‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 102 sur 116 · ALEXANDRE SCHOENEWERK I. — L'HOMME ET L'ŒUVRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE SCHOENEWERK I. — L'HOMME ET L'ŒUVRE

Le jour même où succomba Schœnewerk, le 22 juillet d 885, nous demandions à deux de ses amis, sculpteurs comme lui, Maximilien Bourgeois et H. Louis-Noël, de nous fournir quelques notes sur l'habile artiste qui, peu d'années auparavant, avait signé la Jeune fille à la fontaine et Au matin. Les deux sculpteurs s'excusèrent de ne pouvoir répondre à notre appel. L'honneur de parler de Schœnewerk appartenait, nous dirent-ils, à l'ami le plus intime du statuaire disparu, Louis-Adolphe Eude. Contemporain de Schœnewerk, Eude avait reçu, en même temps que lui, les leçons de David d'Angers. On se souvient du Retour de chasse, ce marbre souple et distingué, qui valut à Eude une première médaille au Salon de 1877. Loin de vouloirs'épargner la peine de composer une étude sur Schœnewerk, Eude accueillit notre demande avec empressement. Il se mit à l'œuvre. Quelques semaines après la catastrophe de la rue Vavin, nous étions en possession d'un hommage plein de tact, rendu par un statuaire de mérite, à la mémoire de Schœnewerk. Le lecteur ne devra pas chep- -cher dans l'étude de Eude une biographie complète de l'artiste dont il parle. L'écrivain n'a pas eu l'intention de rendre inutile le tableau précis, développé, d'une existence deux fois obscurcie par la folie, et dont les intervalles lucides ont été marqués par des œuvres de tout point remarquables. Mais, à certains traits, que seule l'amitié

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