‹ Les Mal-vivants, ou, Le Brigandage moderne en ItalyChapitre 10 sur 22 · LES MAI.-V1VANT · texte numérisé non relu

LES MAI.-V1VANT

archers complices du lieutenant étani tombé au pouvoir de Decesaris, celui*ci lui arracha lo cœur.

On mil alors la lèle de cette bëte féroce au pun de trois mille écus.

Cependant, la Providence avait enfin marqué le terme d'une vie souillée par tant de forfaits.

Un jour de mars 1819, Decesaris et sa bande se trouvant dans un bois d'oliviers, non loin de Prossedi, un de ses hommes, Antonio Napoleoni« se hasarda à descendre jusqu'au bord de la voie publique, où il savait que l'attendait sa maîtresse.

Le chef, dit Masi, était nonchalemmcnt appuyé à un arbre, sur la hauteur, chantant une cantilena et rôvant sans doute à de nouvelles vengeances.

Pendant que les amants étaient en train de causer, passèrent deux gendarmes à cheval. Napo* leoni, agacé sans doute à la vue de Tuniforme, eut l'imprudence de leur tirer un coup de fusil.

Les gendarmes piquèrent de& deux, non dans la direction d*où partait le coup, mais dans celle de Prossedi, où ils arrivèrent tout émus, en criant aux armes I

Selon les ordres récents, les archer:^ étaient en permanence sur la place du village. Ils se relevaient par quart, de six heures en six heures.

Au récit des gendarmes, un des homn^es de garde, nommé Ciaffolto, se tourna vers ses camarades, et

désignant flii geste la plus haute cime d'une, montagne siUiée au nord-ouest de Prossedi :

— Il y a trois mille écus à gagner là-haut, s*cjcria-t-il; que ceux qui ont du cœur et de bonnes jambes me suivent!

Toute l'escouade et les deux gendarmes suivirent CialTolto dans la direction indiquée.

Dès que Dccesaris eutentendu le coup de feu tiré par Napoleoni et qu'il en sut la cause, il fit plier bagage, se dirigeant vers le point culminant de la montagne, d'où il devait planer sur le village môme, voir la direction que prendrait la force armée et déjouer plus facilement les recherches dont il se doutait bien que lui et sa bande allaient être l'objet.

Seulement, pendant que les mal-vivants gravissaient d'un côté, les archers gravissaient de l'autre.

Ceux-ci étaient partis plus tôt ou allaient peutêtre plus lestement, car Giaffotto et l'un des gendarmes, arrivés les premiers, eurent le temps de se cacher derrière une espèce de parapet qui longeait la dernière montée.

Decesaris, grimpant à huit ou dix pas en avant de ses compagnons, arrivait plein de confiance et l'escopeUe sur Tépaule.

L'anhiT et le gendarme étaient à genoux, le doigt sur la gâchelle du fusil et retenant leur respiiatton.

Comme Decesaris passait devant eux, une double détonation se répercuta, d'écho en écho, dans les flancs de la montagne, et le brigand tomba frappé mortellement de deux balles. Tune au front, l'autre en pleine poitrine.

C'en était fait de Decesaris.

On tira, le soir môme, un feu d'artifice à Frosinone, et toute la délégation fut illuminée.

Antonio Vittori. — FulgenzioGiammaria. — Le berger Pechino.

— L*un pour l'autre. — Nicole Spezza. — Travailler pour le roi de Prusse. — Trombetla et Pilotti. — Du désagrément d'être riche. — La vUla Salvatori. — Un domestique dévoué.

— Mort de Domenico Mangiafighi. — 7/ Campo-Lupino. — Triple enterrement. — Angeio Caladeï. •— Position intéressante. — L'expédient d'un bon père. — Le chevalier Mengacei. — Le révérend père Locatelli. — Sauf-conduit. — Gennaro Gasparoni et sa bande déposent les armes à Terracine.

Decesaris était mort, mais le reste de la bande avait pu s'échapper.

Massaroni aurait dû on être le chef, mais il était alors réfugié dans le royaume de Naples, et en non activité de brigandage, par suite d'une blessure, morlclle pour toutautrc, reçue dans une rencontre avec la force armée.

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Antonio Vittori exerçait Vintérim.

En ce temps. Je gouvernement romain faisait cadastrer la délégation de Frosinone, sans en excepter les montagnes, et plusieurs arpenteurs avaient été envoyés de Bologne.

Ces arpenteurs se faisaient accompagner dans leurs travaux par un indicateur et deux manuales ou hommes de peine.

A la même époque vivait à Patrica, un nommé Fulgenzio Giammaria, d'abord tailleur de pierre, très-bon géomètre, et devenu, on ne sait trop comment, l'un des plus riches propriétaires du pays.

Ceux qui avaient été autrefois ses égaux le détestaient à cause de ses richesses qu'ils prétendaient, à tort sans doute, être le résultat de la sueur du peuple exploité par lui.

Giammaria avait été collecteur de l'impôt sur la mouture, et ces fonctions, naturellement détestées des contribuables, n'avaient pas peu contribué à augmenter l'antipathie dont il était l'objet.

Or, ce Giammaria, habitué dès sa jeunesse à une vie active, s'était offert, par désœuvrement, à accompagner comme indicateur le géomètre chargé d'opérer dans les environs de Patrica; si bien que ses ennemis faisaient ouvertement des vœux pour qu'il tombât, quelque jour, dans les mains dos brigands.

Il se trouva malheureusement un berger, nom-

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