‹ Les maîtres peints par eux-mêmesChapitre 74 sur 116 · ARBITRAGE D'ARTISTES · texte numérisé non relu

ARBITRAGE D'ARTISTES

Nos lecteurs connaissent le livre d'Edmond et Jules de Goncourt, Gava?mi, V homme et l'œuvre1. Il est difficile d'ajouter à la physionomie du spirituel dessinateur après le portrait, pris sur le vif, que nous ont laissé de lui les deux critiques. Ils avaient été, avec Sainte-Beuve, Théophile Gautier, Balzac, les habitués du petit salon de la rue Fontaine -Saint- Georges. Notre génération n'a recueilli que l'écho de ce temps d'aventures, de travail, de conceptions audacieuses, d'ardente jeunesse. Cependant, il nous arrive parfois de retrouver une page déchirée du portefeuille de ces prodigues, une perle de leur collier.

Tel est aujourd'hui le cas pour Gavarni. Ses biographes nous apprennent que « vers la fin de 1833, las de mettre ses dessins dans les journaux des autres, encouragé par l'exemple tentant de Girardin, et de la fortune de la Mode, se sentant derrière lui une clientèle, le public du monde élégant, Gavarni se risquait à réaliser le projet qu'il caressait depuis longtemps, de « mettre, pour ainsi dire, ses « lithographies et sa copie dans leurs meubles 2 ». Ce fut le 6 décembre 1833 que l'artiste-éditeur publia le premier numéro de son Journal des Gens du monde. Hélas 1 les tracas de l'administration, le surcroît de labeur que Gavarni dut s'imposer pour tenir à la fois une plume, un crayon et le livre d'abonnements, ses courses sans fin, à la recherche de capitaux nécessaires, et toujours introuvables, laissèrent

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