‹ Les majoliques italiennes en ItalieChapitre 17 sur 54 · Litta, Famiglie celebri d'Italia^ fascicule Bentivoglio · texte numérisé non relu

Litta, Famiglie celebri d'Italia^ fascicule Bentivoglio

laquelle Niccolo deir Arca sculpta la statue, qu'il faut placer la confection du pavage en majoliques. Cette date est sinon certaine, du moins très probable ; elle a en tout cas l'avantage d'expliquer l'énorme différence qui existe entre ces majoliques et celles de San Petronio.

Un 1res grand nombre d'églises et de monuments de Bologne sont ornés de bassins ou de briques vernissées de diverses

couleurs. M. Frati a mentionné un certain nombre des monuments qui sont ainsi ornés ^ Ces bassins sont généralement verts, bleus, ou bleus et blancs ; beaucoup d'églises de Bologne portent sur leur façade encastrée dans le mur, une grande croix de marbre, dont .les quatre branches sont ornées à leurs

I. Dans un article critique sur les Memorie storiche do docteur Malagola, publié dans la Nuova Antologia, n* du i*' octobre 1880.

extrémités de quatre bassins ; c'est ce que Ton peut observer à San Giacomo Maggiore, église dont la corniche a de plus reçu une ornementation analogue. Le cloître de Téglise San Stefano possédait aussi autrefois une série de bassins, mais il n*en reste presque plus de traces. On peut voir dans le même cloître et faisant partie du mur de Téglise des disques de tetfe cuite sur lesquels sont représentés en creux des couronnes de laurier qui contournent une petite rosace centrale ; sur le même mur se voient des étoiles formées d'un bassin de terre cuite non vernie et de briques en forme de segments de cercles, fabriquées spécialement pour cet usage. C'est peut-être, comme nous l'avons dit plus haut, dans la persistance de ces appareillages bizarres qu'il faut rechercher l'origine de l'usage des bacini dans l'architecture italienne; cet usage a été adopté non seulement pour les églises, mais à Bologne même nous en trouvons des exemples dans des édifices d'architecture civile. C'est ainsi que l'arc en cintre brisé de l'une des portes du palais Pepoli est orné de plaques de terre cuite émaillée de blanc et de manganèse de façon à former un dessin échiqueté. La porte du Change de Pérouse est ornée de la même façon ; de ces deux édifices Tun est à coup sûr antérieur au xv^' siècle et nous n'avons aucun doute sur l'émail qui recouvre ces poteries : il est bien stannifère. Quant à supposer qu'on les a mises en place postérieurement à la construction du monument, ce n'est guère vraisemblable ; on ne se serait pas donné la peine d'ajouter après coup une décoration aussi insignifiante et qui modifie aussi peu l'aspect général de l'édifice.

Comme nous l'avons déjà dit, nous n'avons point l'intention de décrire les majoliques que possède le musée de l'Université de Bologne. Qu'on nous permette cependant une observation au sujet d'un grand vase qui porte la signature dont nous donnons le fac-similé ci-contre.

Vasari, dans la vie de Bernardo Buontalenti^, cite uncer-

I. Edition Le Monnier, t. XIII, p. 179. Nouv. édit., t. VII, p. 6i5.

tain Giulio da Urbino qui faisait des vases pour Alfonse II, duc de Ferrare^ ; or un Giulio da Urbino n'apparaît dans les comptes qu'en i56g et encore ne travaille-t-il pas à Ferrare mais à Tivoli, dans la villa du cardinal Hippolyte d'Esté ; M. Campori^ en a conclu que Vasari s'est trompé sur le prénom et a confondu cet artiste avec d'autres Urbinâtes, Camillo et Battista, qui travaillaient en effet pour le duc. M. Frati, au contraire^, allègue à l'appui du dire de Vasari la signature du vase du musée de Bologne. Cela ne peut , à ce qu'il nous

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semble, être présenté sous une forme affirmative ; le nom de Giulio est trop commun pour qu'on puisse affirmer que l'artiste qui travaillait à Rimini en i535 est le même que celui qui travaillait à Tivoli en iSôg, c'est-à-dire trente-quatre ans plus tard.

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