DE L'ACADÉMIE DE FRANCE
Rome, le 27 janvier 1790.
A Marie- Anne Belle.
Monsieur et cher confrère,
J'ai Thonneur de vous faire part que M. votre fils se détermine à retourner en France. Vous avez su par lui-même les détails de la malheureuse affaire qui lui est arrivée, et que plusieurs circonstances ont encore rendue plus grave qu'elle ne l'auroit été peut-être dans un autre temps. C'est une imprudence sur laquelle on est très sévère dans ce pays icy, et qui Ta mis en grand danger, mais qui ne portera pas atteinte à son honneur et sa réputation. Monseigneur le cardinal de Bernis a pris le plus vif intérêt à cette affaire. C'est à lui que nous devons qu'il n'ait point été arrêté le soir même qu'on est allé à son atelier, ainsi que la liberté dont il a continué de jouir dans Rome jusqu'à ce jour...
Quelque regret que j'aie de voir partir M. Belle, que je voyois icy avec le plus grand plaisir, j'aime encore mieux qu'il attende la fin de cette affaire en France, que de lui voir prolonger son séjour icy, ne pouvant lui répondre jusqu'à un certain point de ce qui pourroit arriver. Il part librement, ainsi cela ne peut point influer sur sa réputation. Il s'arrêtera