J78 APPENDICE
mée dès ce moment; mais n'ayez pas peur, quoique femme, je sçay garder un secret, je suis fort de votre avis et croit que cela sera très glorieux pour luy, et quil n'i a que lui capable de remettre ces troupes comme il seroit à désirer quelles fussent ainsi que les testes qui me paroissent en fort mauvais état par Teffroy qui gagne presque tout le monde; il est vray que nous sommes dans un moment bien critique; le Roy le sent mieux qu'un autre, etpour Tenvie d'aller, je vous répond qu'elle ne luy manque pas ; mais moi , ce que je désirerois, c'est que cela fut généralement approuvé et qu'au moins il recueillit le fruit qu'une telle démarche mériteroit; pour un début ne faudroitril pas faire quelque chose et d'aller là pour rester sur la deffencive, cela ne seroit-il pas honteux, et si d'un autre côté le hazard faisoit qu'il y eut quelque chose avec le prince Charles, on ne manqueroit peut-astre pas de dire qu'il a choisy le côté où il y avoit le moins d'aparence d'une affaire. Je vous fais peut-estre là des raisonnemens qui n'ont pas le sang commim; mais an moins j^espére que vous me dire tout franchement que je ne sçay ce que je dis. N'imaginez pas que c'est que je n'ay pas envie qu'il aille, car au contraire, premièrement ce seroit ne pas luy plaire, et, en second lieu, tout ce qui pourra contribuer à sa gloire et Télever au-dessus des autres rois, sera toujours de mon goût. Je croit, monsieur le maréchal, que, pendant que j'y suis, je ne sçaurois mieux faire que de prendre conseil de vous généralement sur tout; j 'admet que le Roy parte pour l'armée; il n'a pas un moment à perdre et il faudroit que cela fut très promt. questque je devendere, est-ce qu'il seroit impossible que ma sœur et moy le suivassions, et au moins si nous ne pouvons pas ' aller à Farmée avec luy nous mettre à portée de sçavoir de ses nouvelles tous les jours. Ayez la bonté de me dire vos idées et de me conseiller, car je n'ay point d'envie de rien faire de singulier et rien qui puisse retomber sur luy et luy faire donner des ridicules. Vous voyé que je vous parle comme à mon amy et comme à quelqu'un siu'qui je compte, n'estce pas avoir un peu trop de présomption, mais ces fondée, monsieur le maréchal, sur les sentîmens d'amitiés et d'estime singulière que vous a voué pour sa vie votre ritournelle. Je crois
qu'il est bon de yom dire que j*ay demandé au roy permi^&io^ de vous escrire sw ces maUere^'là et que c'est avec squ ab^ probatiou» )»
« A FonUinebleai», ee 16 sej^tembre, 1743.
a Je ne puis pas laisser partir le courrier, monsieur le maréchal, sans vous remercier de votre lettre. Je la trouve telle qu'elle est, c'est-à-dire on ne peut pas mieux et on ne peut pas plus sensé de tous les points, même jusqu'au dernier; mais, monsieur le maréchal, j'ay des coliques qui ont grand besoin que Ton leur aporte remède, et je crois que les eaux de Plombières seroit merveilleuse et qu'il ni a que cela pour me guérir. Si ce n'est pas cette année, au moins Tannée prochaine. Je ne peus pas aller plus loin. Adieu, monsieur le maréchal, santé, bonheur et prospérité je vous souhaite et en vérité de bien bon cœur. Si le duc dayen est encore en vie, je vous prie d'avoir la bonté de luy dire mille choses de ma part. »
« A Versailles, ce 11 mai.
« Que vous este heureux, monsieur le maréchal, vous este avec le Roy. que vostre ritournelle est malheureuse, elle est éloigné du roy, vous allé voir le Roy toute la journée, moy je ne le veré peut-estre que dans cinq mois, c^est bien affreux, mais vous ne me plainderé pas, car vous avez bien autre chose à penser, aussi je ne m'y attend pas. Je oonnois votre attachement pour le Roy, ainsi je ne suis pas en peine du soin que vous prendrez de sa personne, l'on peut s'en rapporter à vous. Adieu, monsieur le maréchal, vous devé sçavoir à quoy vous en tenir sur l'amltiés que je vous ay voué depuis bien longtemps. »
« A Plaisance, ce 16 mai 1744.
(n Je vous rend mille grâces, monsieur le maréchal, du bulletin que vous maves envoyé. Je suis, je vous assure, bien