L.-A. EUDE, J.-G. THOMAS, ETC
Hongrie, avec lequel il obtint une médaille de troisième classe. Depuis cette époque, il est constamment sur la brèche; les expositions se succèdent, il y est toujours représenté par un ouvrage digne d'attirer l'attention. Enfin, en 1861, son talent s'affirme, d'une manière éclatante, par le beau succès de ses statues Au bord d'un ruisseau et le Jeune Pêcheur, qui lui valent une médaille de première classe. Sa place est définitivemennt conquise.
Qui de nous, depuis, n'a admiré tant d'œuvres remarquables, dues à son ciseau, et exposées chaque année par ce travailleur infatigable ? Son talent, tout de grâce et de charme, se révélait par des figures pleines de goût et de sentiment : La Rêverie, l'Aurore, Myrtho, la Jeune fille à la fontaine, Au matin, le Prisonnier dangereux, où les qualités aimables de son talent s'alliaient à un rare savoir et à une étude sérieuse de la forme.
Mais, si la grâce était la qualité maîtresse de Schœnewerk, il nous a aussi laissé des ouvrages où la gravité et la sévérité du caractère montrent l'étendue de son talent, témoin, la statue de Saint Thomas d'Aquin à la Sorbonne, celle de V Europe, au Trocadéro, le Dompteur de tigres, et enfin la statue de Lulli pour le vestibule du grand Opéra, qui a été assez admirée au dernier Salon pour lui mériter un grand nombre de voix pour la médaille d'honneur. Si cette récompense n'a pu lui être décernée, faute d'une majorité suffisante, ce fait n'en reste pas moins un témoignage éclatant de la haute estime en laquelle son talent était tenu.
La droiture de son caractère n'était pas moins
appréciée; aussi, lorsque le Gouvernement nous chargea de faire nous-mêmes nos expositions, fut-il l'un des premiers que vous avez élus pour remplir ce devoir, comme vous l'avez, chaque année, appelé à remplir les fonctions si délicates de membre du Jury. C'est ainsi qu'il devint l'un des fondateurs de la Société des Artistes français, qui était fïère de le compter au nombre de ses membres. Qu'il me soit donc permis, bien que j'aie pris la parole au nom de ses amis, d'apporter aussi, au nom de la Société, un dernier hommage à réminent statuaire qui a contribué à sa création.
L'État ne pouvait laisser dans l'oubli un artiste tel que Schœnewerk. En 1873, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, et, plus tard, un grand témoignage de confiance lui était donné lorsqu'il fut désigné pour faire partie du Conseil supérieur d'enseignement à l'École des Beaux-Arts.
J'ai parlé des qualités de l'artiste. Je ne veux pas oublier celles qu'il tenait d'un cœur aisément ému, et qu'ont pu apprécier ceux qui l'approchaient et vivaient dans son intimité. Il a eu des amis, et des plus fidèles; je les vois attristés auprès de moi et ne suis que leur interprète en disant que, si l'œuvre de Schœnewerk doit éterniser sa mémoire, sa bonté et ses autres qualités morales auront gravé éternellement son souvenir dans nos cœurs.
J.-G. Thomas,
Statuaire, membre de l'Institut.
Bonnassieux, statuaire, membre de l'Institut, ayant eu connaissance des pages qui précèdent, nous adressa la