FECIT
Le ton général rappelle Castelli,
Il nous reste à parler de la pharmacie des ducs d^Urbîil, conservée à Lorette, ou plutôt à expliquer pourquoi nous ne nous y arrêterons pas longtemps. Les 348 pots dont se compose aujourd'hui la pharmacie sont tous de la même époque, c'est-à-dire du milieu du xvi« siècle. Les peintres de majoliques avaient alors atteint, au point de vue de la technique de l'art, la perfection; mais la décadence s'annonçait déjà; nulle
originalité, nulle largeur dans le dessin, ce sont des copies serviles de l'œuvre des graveurs de la première moitié du xvi« siècle. Quant à la couleur il vaut mieux ne pas en parler; c'est toujours le même trait bleu, modelé de bistre, les mêmes draperies modelées de bistre rouge, les mêmes paysages de convention. Pour tirer profit de Tétude des vases de la pharmacie de Lorette, il faudrait pouvoir les comparer avec les mêmes sujets peints sur des plats ; on pourrait ainsi déterminer beaucoup de sujets, restituer nombre de pièces à leurs véritables auteurs. Mais cette comparaison est, à Fheure qu'il est, à peu près impossible ; il n'existe aucune photographie de ces pièces et, à moins d'une mémoire surhumaine, il est bien difficile de faire à distance d'aussi nombreuses comparaisons. D'ailleurs, le même résultat peut s'obtenir par l'étude des pièces signées de la même époque, qui existent dans différentes collections. Ces vases n'offrent pas cet avantage, puisque l'on ne sait encore au juste s'ils furent tous fabriqués à Castel Durante, ou en partie dans cette dernière ville, en partie à Urbino, en partie à Pesaro. Tout ce que l'on peut avancer, c'est que la majorité de ces pièces-semble sortir de la fabrique des Fontana; et, en dépit de tout ce que l'on a pu dire des merveilles de la pharmacie de Lorette, nous ne connaissons rien qui fasse mieux sentir la décadence profonde de l'art delà majolique dès le second tiers duxvi* siècle, que la vue de ces trois cent quarante-huit pots dont les formes n'ont rien de particulièrement gracieux.