LORETTE
Nous ne dirons que peu de mots de ces quatre villes. A Ravenne, on trouve quelques majoliques à la Biblioteca Classense. Presque toutes celles qui ont de la valeur ont été signalées et décrites par M. Malagola ; nous n'y reviendrons donc pas, nous réservant d'utiliser ces renseignements dans la rédaction du catalogue du Louvre. — Nous en dirons autant de Faenza. A Faenza, aucune des pièces qui se trouvent au musée ne mérite d'être notée et quant à celles qui forment le musée de la fabrique Ferniani, elles appartiennent, sauf deux ou trois pièces, à une époque dont nous ne nous occupons pas, à la fin du XVII" et au xviii<> siècle ; ce sont des produits qui ne ressemblent pas mal aux faïences françaises de la même époque et qui n'ont absolument rien de commun avec les majoliques du xv« et du xvi« siècle. Quant à Urbino, qui pendant si longtemps inonda l'Europe de ses produits, le compte des pièces qui y sont restées est facile à faire : une douzaine de pièces de la décadence au musée, et chez les particuliers un plat qui n'y est peut-être plus à l'heure qu'il est; il se trouve dans la maison Castracane. C'est un grand plat circulaire sur lequel est représenté au centre le Jugement de Pâris^ d'après l'estampe de Marc-Antoine; les bords sont ornés de grotesques et de rinceaux en grisaille sur fond bleu lapis. On l'attribue à Orazio Fontana, mais comme nous n'avons pu voir le revers, nous n'osons nous prononcer. En tout cas, nous le trouvons, et
comme dessin et comme modelé, supérieur à toutes celles des œuvres du maître que nous connaissons.
Parmi les majoliques du musée d'Urbino, nous ne trouvons à signaler que quatre pièces. D'abord, un petit bas-relief représentant la Vierge et TEnfant Jésus; dessin bleu, fond bleu, reflets métalliques jaune et rouge ; il n'est pas sans analogie avec le bas-relief du musée du Louvre signé : Perestino i536. — En second lieu, un plat que nous attribuons à Castel Durante, sur lequel sont dessinés des feuillages en bleu modelé de jaune, sur fond bleu lapis; il porte la date i35o; un grand tableau carré (i™,3oXi™)3o) composé de cinq pièces de majoliques ; il représente San Giorgio ou San Criscentino combattant le dragon ; c'est une pièce du xvii« siècle, d'un dessin passable, mais d'un ton jaune fort désagréable. Enfin, signalons un plat de la décadence et que nous serions fort en peine d'attribuer à une fabrique connue. On y voit une femme évanouie portée sur une litière, précédée de guerriers et d'enfants tenant des cierges ou sonnant de la trompette, et suivie d'un roi accompagné de quelques personnages (probablement Tuii des épisodes de l'histoire de Psyché); dessin en manganèse, modelé en jaune; draperies traitées en bleu et en manganèse. Cette pièce est signée, sur la face :