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LE PEINTRE VINCENT A SON LIT DE MORT

A Monsieur François Grille.

Monsieur,

En réponse à votre circulaire imprimée, envoyée aux artistes, et par laquelle vous leur demandez des renseignements sur eux et ce qui les concerne, j'ai l'honneur de vous adresser ce qui suit :

Prénoms : Antoine-Jean-Baptiste.

Nom : Thomas.

Lieu de naissance : Paris.

Date de la naissance : 31 octobre 1791.

Maître sous lequel j'ai étudié : M. Vincent.

Lieux des études : atelier de M. Vincent; Ecole spéciale de peinture, aux Quatre-Nations; Musée.

Voyages : en Italie comme pensionnaire à l'Académie des Beaux-Arts, à Rome.

Epoques de départ et de retour : novembre 1816 et décembre 1818.

Je devais rester cinq ans en Italie; des soins à donner à mes affaires particulières et à ma famille me firent renoncer à trois ans de pension.

Ouvrages composés, exécutés et exposés : les Vendeurs chassés du Temple, tableau commandé par la Ville pour l'église de Saint-Roch; exécuté de 1820 à 1821, exposé au Salon de 1822. Au même Salon j'ai exposé un tableau de chevalet représentant :

une Eruption du Mont-Vésuve, pendant laquelle se fait la procession de saint Janvier. Au Salon de 1824, j'ai exposé un tableau commandé par la Maison du Roi, pour le Conseil d'État, représentant : les Seize au Parlement ; arrestation d'Achille de Harlay et des membres du Parlement. Cette année (1827), je viens de terminer le tableau qui doit faire pendant aux Seize au Parlement, et qui représente : la Journée des Barricades ; Molé répondant aux factieux qui le menacent de la mort : « Quand vous me tuerez, il ne me faudra que six pieds de terre. » Les salles du Conseil d'État seront, je crois, ouvertes au public en janvier prochain; on y verra mes deux tableaux.

Pendant mon séjour en Italie, j'ai occupé quelques moments de loisir à réunir de nombreux dessins, que je considérai d'abord comme autant de souvenirs des scènes familières, des costumes et des usages du peuple que gouverne le Saint-Père. Des notes nombreuses ajoutées à ma collection en faisaient le complément. De retour à Paris, on me conseilla de publier mon recueil. Je le fis, et lui donnai pour titre : Un an à Rome et dans ses environs. J'ai mis près de quatre ans à cet ouvrage ; il a été terminé cette année ; j'en suis éditeur.

A l'âge de quinze ans, je commençai les études de dessin. J'ai été assez heureux que de remporter les prix et les médailles dans les concours de l'Académie. Le prix du « torse » ou demi-figure peinte, grandeur naturelle, m'ayant été décerné à l'unanimité par les professeurs de l'Académie, on obtint à ce sujet mon exemption de la conscription, accordée par le souve-

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