II. — EUMYCETES
Le grand groupe des Eumycètes embrasse tous les ordres de champignons proprement dits. Ici nous parlerons de ceux qui nous intéressent spécialement, en commençant par les plus simples :
A. OOMYCÈTES
Le principal caractère des Oomycètes, celui qui en même temps les distingue des autres champignons, est la propriété qu'ils ont de former des œufs, c'est-à-dire des organes de reproduction, qui dérivent, comme nous le verrons, de la suite d'une fécondation sexuelle.
Ils emploient dans ce but les moyens les plus variés, depuis l'isogamie la plus complète jusqu'à l'hétérogamie la plus accusée, et c'est ce qui fait de leur étude un des chapitres les plus instructifs et les plus attachants non seulement de la Botanique, mais de la Biologie tout entière.
En outre, leur mycélium, qui prend d'ailleurs les formes les plus diverses, diffère de celui de tous les autres champignons, parce qu'il n'est pas cloisonné en cellules. Au
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commencement de sa fonction il est quelquefois dépourvu de membrane et doué de mouvements amiboïdes (Ghytridiacées), ce qui le fait ressembler à un Myxomycète.
Cet ordre comprend un certain nombre de familles, dont celles des Saprolégniées et des Peronosporacées sont les principales.
A. — Saprolégniées
La famille des Saprolégniées présente beaucoup d'affinités avec celle des Peronosporées : « Les différences entre « ces deux familles, dit M. Van Tieghem, sont principa- « lement des caractères d'adaptation. » Mais tandis que la seconde intéresse l'agriculteur par plusieurs de ses espèces, qui causent les plus grands torts à un grand nombre de plantes cultivées, la première ^ ne présenterait aucun intérêt pour lui, si elle ne contenait pas le genre Pythium.
1. La famille des Saprolégniées intéresse, dans quelques cas spéciaux, le pisciculteur. Quelques-uns de ses représentants, en effet, attaquent quelques poissons, ainsi que d'autres animaux aquatiques (salamandres, grenouilles, etc.). C'est ainsi que les épidémies prédominantes parmi les saumons, dans les fleuves de l'Angleterre et de l'Ecosse, se caractérisent spécialement par la présence de quelques saprolégniées. D'après les études de M. Huxley, ces champignons pénètrent dans 1 intérieur de lépiderme des poissons par les parties de leur corps qui sont dépourvues d écailles, et ils y provoquent des affections locales ou générales, suivies de graves désordres de l'organisme. Les expériences de M. de Bary semblent cependant mettre en doute cette façon de voir, qui demande encore à être mieux étudiée.
G. PYTHIUM. 29
Genre Pythium
Pringsh. Jahrb. Bd. I. p. 283.
Les différentes espèces, peu nombreuses, de ce g-enre, ne vivent pas seulement dans Teau, les liquides chargés de substances organiques, dans Tintérieur des prothalles de quelques fougères, ou sur les corps végétaux ou animaux en décomposition : bois, insectes, poissons, etc., mais encore elles attaquent la tige des jeunes plantules et d'autres parties des phanérogames cultivées et y provoquent des maladies assez graves.
Le mycélium de ces champignons est formé d'une cellule rameuse avec de nombreux petits noyaux plongeant çà et là des branches absorbantes dans le milieu nutritif. Ses filaments sont cylindriques et plus tard se cloisonnent à des espaces inégaux.
En conformité avec la vie, généralement aquatique, la multiplication s'opère, comme nous allons le voir, non pas seulement par des spores immobiles, exogènes, mais encore aussi par des Zoospores, qui sont de petites spores pourvues pendant quelques temps après leur formation d'appendices filiformes ou cils, au moyen desquels ils peuvent nager dans le liquide, sous l'aspect d'un animal microscopique. C'est de cet aspect qu'elles tirent leur nom (^wov i= animal, cTropoç = germe).
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PYTHIUM DE BARYANUM
Hesse. Pythium de Baryanum, Halle. 1874.
Synonymie. 1874. — Pythium Ecjuiseti. Sadeb. Sitzungsb. d
Bot. Vereins der Prov. Branb. p. 166.
1874. — Lucidium Pythioides. Lohde. Ueber ein paras. Pilze. p. 203.
Ce champignon produit des dommages importants à toute une série de plantes cultivées de différentes familles, dommages qui passent cependant inaperçus à l'œil non exercé delà plupart des cultivateurs. En effet, il attaque généralement les jeunes plantules à peine germées, en leur imprimant une couleur foncée, qui se détache faiblement du fond brun du sol, et échappe ainsi facilement à l'observation. L'agriculteur ne s'en rend compte que plus tard, quand l'accroissement des plantes saines relève d'une façon évidente les vides, plus ou moins nombreux, causés par l'invasion du champignon.
Ce champignon a été observé en Allemagne ^ sur le maïs et le millet. Nous devons à Hesse ^ et à de Bary^ les études les plus précises relativement à ce phénomène morbide.
Caractères extérieurs de la maladie. — En observant attentivement les jeunes plantules attaquées, quand elles