CONSEILS DU MAITRE
A M.David, statuaire, pensionnaire de Sa Majesté Impériale et Royale à l'École impériale des Beaux- Arts (villa Medici) à Rome.
Paris, le 29 décembre 1812.
Je suis fort sensible. Monsieur, à votre souvenir et aux témoignages d'affection que vous voulez bien me donner dans votre lettre. La crainte que vous marqués de me détourner de mes occupations fait sans doute honneur à votre discrétion, qualité si rare à la jeunesse, mais cette crainte n'est pas fondée; vous devés être pleinement convaincu que ce sera toujours avec un véritable plaisir que je recevrai de vos nouvelles, et que l'intérêt que je prends à vos talens, comme à votre personne, ne sçauroit s'affoiblir puisqu'il est fondé sur l'estime que votre conduite m'a inspirée.
La marche que vous suivés dans vos études me paroit excellente, et j'espère qu'elle vous garantira des erreurs qu'on a pu reprocher à plusieurs jeunes artistes, égarés par de faux systèmes.
J'ai pris plaisir à communiquer votre lettre à M. Pajou, et, ainsi que moi, il a remarqué, avec beaucoup de satisfaction, que, s'il est vray, ainsi que vous l'affirmés, que votre première éducation n'ait pas été aussi soignée que vous eussiés pu le désirer, aucune trace des suites ordinaires de cette négligence ne