DE 1806 A
La première pierre a été posée le 15 août 1806, sous le ministère de M. de Champagny.
Les fondations : dix-sept assises en pierre de taille ; hauteur d'ensemble 8m,37 au-dessous du sol.
La disposition forme quatre piliers ; au milieu de chacun, un vide circulaire. Dans les deux de la face de Neuilly sont les conduites pour la chute des eaux supérieures ; dans ceux de la face de Paris sont des escaliers pour monter sur le monument.
La largeur totale du monument est de 44m,82; la hauteur est de 45m,33.
L'attique est orné de pilastres entre lesquels sont des écussons où seront gravés des noms de batailles.
La frise est ornée d'un bas-relief continu de 400 pieds de développement ; les figures ont 6 pieds de hauteur.
La face de Paris et la moitié du retour représentent le Départ des Armées ; au milieu, les représentants du peuple distribuent des drapeaux aux différents chefs.
Les sculpteurs, pour cette moitié, sont MM. Jacquot, Brun et Laitié.
La face de Neuilly et la moitié du retour repré-
ABEL BLOUET
sentent le Retour des Armées ; au milieu, la France, accompagnée de la Prospérité publique et de l'Abondance, distribue des couronnes aux chefs.
Les sculpteurs, pour cette autre moitié, sont MM. Rude, Caillouette et Seurre aîné.
Au-dessous de l'entablement, six grands basreliefs :
Face de Paris, les Funérailles de Marceau. (M. Lemaire.) Victoire d'Aboukir. (M. Seurre aîné.)
Face de Passy, Bataille de Jemmapes. (M. Marochetti.)
Face de Neuilly, Passage du pont d'Arcole. (M. Feuchère.) Prise Alexandrie . (M. Ghaponnière. )
Face du Roule, Bataille d'Austerlitz. (M. Gechter. )
Les quatre grandes Renommées des faces de Paris et de Neuilly sont de M. Pradier.
Au bas du monument, au lieu de trophées, sont des groupes allégoriques.
Ceux de la face de Paris sont le Départ des Armées. (M. Rude) et le Triomphe (M. Cortot); ceux de la face de Neuilly, la Résistance et la Paix, tous deux par M. Etex.
Sous les petits arcs transversaux, sont quatre basreliefs représentant les victoires du Midi, du Nord, de YEst, et de YOuest, par MM. Gérard, Espercieux, Bosio neveu et Valcher.
Dans les tympans des quatre petits arcs seront représentées V Artillerie, la Cavalerie, V Infanterie et la Marine, par MM. De Bay père, Valois, Bra et Seurre jeune.
A l'intérieur du monument sont des salles, ou vides de construction, nécessités par la combinaison des
voûtes et la décoration extérieure ; la plus grande de ces salles, construite dans la hauteur de l'attique, peut être ornée de monuments à la gloire de nos armées.
Le monument est aujourd'hui terminé par le socle qui couronne l'attique ; pour ce qui doit former la décoration supérieure, il n'y a rien d'arrêté.
Les architectes qui ont successivement dirigé les travaux sont MM. Chalgrin, qui mourut en 1811, puis M. Goust, ensuite M. Huyot, puis la Commission composée de MM. Gui de Gisors, président, Fontaine, Labarre, Debret et Goust, puis ensuite M. Huyot; aujourd'hui M. Blouet.
Quant au changement de la place du monument, il n'en est pas question jusqu'à présent ; on s'occupe seulement de terminer l'Arc.
Il sera nécessairement entouré de bornes et d'une barrière pour qu'on ne puisse pas s'approcher des constructions.
Toutes les sculptures sont en pierre de Chérence ; il n'y aura pas de marbre ni de bronze, à moins qu'on n'en mette au couronnement. Tout le mur du monument est en pierre de Château-Landon.
On espère que le tout sera terminé à la fin de 1835.
Abel Blouet.
Bibliothèque d'Angers. Manuscrits. N° 1048. — Abel Blouet, nommé, en 1832, architecte de l'Arc de l'Étoile, en remplacement de Huyot, fut chargé de rédiger un mémoire sur l'état des travaux exécutés, les artistes appelés à décorer le monument, le temps qu'exigerait l'achèvement de l'Arc. Il s'acquitta de cette mission en traçant les pages qu'on vient de lire. Elles ont, malgré leur sèche-
ABEL BLOUET
resse, la valeur d'une monographie réduite du monument qu'elles concernent. Nous avons visé ce document dans Y Inventaire des richesses d'art de la France, monographie de l'Arc de l'Étoile, mais, on le comprend, il ne nous était pas possible de le reproduire in extenso dans notre étude, nécessairement succincte. Il étaî bon qu'il fût mis au jour.
GAVARNI