‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 54 sur 116 · A.-J.-B. THOMAS · texte numérisé non relu

A.-J.-B. THOMAS

rain lui-même, faveur que je dois en partie aux démarches toutes paternelles de M. Vincent, mon maître, et de M. Mérimée, secrétaire général des Écoles. J'ai remporté le second prix de peinture en 1813. Cette année, le concours ayant paru assez fort pour récompenser les élèves qui avaient eu le . bonheur de se signaler, on a décerné quatre prix et une mention honorable. Sur dix concurrents, cinq ont été récompensés.

En 1816, j'obtins le grand prix. Mon maître, M. Vincent, était près de quitter la vie. Il se fît porter mon tableau devant son lit et me dit d'une voix faible : « Vous allez partir pour l'Italie, à Rome vous trouverez M. Thévenin, mon élève, qui est directeur de l'Académie; les pensionnaires peintres, MM. Léon Pallière, Forestier, Picot, Alaux, sont aussi mes élèves. Vous, mon ami, êtes le dernier des élèves que j'ai faits; ainsi, tous les peintres que l'on comptera à l'Académie de France à Rome sont sortis de mon atelier. Je puis mourir content. »

Voilà, Monsieur, à quoi se borne tout ce qu'on peut dire de moi dans le Dictionnaire historique que vous rédigez et que vous allez publier. Le reste de ma vie est de trop peu d'importance pour en occuper le public, et c'est déjà beaucoup de vouloir bien lui mettre mon nom sous les yeux; je sens tout l'honneur que vous voulez bien me faire, et vous en exprime mes remerciements.

Agréez, Monsieur, mes civilités très respectueuses, Thomas.

[Hue Neuve et place Saint-Georges, nouveau quartier d'Antin.

On ne se souvient plus guère aujourd'hui du peintre Antoine-Jean-Baptiste Thomas, mort en 1834, à quarantetrois ans, après avoir produit un assez grand nombre de tableaux d'histoire. Le renom de cet artiste laborieux n'a point survécu au mouvement de 1830. La lettre que nous publions renferme quelques lignes curieuses sur Vincent. Adressé à François Grille, dans le but de l'aider à la composition de son Dictionnaire des Artistes, l'autographe qu'on vient de lire est conservé à la Bibliothèque d'Angers.

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