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ports avec les brigands, et, comme l'avait prédit Gasparoni, il fut condamné au gibet.
Ce qui prouve qu'une bonne action ne porte pas toujours sa récompense, ici-bas, bien entendu.
Du reste pour la première fois depuis tant d'années, le banditisme allait faire de nombreuses pertes.
Dans une rencontre avec la force armée, le brigand Lattanzi fut blessé; on le laissa en garde à plusieurs de ses compagnons, mais deux d'entre eux, Ciavaglia et Mandatori, ayant été chargés d'aller chercher de la neige pour en faire de l'eau, le premier tua le second, et porta sa tête à Frosinone, laquelle lui fut payée comme d*usage.
Cinq novices, abandonnés à eux-mêmes et ne sachant que devenir, couraient la montagne, traqués par les gendarmes. Francesco Villori, Fainotti et San-Giuliani ne trouvèrent d'autre moyen de sauver leur trois lôtes qu'em coupant celle de leur camarade Marsili. Le cinquième, blessé par la force armée, ne tarda pas à être pris, condamné et exécuté.
Des trois traîtres on fit trois archers.
Le blessé Lattanzi, découvert à son tour, fut tuô par un berger. Les bergers, comme tous les faibles, étaient toujours du côté du plus fort. Or, les plus forts en ce moment-là, c'étaient les gendarmes. Chacun son tour.
Doux autres bergers altcignirenl morlellemeni Felice, qui, préposé à la garde de Lattanzi, rayait abandonné.
Chacun de ces coups de fusil valut deux mille cinq cents francs à leur auteur.
Pellegrini, Orefice et Martella tombèrent également sous les coups des habitants du pays.
Pendant ce temps, les bandes de Gasparoni, de Minocci et de Magari vivaient dans l'abondance et la quiétude au plus haut des montagnes des Abruzzes. Veut-on connaître le menu qui fut commandé un jour par Minocci pour sa bande, qui se composait de vingt-sept hommes à ce moment-là? Ce menu comprenait deux cents livres de pain, quatre-vingt-dix livres de macaroni, trente-six livres de merluche, deux formes de fromages et deux barils de bon vin. Tout cela fut consommé en moins de deux jours.
Ce Minocci, hardi et vigoureux bandit, n'était pas aussi sanguinaire que les autres chefs. De haute taille et de forte corpulence, comme Gasparoni, il semblait fait pour commander. Du reste, quoique issu d'une très-pauvre famille, il tenait peu à l'argent. Un de ses compagnons et lui-même ayant été volés de leurs économies, le premier se désolait et faisait le diable à quatre; quant à Minocci, il riait et disait : c Ma foif celui qui la fait est un voleur plus habile que moi, et par consé-
quent plus digne que moi de manger mes deux cents ëcus. »
Sa mauvaise étoile voulut que le 2 janvier 1825, un dimanche, il se trouvât sur le territoire de Palrica. Il connaissait dans Je pays un jeune berger nommé Vallecorsa, qui s'était toujours montré jusque-là un fidèle manutengole. Vallecorsa fui; appelé et envoyé à Patrica pour y chercher une provision de pain. Mais comme son frère venait d'être condamné à mort pour cause de brigandage et que la sentence devait être exécutée à Frosinone dans la semaine même, — circonstance qulgnorait Minocci, — Vallecorsa, au lieu d'aller chercher du pain, courut à la gendarmerie, et, sous promesse de la vie sauve à son frère, se chargea de guider la force armée jusqu'à la retraite des mal-vivants.
Le chef des gendarmes promit tout. Une partie de ses hommes était à Frosinone où elle était allée toucher la paye de toute la garnison ; mais il lui en restait encore un bon nombre. Il divisa sa troupe en trois corps, et plaça chacun d'eux dans l'une des directions par où devait passer inévitablement la bande de Minocci.
Dix-neuf heures venaient de sonner à l'italienne (une heure et demie après midi), Feudi qui veillait à côté de Minocci endormi, entendit un bruit qui lui parut suspect. Celaient les gendarmes qui fai-
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saient craquer sous leurs pas quelques branches sèches. Feudi réveilla Minocci, celui-ci fit lever toute la bande, et, tandis qu'on se consultait pour connattre la cause du bruit entendu, douze coups de fusil partirent à la fois.
Simoni, un de ceux qu'avait entraînés le prêtre Tolfa, tomba raide mort. Les bandits ripostèrent et s'enfuirent du côté de la plaine pour gagner la montagne de Siserno. Ils se heurtèrent à la troupe du capitaine Sarsalia. Les gendarmes, embusqués près des hauteurs qu'ils venaient de quitter, s'étaient réunis sur leurs derrières; il fallut tourner à gauche et se diriger vers le bois de Patrica, distant d'un mille.
La bande allait enfin atteindre ce bois, lorsqu'une nouvelle barrière de fusils se dressa devant elle. C'étaient les gendarmes qui revenaient de toucher la paye à Frosinone, et qui, entendant le feu, s'étaient cachés derrière le gros chêne de la forêt.
Ainsi cernés de toutes parts, les bandits comprirent qu'il fallait forcer le passage ou périr. Us s'élancèrent donc et passèrent, mais non pas tous. Deux hommes de la bande furent tués, et les deux chefs blessés. Feudi eut quatre doigts du pied gauche enlevés par une balle; quant à Minocci, il avait reçu un coup de feu dans le dos, un autre lui avait coupé le tendon d'Achille du pied droit; il marcha encore quelque temps, mais, ses forces l'a-
baDdonnant peu à peu, il tomba et mourut bientôt
Des quatorze dangereux bandits qui se trouvaient réunis le matin devant Patrica, quatre avaient été tués, un était blessé^, sept s'étaient perdus, et les trois derniers, emmenant Feudi, purent se sauver, réservés qu'ils étaient à d'autres catastrophes ou à UQ plus long châtiment.
Une nuit d'angoisses. — Qtie tout n'était pas roses dans la malyiyanee. — Les quarante ëcus de Minocci. — Le carnet de Pietro Mazi. — Les voleurs volés. — Qu'il est parfois dangereux de boire le vin d'autrui. — Les fonds secrets de Gaspa- Toni. — Gertrude Demarchis. — Des bijoux dans leurs rapports ave le cœur des jeunes filles. — Variations sur l'amour. — L'abbé Pellegrini et l'apothicaire de Sonnino. — Deux veuves prématurées.
Nous avons dit que Minocci venait d'être tué dans une rencontre avec les gendarmes, que Francesco Feudi avait été blessé au pied, que neuf autres s'étaient dispersés dans la plaine pour y gagner la montagne de Siserno, et que, des quatorze brigands réunis le matin devant Patrica, il n'en restait plus que quatre, parmi lesquels Feudi, qui ne se fussent pas séparés.
La question était de gagner, avant la force armée, un pont nommé ponte Rotto (le pont rompu) ; il y avait, pour y arriver, toute une lieue à parcourir par des terres labourées et fangeuses dans lesquelles on enfonçait jusqu'à la cheville. Ajoutez que Feudi avait dans la bagarre -perdu la cioccia de son pied blessé (pièce de cuir retenue par des ficelles), et que, comme il était le plus ancien, c'Atait à ses compagnons de la lui remplacer tour à tour par une des leurs.
Le plus expéditif était de s'engager dans la montagne de Siserno, qui était voisine; mais Feudi, prévoyant que, une fois reposé, il ne pourrait plus marcher, voulut doubler Tétape pour se mettre plus en sûreté.
En effet, sa jambe était échauffée par le mouvement, tandis que le lendemain elle lui refuserait sans doute le service.
Masi proposa de s'emparer de la première monture qu'on rencontrerait, mais Feudi s'y opposa, ne voulant laisser aucune trace de leur passage. Il avait aussi intérêt à ce que l'on ignorât qu'il fût blessé, car la force armée, le sachant perclus, n'aurait mis que plus d'acharnement à le poursuivre.
Us traversèrent donc d'une seule traite les territoires de Ceccano, de Castro, de Pastina, de Pico, et arrivèrent, à la pointe du jour, aux environs de
Campo-di-Miele (champ de .miel), non loin de Gaëte, dans le royaume de Naples.
Ils avaient fait plus de dix lieues dans leur nuit. C'était au mois de janvier : le vent soufflait du nord ; ils étaient sans manteaux, sans chapeaux, à demi chaussés, vêtus d'une simple vesle de velours et mourant de faim.
On voit que tout n'était pas roses dans la malvivance, et que véritablement, au choix, le plus agréable est encore de se contenter du peu que l'on a et de ne rien prendre à personne.
Les misérables se réfugièrent dans un petit bois de chênes, où, hanssésde fatigue et tout ruisselants de sueur, ils se couchèrent sur le sol gelé à plus de quatre pouces de profondeur. Pour comble de désagrément, de légers flocons de neige commençaient à tourbillonner.
Je vois d'ici tomber en syncope les petites maîtresses.
Les quatre bandits dormirent néanmoins et se réveillèrent le ventre-creux devant une nappe de neige assez peu servie, car il n'avaient par tête qu'un petit pain noir, et les gourdes ne contenaient plus que de l'air.
Heureusement que, avant d'abandonner le cadavre de Minocci, ils lui avaient enlevé sa patroncina. Elle contenait quarante écus, au moyen des-
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quels ils purent se procurer, à quelques jours de là; des chapeaux et des manteaux.
Quant aux pleurésies, auxquelles ils semblaient avoir tous les droits possibles, Thistorien Masi n*en fait pas ment»on.
Le 15 mars suivant, ils se réunirent à Cas* paroni.
Les notes de Masi contiennent ces légers détails :
€ Le 2 avril, avoir tué deux bergers, contré les« quels nous n'avions pas de griefs personnels, mais parce qu'ils avaient trahi d'autres bandes, à l'époque de la domination française.
Quelle métùoire avaient ces messieurs t
« Le 18 suivant, dans une marche forcée, poursuivis par des gendarmes, nous nous trouvons en face d'une petite rivière qu'il fdllàit franchir; trois d'entre nous tombent en pleifie eau, et sont forcés d'y laisser leurs armes. Un quatrième est atteint d'une balle, et y laisse la vie par-dessus le marché. »
ff Le 5 mai, Lorenzo Pelloni est blessé mortellement dans une rencontre. Nous sommes obligés de l'abandonner, n
Plus tard, son squelette fut trouvé au pied d'un arbre par un berger.
» Le IS suivant, Ciacinto Ceccanese et Francesco Âpponi sont tués par une escouade sous les ordres du brigadier Jesta. Celui-ci porte leurs tôles
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à Frosinone et reçoit la rèoompense allouée en pareil cas.
> Le dix-neuf suivant, dans les bois du prince de Caserte, surpris par la force armée qui nous enlève un poignard incrusté d'or, deux fusils, douze gibecières^ un chaudron, cinquante livres de pain et le quart d'uu porc. •
C'en était fait de la mal-vivance; les voleurs se laissaient voler.
Le vingt-sept suivant, Louis Mattia se constitue prisonnief.
» Le sit juin, Lorenzo Maniconi est pris vivant dans un cabaret de son village, où il était allé se divettir avec d'slnciens camarades.
» Dans la nuit du treize au quatorze suivant, les mal-vivants de t^aolis et Framentozzi se trouvant dans un lieu écarté, le premier coupe la tête ail second, et en fait hommage au délégat.
» Le vingt-quatre suivant (juin) proposition d'amnistie. L'autorité nous envoie du vin empoisonné. Mais le porteur s'avise d'en boire en route ; il meurt quelques instants après dans des convulsions, et cela donne l'éveil. »
Il y avait bien de quoi, en vérité.
« Le trois juillet, nos familles viennent nous visiter, munies d'une carie de sûreté. Elles nous engagent à tuerGiisparoni, moyennant quoi nous se-
rions tous aministiéset récompensés. Nous refusons en les priant de ne plus se charger à Tavenir de pareilles commissions. »
Voilà un beau trait!
f Le douze suivant, enlevé trois frères en plein jour, dans la commune de Marannola. Entrés par la porte du village, nous sommes obligés d'en sortir en franchissant une miuraille. Rançon : trois mille écus.
» Le 18 suivant, Gasparoni se sépare de Magari ; ce dernier emmène six mal-vivants. Il paSsele fleuve Sacco, près de Ponte-Gorvo, et se dirige vers la province d'Aquila. Gasparoni reste dans les États du pape et ne garde avec lui que deiix compagnons : Notargiovanni et Leoni. »
Les incidents de leur criminelle industrie étant naturellement peu variés, nous ne les suivrons pas ][)lus loin.
Si le lecteur s'est avisé de supputer approximativement, d'une part, le montant des vols commis ou des rançons perçues par Gasparoni; d'autre part, la longue durée de ses brigandages, la part faite à ses compagnons, les délateurs à payer, les complices à acheter et l'exessive prodigalité de ce chef qui € éparpillait l'or comme du chêne vis, > peut-être en sera-t-il arrivé à celte conclusion que la balance est inexacte, et que les mal-vivants ont dû soit voler davantage soit dépenser moins.
Masi a trop à cœur de passer pour un historien véridique pour ne pas prévoir cette objection.
Voici comment il y répond :
Il y avait une façon douce et tranquille de buti^ ner qui, chaque jour, faisait entrer, sans bruit et sans éclat, de Tor dans les poches des chefs de bande sans qu'ils fussent obligés de le partager. Cela consistait à mettre à contribution les propriétaires des troupeaux, et cette méthode avait cela de bon qu'elle pouvait se pratiquer partout et en toute saison.
'Le chef avisait, je suppose, un berger, et l'appelait de l'index. Le pauvre diable se hâtait d'accourir et le chef lui ooulait amicalement cette simple phrase dans l'oreille :
— Dis à ton maître que j'ai besoin de telle somme et ne manque pas de l'avoir à ma disposition pour quand je repasserai.
On n*y manquait jamais, pour deux raisons :
La première, que les sommes demandées étaient assez modestes;
La seconde, qu'il y allait de la destruction des troupeaux.
Il ne se passait guère de jour sans que Antonio Gasparoni frappât ou récoltât de pareils impôts. C'était une espèce de capitaliste en voyage, qui, moins la lettre de crédit, trouvait de l'argent tout prêt qui l'attendait là où il daignait passer.
Au milieu d'une existence si périlleuse et si accidentée, Gasparoni trouvait encore le moyen d'avoir le cœur tendre. Il connaissait même les femmes, ce qui est une science assez rare à la poursuite de laquelle beaucoup de personnes très-perspicaces ont perdu tout le latin qu'elles pouvaient avoir.
L'aventure suivante en fait foi : .
Parmi les manutengoles les plus filèles et les plus éprouvés de Gasparoni, était un nommé Demarchis, deSonnino, lequel lui rendait d'éminents services, non à prix d'argent, mais parce que, voyageant beaucoup, il y trouvait l'avantage de ne jamais étrQ arrêté par les mal-vivants.
Ce Demarchis avait une fille jeune, jolie, trèscoquette, très-habile à jouer de la prunelle et trèsamoureuse de parure, à ce que disaient les commères deSonnino. Mais que voulez-vous que disent des commères, qui, n'ayant plus rien à faire pour leur propre compte, passent naturellement le temps à envenimer ce que font les autres?
Cette belle enfant s'appelait Gertrude, un nom assez maussade en thèse générale, mais qui n'en doit pas moins être charmant lorsque celle qui le porte est charmante. J'en demande bien pardon à l'auteur de Tristram Shcindy^ mais, selon moi les jolis yeux font les jolis noms.
Gasparoni avait entrevu deux ou trois fois ce cher trésor chez le manutengole, alors que ses affaires l'y
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appelaient, ei il lui en était resté le plus aimable souvenir.
Or, au mois de septembre 1824, Gasparoni se trouvait avec sa bande aux environs de Sonnino. Chaque jour il envoyait un de ses novices, déguisé en pâtre, dans un petit bois d'oliviers désigné à l'avance, où leniQnuteîigoleeuYoySi'iU de son côté, un homme à lui recevoir les ordres d'Antonio et apporter les vivres pu les vêtements qu'on lui avait demandés la veille.
Un beau jour, Gasparoni s'avisa d'aller lui-même à ce petit bois, et y trouva l'envoyé du manutengole jetant son bonnet en l'air, battant des entrechats, et se livrant à toutes les contorsions de la plus folle gaieté.
— Qu'as-tu donc, Gasparo? lui demanda le brigand.
— J'ai que je me marie, reprit Gasparo en tournant sur lui-même comme un derviche ou comme une toupie, au choix du lecteur.
— Ah ! et avec qui ?
— Avec Gertrude, la fille du patron.
A celte nouvelle, le brigand fronça le sourcil. Il n'admettait pas qu'un autre se permît d'aimer une femme qu'il avait distinguée. Son premier mouvement fut de faire un mauvais parti à l'audacieux, mais le second fut de biaiser et de recourir h la ruse.
Gertrude Demarchis, reprit-il, je connais cela ; elle est laide à faire peur, à ce qu'il me semble.
— Par exemple I c'est la perle de Sonnino.
— La perle I la perle 1 tu me permettras d'en douter. Petite, maigrelette, un peu rousse.-
— Vous voulez dire mince et flexible, la grâce en personne, avec des yeux et des cheveux noirs comme du jais, etdeTespritjusqu'auboutdes ongles.
— On a bien raison de mettre un bandeau à l'Amour, dit Gasparoni en riant. Allons, mon garçon, tu as déjà la grâce de Tétat. Marie-toi et grand bien te fasse t Seulement, il me semblait qu'un gaillard de ta tournure aurait dû s'adresser à mieux que cela.
— Et moi, dit le jeune homme en s'en allant d'assez méchante humeur, je croyais que vous TOUS y connaissiez mieux.
— A propos, dit Gasparoni en le rappelant, j'ai besoin de quelques jolies bagues. Voici vingt écus. Les femmes s'entendant meux que nous à ces bagatelles, tu prieras ta fiancée de me les choisir.
, Le mal-vivant savait que Gasparo était bavard ; il savait que Gertrude était coquette, et ce fut sur ces deux frêles bases qu'il calcula le succès de son entreprise.
Il retourna le lendemain au petit bois, et la première chose que lui dit^ le jeune homme fut ceci :
— Vous êtes cause que j'ai joliment fait rire Gertrude.
— Ah 1 et comment cela ?
— Je lui ai dit que vous la trouviez laide à faire peur.
— Mais c'est une trahison cela I et de quel air a-t-elle pris la chose?
— Elle est allée se regarder dans un miroir, puis elle a haussé les épaules, puis elle a éclaté de rire à en avoir des attaques de nerfs.
— Bon I elle aura été vexée.
— Elle vexée?... allons donc! avec ça qu'elle ignore qu'elle est à croquer, et que tout le monde ne le lui dit pas t
— Tout le monde excepté moi. Et mes bagues?
— Gertrude m'a chargé de vous dire que vous ne pourriez les avoir qu 'après-demain... Ensuite, elle est fort embarrassée, ne sachant pas votre goût... € S'il en est des jolies bagues comme des jolies filles, • m'a-t-elle dit au moment où je partais pour venir ici, c je crois que ton fameux Gasparoni ne doit pas être facile à contenter. »
— Qu'elle les choisisse comme pour elle, reprit le brigand, et ce sera bien.
Gasparoni ne douta pas un seul instant que la belle viendrait elle-même le surlendemain, et que c'était quelque chose comme unr ren&ez-vous tacite qu'elle lui faisait donner par son promis.