Id. Fung. Europ. 169, 477, 671. Thûm. Fung
Austr. 238, 541, 1084, 1244, 1296. Id. Mycoth.
257, œconom. 151.
Caractères extérieurs de la maladie. — Le meunier blanc apparaît au début de la végétation ^, envahit les jeunes feuilles ; il s'y manifeste par une e(ïïorescence d'un
1. M. Léveillé rapporte que sous le climat de Paris, quoiqu il s'y manifeste d'assez bonne heure, on ne le trouve pas développé complètement.
ERYSIPHE GRAMINIS. 213
blanc grisâtre terne, peu épaisse, jamais grenue ni brillante. Ce duvet peut aussi apparaître sur la graine; il tombe bientôt et laisse à sa place une tache rougeâtre, qui, examinée à l'aide d'une loupe, se montre formée d'une toile d'araignée, pour ainsi dire, constituée d'un g^rand nombre de petits filaments entrelacés de façon à former une sorte de maille dans laquelle se trouvent emprisonnés de minimes corpuscules sphériques, les uns de consistance et de couleur de cire, les autres plutôt durs et noirs.
Si la maladie est plus intense, les feuilles, surtout celles de la partie supérieure, deviennent crépues, se plient en spirale et portent, après le détachement du duvet farineux, une empreinte correspondante dont la couleur de jaune livide passe au rouge brique de plus en plus foncé. Les jeunes plantes attaquées par ce parasite s'alfaiblissent et restent minces et chlorotiques ; elles ont les entre-nœuds arqués, et à partir du nœud supérieur jusqu'au sommet, sont en grande partie desséchées.
Etude botanique du champignon. - — Si, à l'aide d'un fort g-rossissement, on examine au microscope quelques fragments du duvet blanchâtre et farineux que nous avons vu apparaître sur les feuilles, on les voit composés de deux sortes de filaments dont les uns sont longs, transparents, rameux, cloisonnés, légèrement jaunâtres ; c'est le mycélium du champignon ; les autres, qui prennent naissance des premiers, sont plus courts, simples, le plus
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souvent dressés et portant à leur extrémité une série de 6 à 8 spores, elliptiques, placées les unes à la suite des autres, qui se détachent à leur maturité et tombent sur le mycélium ; c'est à ces filaments que Trévisan donna le nom de filaments conidifères.
Les petits corps noirs que nous avons vu nicher au milieu de ce feutre se présentent au microscope sous forme de globules déprimées à leur sommet, qui, ayant une couleur blanchâtre et une consistance molle au commencement de leur formation, brunissent et durcissent avec Tâge et finissent par acquérir une coloration noire.
Tandis que la première partie du champignon, formée par les deux sortes de filaments que nous avons vus, était tenue par les anciens mycologues comme une espèce à part et désignée tout d'abord sous le nom de Botrytis simplex, BB. nioniliis par Albertini et Schweinitz, les corpuscules noirs n'avaient, aux yeux de de Candolle, aucun rapport génétique avec les filaments qui les entouraient et sur lesquels, selon lui, ils menaient une vie parasitaire.
Presque tous les mycologues de la première moitié de ce siècle admirent l'autonomie de chacune de ces deux formes, en conservant les noms désignés par leurs auteurs ou bien en les rapportant à des groupes ou genres voisins, ainsi qu'on peut le voir dans notre synonymie. C'est en 1851 que Berkeley ^ a émis Fopinion, appuyée sur une série de