M. Duvoisin
#5. M. Bertrand-Geslin.
6. Mes parents n'étaient pas heureux à Malines. C'est dans ce voyage que je les fis venir à Paris pour les emmener au sein de ma famille. Je n'ai pas eu longtemps la satisfaction de les
J.-B. DE BAY PÈRE
Je m'attachai à quelques savants. Je fis venir de Paris quelques statues moulées sur l'antique ; je les contemplai à loisir dans mon atelier. Je me nourris de la lecture des anciens; j'allai déchirer le corps de l'homme, dans les hôpitaux, pour découvrir ses ressors intérieurs, pour étudier la forme des muscles et leurs attaches. Je me fis un squelette. Je consultai le corps de l'homme vivant : voilà ce que je fis à Nantes pendant quinze ans {.
Pendant ce laps de temps, ma femme m'avait donné huit enfants dont cinq sont vivants. J'ai cultivé leurs premiers pas dans les arts, mais bientôt je sentis le besoin de retourner à Paris et de les faire profiter des leçons des grands maîtres 2. C'est l'ordre qu'on suit dans les études qui en assure le succès.
Me voilà donc de retour à Paris, à l'époque de l'Exposition de 1817, sans avoir rien à exposer. Je réfléchis que j'avais fait un buste de Talma, pendant son séjour à Nantes, qu'il était chez lui, avec une grande esquisse du monument que je devais exécuter pour la famille Cassin. A cette époque, le Salon n'avait plus que quinze jours à rester ouvert. Je demandai la permission d'exposer ces deux objets à M. le comte de Forbin 3 qui me le permit avec bien de l'amitié ; et ce fut pour moi une grande surprise quand, huit jours après, je reçus une médaille d'or pour mon exposition.
voir, mais du moins ils ont fini leurs derniers jours tranquilles et sans inquiétude.
1. Voyez le Précis analytique des Travaux de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Nantes, pendant les années 1814 et 1815 (p. 18).