesquels tout homme inspiré par l’Esprit de Fraternité peut trouver une activité qui Satisfasse sa raison et i-eçoive l’approbation de sa conscience. 11 n’est aucune méthode particulière qui s’impose à la Société en tant que Société. Elle affirme le principe dé Fra-

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termté comme un esprit agissant dans la vie de chacun de ses membres, et le laisse ensuite libred^employer son jugement et sa eonscienoe pour déterminer laquelle des nombreuses méthodes en présence se recommande le mieux à lui, en tant qu’individu. En sorte qu’en parlant de ce champ de travail, ce n’est pas à moi de dire : « Tel plan, telle méthode, tel moyen d^actîon doit être le vôtre », mais seulement que vous ne répondez pas au Premier Objet de la Société, si vous n'engagez votre activité dans quelque tâche où votre intelligence et votre conscience reconnaissent une œuvre utile à vos frères, C est un point que je présente à Pattentio.nde vos Branches; car lorsque je vois qu’on discute la question de rendre une vie nouvelle aux Branches, je sais bien que la seule cause qui rend une telle discussion nécessaire est que l'on a laissé la vie stagner dans la Branche au lieu de la déverser en un fleuve vivant pour féconder le lieu où la Branche se réunit. Il n'y aurait pas cette indigence de vitalité si vous ne la conserviez point en flacon pour ainsi dire pour votre usage exclusif, La source de vie est inépuisable, et elle ne cesse de couler que là où est la stagnation, parce qu’elle ne peut s'élancer vers ceux qui en ont besoin,

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mais est restreinte aixx limites étroites d’une Branche. Si vous agissiez aussi bien que vous discourez, si vous travailliez autant que vous discutez, si vous serviez aussi bien que vous louez le service, il n’y aurait ni temps ni nécessité de discuter sur les moyens de rendre la vitalité aux Branches de la Société Théosophique.

Votre Branche devrait être votre lieu d’inspiration, où vous apprenez à servir, le lieu où vous trouvez le pain de vie. Mais le pain de vie est destiné à nourrir les affamés, et non à former le superflu de ceux qui sont déjà rassasiés ; à apporter la nourriture aux foules qui meurent de faim autour de vous faute de connaissance, afin que la vie leur soit rendue intelligible et tolérable ; c’est à vous de paître le troupeau du Grand Berger, et de venir eu aide à ceux qui, n’ayant pas cette Sagesse, sont impuissants. Ils en ont tous besoin; non les pauvres seulement ; non les seuls riches, mais tout fils de Thomifie. Car l’unique fardeau de tous, l’amertmne de la vie, c’est le sentiment de l’injustice, l’absence d’intelligibilité de la vie ; c’est là l’aiguillon qui perce tous les cœurs, des pauvres et des riches indifféremment. Dès que vous comprenez la vie, la vie devient supportable, et jusqu’à ce que vous

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Fayez comprise, elle ne cessera point d^être un fardeau difficile à endurer ; mais tout change dès que vous avez compris. Dès que vous vous êtes rendu compte de sa signification, de sa valeur, vous pouvez affronter ses difficultés. Notre devoir vis-à-vis de ceux qui nous entourent est de leur apporter cette connaissance, et grâce à elle, de les élever en un lieu de paix. C’est l’œuvre qui attend vos efforts et que vos Branches ont le devoir d’accomplir. Il ne devrait point se trouver un effort en vue d^aider l’humanité, dans le ressort d’une Branche de la Société Théosophique, auquel les membres de cette Branche ne soient ardemment désireux d’apporter leur labeur pour le plus grand bien de leurs concitoyens. A quoi sert de bavarder au sujet de la Fraternité Universelle, si vous ne la vivez ? Parfois, dans les discussions sur ce sujet, on en parle comme si la Fraternité signifiait douces paroles et phrases bien tournées, sentimentalité et non réalité. Elle signifie labeur, un labeur constant, persévérant, inlassable pour ceux qui ont besoin de notre service ; non pas de douces paroles entre nous, mais du travail pour le monde, c’est là le sens vrai de la Fraternité.

Nous pouvons passer maintenant à notre se-

cond champ de travail tracé dans notre Second Objet. Sans lui vous ne sauriez travailler légitimement pour la Fraternité, car vous ne comprendriez point la connaissance déjà réunie. 11 faut apprendre pour enseigner, il faut étudier pour comprendre, et cet Objet de la Société n’est pas recherché dans nos Branches aussi sérieusement qu’il devrait l’être ; car il se traduit en général par l’étude d’un seul qui déverse ensuite le fruit de son étude dans des bouches ouvertes autour de lui. C’est une excellente méthode au début, quand le jeune oiseau sort de l’œuf. Il faut que le père et la mère portent la nourriture dans le bec grand ouvert ; mais il en est parmi vous qui ont dépassé cette période, depuis trente-deux années que la Société est en existence ; et vous devriez être prêts à aider et non plus seulement à être aidés. La vie de la Société ne sera point une vie saine tant qu’elle contiendra si peu de vrais étudiants, c’est-à-dire que si peu seront capables d’enseigner. Chaque Branche devrait avoir ses classes d’étude répondant à cet objet. Il est aussi d’autres façons de s’instniire que l’instruction reçue de frères en Théosophie. Les Branches de Paris viennent d’adopter un plan excellent pour l’hiver qui vient. Au lieu que

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