il. rz millième de millimètre
rapport entre eux, par exemple dans le cas de culture en verre, et, par des segmentations successives, arriver à figurer une sorte de chaînette (fig. 1 E).
La scissiparité, si elle est le mode le plus fréquent de la reproduction de cette espèce, n'est pas le seul. Celle-ci en possède aussi un autre, celui de la formation des spores, qui naissent dans Tintérieur des cellules. Les cellules destinées à donner naissance aux spores se reconnaissent de prime abord à ce qu'elles deviennent plus grosses que les autres. Pour suivre cependant le développement de ces spores, il faut recourir aux réactifs; le vert et le violet de méthyle paraissent être les mieux indiqués pour cette espèce. En colorant, en effet, ces bâtonnets, on peut observer, toujours par de forts grossissements, que parmi ceux grossis, il en est dont les deux extrémités, fortement colorées, laissent voir au milieu une zone incolore, qui est occupée par la jeune spore (fig. 1 C). Celle-ci se développe aux dépens de la cellule mère, laquelle finit par se réduire à la membrane et à deux petits points, qui occupent ses extrémités. La membrane enfin se dissout, et la spore devient libre.
Les spores sont ovales ou oblongues (fig. 1 C), elles possèdent une membrane cellulaire épaisse, et mesurent 1 (jl à 1 a 7 de longueur sur 0 a à 0 (x 9 de largeur. D'après M. Burill elles restent incolores même sous l'action combinée du rouge d'aniline et de l'acide carbonique. Leur développement en cellules n'a pas encore été observé.
BACILLUS SORGHI. ^2j
La forme en bâtonnets est la plus fréquente dans cette espèce, elle est aussi celle qui a déterminé M. Burill à la classer dans le genre BacîUus. Dans quelques cultures artificielles on a cependant obtenu même la forme de microcoque (fîg". 1 D).
Le B. sorghi se cultive difficilement dans le bouillon de viande ; sa culture, au contraire, est facile sur la pomme de terre, où ses colonies forment une couche mince, non visqueuse, d'un bleu perle; sur l'ag'ar-agar la végétation est moins certaine de réussir, mais les caractères généraux y sont les mêmes que sur les pommes de terre.
Effets de la maladie. — Le B. sorghi puise sa nourriture dans les cellules épidermiques et parenchymateusesen modifiant sinsfulièrement et en brunissant leur contenu. Sous son influence persistante, les altérations des cellules s'étendent de façon à former des taches que nous avons déjà décrites. En attaquant les parties vertes, il détruit la chlorophylle, entrave par conséquent le fonctionnement normal des surfaces de respiration et de transpiration, et rend plus courte l'existence de la plante. Dans les cas légers, cependant, cette dernière atteint ses dimensions normales, et, à part une décoloration, présente son aspect ordinaire. Mais c'est dans les racines que le parasite détermine ses plus graves effets. En attaquant les radicelles il s'oppose à la nourriture parfaite de la plante, et amène le jaunissement de ses organes aériens. Enfin, le microbe, continuant
toujours son action destructive, entraîne le dépérissement complet de ces organes.
Moyens de défense. — La maladie du sorgho à sucre, qui, particulièrement favorisée par les printemps humides et nuageux, peut revêtir, dans beaucoup de cas, un caractère de gravité considérable, paraît être bien limitée dans ses attaques. Elle demande à être mieux étudiée. Les rapports intimes, en effet, entre le parasite et son hôte nous échappent en grande partie. Par la connaissance de ces rapports, et spécialement du mode d'envahissement du parasite, on arriverait peut-être à indiquer des moyens efficaces pour le combattre.
En tout cas, outre sa nature contagieuse, le B. sorghi, d'après les observations de M. Burill, possède la faculté de vivre sur de vieilles tiges fauchées depuis une année. On comprend combien il est indispensable de déchausser ce qui reste de chaume après la moisson, et d"y mettre le feu. On pourrait ainsi, sinon éviter, du moins diminuer les chances de maladie pour Tannée suivante. Enfin, on ne saurait trop conseiller une rotation régulière des cultures dans les champs où le parasite ferait son apparition.
Nous donnons sous forme d'appendice les observations de M. Prillieux sur la coloration et le mode d'altération de grains de blé rose dues à la pénétration de micrococcu.s dans les grains.