‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 45 sur 116 · Coypel, Discours prononcé à V Académie (p · texte numérisé non relu

Coypel, Discours prononcé à V Académie (p

perdre un. Je me vis bientôt réduit à aller quêter de l'ouvrage chez les sculpteurs en meubles, car les statuaires n'avaient à cette époque rien à faire.

La vue des statues antiques me faisait apercevoir qu'il fallait oublier ce que j'avais appris jusqu'alors. Mais comment faire, étant obligé de travailler pour vivre ?

J'avais fait connaissance d'une demoiselle pas fortunée, ni d'une grande beauté, mais de l'esprit aimable et de l'éducation : voilà tout ce qu'il me fallait * . Je l'épousai, puis je lui fis part que je voulais faire un voyage en Italie. Nous partîmes et prîmes la route de Nantes. Là, je trouvai un champ ouvert. Les églises ayant été dévastées par la guerre de la Vendée, il fallait les décorer à neuf.

Une maladie me fit faire le portrait de mon médecin2; bientôt celui du Préfet3. Enfin l'Évêque arrive4: il me commande deux statues pour sa cathédrale. Le maire 5 me commande soixante bustes pour la Bibliothèque de la ville de Nantes. Je fus obligé de faire le voyage de Paris pour avoir les masques et autres objets. Je sentis alors que j'avais une dette à payer à l'amour filial6.

1. Les poulains les plus difficiles et les plus fougueux deviennent les meilleurs chevaux lorsqu'ils sont domptés et dressés par un écuyer habile. (Plutarque, Vie de Thémistocle. )

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