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de celle d'où sont sortis les pavages de San Pietro, de celle de Deruta.
Si nous rapprochons maintenant ces plats borde's de quartiers d'imbrications et de rinceaux d'autres pièces, telles que G 48, G 109, G 1 10, bordées d'imbrications et de fleurons ou de fleurons seulement, nous serons aussi forcé de rattacher ces derniers à la même fabrique. Si nous comparons d'autre part ces pièces avec les grands plats à reflets chamois, nous y trouverons les mêmes dessins traités en camaïeu, les mêmes formes, les mêmes dispositions; la comparaison des vases à reflets ou sans reflets nous fournirait les mêmes conclusions, plus certaines encore, puisqu'ici nous pourrions tirer des arguments du galbe même des pièces.
Nous savons parfaitement que notre argumentation ne tend à rien moins qu'à dépouiller complètement Pesaro au profit de Deruta. A vrai dire, nous conserverions volontiers cette gloire à Pesaro, seulement nous voudrions que la patrie d'adoption de Passeri nous présentât d'autres preuves que le livre de Passeri lui-même. Passeri est le premier qui ait tenté de voir un peu clair dans l'histoire de la céramique italienne; nous ne lui contesterons pas ce mérite, mais quant à accepter ses opinions, il n'y faut pas penser; il s'est fait un devoir de trouver partout la main des potiers de Pesaro ; il en a fait une véritable question d'amour-propre, mais nous ne voyons pas pourquoi nous prendrions aujourd'hui parti dans ces querelles de clochers. Quant à chercher, comme l'a fait M. Jacquemart*, à établir les caractères techniques des deux écoles de Pesaro et de Deruta, cela nous semble absolument chimérique : établir un classement sur de légères différences d'irisation, différences qui varient et avec la cuisson et avec l'intensité du jour auquel on expose la pièce pour l'étudier, c'est là une théorie qui ne peut être admise. Ne cherchons donc pas à confirmer par l'étude des monuments les assertions très hasardées de Passeri
I . Notice sur les majoliques de la coll. Campana, Gaz. des B.-Arts,oct. 1862.