TRAITEMENTS
Un bon svstème de culture, un bon choix et un enfouissèment assez profond de semences, et une infinité d'autres préservatifs qui apparaissent au cultivateur prévoyant, suivant les circonstances, atténuent certainement les chances de développement des germes morbides; mais ils restent tout à fait insuffisants, s'ils ne sont pas précédés par la caustication des semences.
Les Fellahs (paysans égyptiens) et les noirs d'Afrique, depuis l'antiquité, soumettent les semences du sorgho à un flambage de paille, pour prévenir le charbon des panicules si redouté par eux sous le nom de homari. Sans le savoir, avec ce rapide flambage ils tuent une bonne partie des spores adhérentes à l'enveloppe des grains.
L'agriculteur européen s'est d'abord spécialement occupé du traitement de la carie, la plus funeste des maladies du
l. M. Pasteur fut aussi amené à diviser en plusieurs espèces des affections charbonneuses des animaux qui paraissaient identiques.
blé, et il a plus tard g-énéralisé sur toutes les autres Ustila- <;inées des céréales. C'est ainsi qu'Olivier de Serres proposa, le premier, de tremper les grains cariés dans Turine avant de les semer. Après lui M. TulP, au commencement du dernier siècle, recommanda le chaulage pour p;-arantir les semences du Blé noir. Ce chaulage, conseillé par M. Tull, consistait à arroser les grains avec une forte saumure de sel marin, à les saupoudrer d'une chaux vive bien pulvérisée, et à bien remuer ensuite pour que tous se ressentent également du mélange.
M. Tillet fut aussi le premier à employer la lessive des cendres^ avec des résultats satisfaisants, et à attirer, avec Tessier, l'attention des cultivateurs sur la nécessité de soumettre leurs semences à quelques opérations préservatrices. Après lui, d'autres procédés purement physiques ou mécaniques (lavages, frictions, vannages, criblages, etc.), peu ou point pratiques et encore moins efficaces, ont été proposés. N'y insistons pas, et hâtons-nous de reconnaître que B. Prévost conçut le premier l'idée de traiter les semences avec du sulfate de cuivre, ayant remarqué le bon état des récoltes d'un cultivateur de Montauban, qui chaulait ses semences dans un chaudron couvert de vert-de-gris.
1. Cet auteur anglais est cité par M. Duhamel dans son Traité de la culture des terres.
2. Tillet, Suite des expériences et réflexions, etc., toc. cit., p. 10 et 41.
118 USTILAGINÉES.
Mathieu de Dombasle préconisa le sulfatage au sulfate de soude, comme ayant l'avantage d'être aussi efficace que le sulfate de cuivre, sans nuire à la végétation des grains, et un grand nombre d'autres agronomes proposèrent à leur tour d'autres corps chimiques, plus ou moins efficaces, tels que le sulfate de fer, le sulfate de zinc, l'acide sulfurique, lacide arsénieux, etc.
Nous allons examiner les principaux corps proposés pour le traitement des grains, et indiquer le mode de leur emploi.
Commençons par la chaux.