‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 34 sur 116 · SAINT DENIS PRÊCHANT DANS LES GAULES · texte numérisé non relu

SAINT DENIS PRÊCHANT DANS LES GAULES

A Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Intérieur.

Paris, le 9 juillet 1816.

Monseigneur,

J'ai reçu avec la plus vive reconnaissance la nouvelle marque d'estime dont vous voulez bien m'honorer, en me chargeant de l'un des sept tableaux destinés pour l'église de la Madeleine.

D'après l'invitation de Votre Excellence à énoncer un sujet, je choisirais et désirerais ardemment y représenter Saint Denis prêchant dans les Gaules, Mon désir est tel que je crains d'en indiquer un autre.

Ayant toujours dirigé mes études vers le grand genre de la peinture, le hasard m'a toujours repoussé dans des sujets de costume si modernes, que ce serait doubler votre bienfait de m'accorder ce sujet si reculé, par là si neuf et si grandiose.

Monseigneur, de Votre Excellence, le plus affectionné et reconnaissant serviteur,

Gros,

Peintre d'histoire, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur.

Rue des Fossés-St-Germain-des-Prés, n° 14.

Lettre pressante. Choix motivé. Delestre, l'historien de Gros, nous apprend que la demande du peintre fut agréée, et que notification régulière de la commande lui fut faite le 17 septembre 1816 (Gros et ses ouvrages. Paris, 1845,

in-8, p. 286). L'arc entier avait été réservé au peintre, qui, de même que ses confrères, n'exécuta pas sur la toile la composition qu'il eût voulu traiter. Il en traça toutefois des croquis à la plume. Delestre les a vus et il les décrit (p. 286-288 ). Deux personnages paraissent avoir préoccupé le peintre, dans une mesure à peu près égale : saint Denis et une druidesse. Delestre loue le mouvement et l'expression déployés par Gros dans ces études prélimi naires.

Page 1