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blié ses souliers dans le cachot et voulant aller les chercher, sa mère lui dit en l'en empêchant :
— ' Mon cher enfant, nous allons à la mort; tu n'as plus besoin de souliers. Prie seulement le bon Dieu qu'il nous fasse miséricorde.
En sortant du village le lieutenant, au lieu de se diriger vers Frosinone, prit le chemin de Terracine. A moitié route, il fit faire halte aux archers et tua de sa main la femme de Deceiaris. Ce fut le signal du massacre des prisonniers. Treize victimes restèrent sur la place.
Gela se passait le lendemain de l'assassinat du commissaire Rotoli, 14 août 1818.
Hâtons-nous d'ajouter que le lieutenant et les archers furent condamnés, de ce fait, à un emprisonnement perpétuel. Seulement on les gracia au bout de deux années de séjour au bagne de Givita- Vecchia.
A partir de ce moment jusqu'à la mort de Decesaris, que nous raconterons tout à l'heure, ce ne fut plus qu'une succession de meurtres et de repré* saiîles qui font frémir.
Decesaris et Vittori n'ayant plus de famille, commencèrent par brûler leur propre maison et détruisirent leurs troupeaux; ils tuaient pour tuer, et pas un des malheureux qui leur tombaient sous la main ne trouvait grâce devant eux.
Pietro Masi rapporte que le frère de l'un de*