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P. Saccardo, Sylloge fungorum, vol. VH

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mesurent 2 à 3 centimètres, dans un champ, récemment semé, infecté de cette maladie, on constate que la plupart d'entre elles sont desséchées et courbées sous les cotylédones vers le sol. En procédant à une observation plus minutieuse, au moyen d'une forte loupe, on aperçoit des excavations ou sillons longitudinaux dans Tintérieur de Vaxe hypocotyUK Ces sillons parcourent Taxe de la plantule en suivant la direction d'une spirale, et ils contituent le meilleur symptôme de la maladie. Le mal cependant ne se limite pas là ; le mycélium du champig-non continuant toujours son chemin, dissout les grains chlorophylliens de l'axe hypocotylé, détruit les tissus sous-épidermiques et fait rabougrir la plante, qui prend une teinte brune et ne tarde pas à mourir.

Etude botanique du champignon. — Tous ces dégâts sont produits, comme il a été prouvé par l'inoculation artificielle ou naturelle du parasite, par le mycélium filamenteux, ramifié et incolore du Pythium, qu'on peut voir sous le microscope, au moyen d'un grossissement assez fort, dans des sections faites sur les parties attaquées de la plantule. Ce mycélium, qui peut pénétrer de différentes façons, comme nous allons voir, s'étend sur tous les tissus de la jeune plante, et ne respecte que ses éléments ligneux.

1. Thilo Irmisch a nommé axe hypocotylé le premier et le seul entre-nœud de la jeune plantule, qui se termine au niveau des cotylédones.

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Cependant, c'est surtout dans le parenchyme cortical de Taxe hypocotylé qu'il prend sa plus g-rande extension. Là il donne naissance à des branches verticales, qui se développent en longueur et se ramifient abondamment (voy. fîg. 2). A Textrémité de ces jeunes rameaux, ainsi qu'au long de l'axe des branches principales, certaines parties du mycélium se renflent en petits corps (fîg. 2. — A f, f, g), qui, grossissant de plus en plus, deviennent sphériques à l'extrémité des rameaux et se séparent de la branche qui les porte par une cloison basale (x, x).

Pendant, ou tout de suite après la formation des cellules terminales sphériques (fîg. 2. — A — f, f), les gonflements qui se forment au long des grosses ramifîcations végétatives, se développent en formant, pour ainsi dire, des gemmes (fig. 2. — A — g) ellipsoïdes, capables de reproduire le champignon après la mort de la partie mycélienne qui leur fait suite.

Les organes (gonflements) terminaux, ainsi que ceux intermycéliens sont destinés à reproduire le mycrophyte de plusieurs façons différentes, comme nous allons le voir :

1° Par des Zoospores. La formation des Zoospores est en conformité avec la vie de la plupart des espèces de la famille des Saprolécf niées. Elle a lieu de la façon suivante :

La plupart des cellules sphériques terminales, au lieu de se détacher, restent au contraire sur place et forment un appendice de forme obtuse (fîg. 2. A a) ; cet appendice, d'abord minime, se met à se développer peu à peu et fînit

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par former une vessie, dont la membrane extérieure fait suite à celle de la cellule qui lui a donné naissance (fî^. 2, A z). Tout le protoplasme de cette dernière émig-re dans la nouvelle vessie' et se partage en un grand nombre de portions polyédriques, ordinairement 9, chacune desquelles

FiG. 2. — Pi/ihiu>ii (le Baryanuni. Hesse. — A. mycélium ramifié portant les différents organes reproducteurs, m. mycélium, a. zoosporange en formation, z. zoosporange qui a pris naissance de la vessie h., s. point de pénétration du poUinide jj> dans l'oogone o, — f, f, conidies, — x, x, cloisons, — g. gemme intermycélienne. — B. Organes de reproduction. — zz. zoospores. — og. oogone, osp. oosphère (avant la fécondation). — og. œuf, ep. son contenu protoplasmique (d'après Sorauer).

contient un noyau. Ces portions protoplasmiques bientôt se séparent complètement entre elles, s'arrondissent, pren-

1. La vessie qui contient les zoospores forme en réalité une sporange typique ou zoosporange. (Voy. Généralités sur les Ascomycètes.^

LovERDO, Les maladies cryptogamiques. 3

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nent une forme presque ovale, s'échappent par un orifice terminal de la vessie, et, si elles trouvent une «^'•outte d'eau, se meuvent dans le liquide à Taide d'un cil filamenteux, un peu courbé, fixé au pourtour extérieur d'une minime aréole vide (fig. 2. B. zz). Ce sont là les Zoospores, dont nous avons parlé plus haut. Un quart d'heure après leur formation, ces Zoospores s'arrêtent dans leur mouvement, prennent une forme sphérique et s'entourent d'une membrane de cellulose. Tout cela se passe avec une extrême rapidité : une demi-heure à peu près suffît au protoplasme de la cellule primitive pour émig-rer dans la vessie, se segmenter et se transformer en zoospores.

Ces dernières, une fois entourées d'une membrane cellulosique, germent et donnent naissance à un tube mycélien^ lequel, à peine en contact avec les jeunes plantules du maïs ou du millet, s'introduit dans les tissus et reproduit le champignon.

On comprend facilement que les conditions delà présence d'eau et du contact avec la plante hospitalière ne se réalisent pas toujours et que, par conséquent, beaucoup de ces spores, très délicates du reste, n'arrivent pas à germer ou à pénétrer dans leur hôte ; cependant, en dépit de cela, leur nombre est tellement considérable qu'il assure toujours leur propagation pendant l'été.

2° Par des oospores ou œufs. Après s'être multiplié pendant un certain temps par des Zoospores, vers la fin de la végétation, quand le milieu nutritif commence à s'épuiser»

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le mycélium produit des œafs, dont la formation a lieu de la môme façon que pour les Peronosporées.

De la partie basale de la même branche qui porte le gonflement sphérique, ou bien dune autre branche voisine, émane un rameau cylindrique, lequel, après s'être allongé, épaissit son extrémité obtuse et se sépare du reste de filament par une cloison (iîg-. 2. A p). Cette partie du rameau gonflée et distincte représente l'élément mâle ou pollinide , tandis que la cellule terminale sphérique (fig. 2. A o) sert d'élément femelle ouoogone^he rameau portant l'élément mâle se recourbe vers l'oogone et vient y appliquer le poUinide ; celui-ci, après une demi-heure d'étroit contact avec la cellule femelle, émet un fin ramuscule qui perce la membrane de l'oogone. Dans l'intérieur de ce dernier, on distingue une partie sphérique, qui est séparée de la membrane par une zone de liquide aqueux, et à laquelle a été donné le nom à oosphère (lig. 2. A oo — B osp.). L'appendice du poUinide, continuant toujours son chemin, traverse la partie liquide d'oogone, rencontre l'oosphère et s'y soude ; c'est alors que, par un orifice qui se forme en ce

1. Pour M. Brefeld, \efi pollinides et les oogones sont des sporanges modifiées, devenues sexuelles. Le savant cryptogamiste appuie sa manière de voir, qu'il étend aussi sur les branches conjuguées des Zygoniycèles, sur le fait que les oo^o/ies produisent souvent plusieurs oosphères endogènes et les pollinides et anthéridies se remplissent quelquefois A. anthérozoïdes .

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moment à son sommet, il vide dans Toosphère une partie de son protoplasme.

De la fusion de deux protoplasmes résulte \œuf, qui s'entoure aussitôt d'une membrane de cellulose. Celle-ci sépaissit progressivement et se montre bientôt formée de plusieurs couches ; en même temps que le pétiole d'oogone ainsi que celui de pollinide se détruisent (fig. 2. B. ep), Ces œufs, ou oospores, qui sont lisses et sphériques, mesurent 25 à 30 [X de diamètre et conservent même après un long" temps de repos leur faculté germinative.

3** Par parthénogenèse'^ . Nous avons vu plus haut une différenciation sexuelle marquée pour la formation des œufs. Dans beaucoup de cas, cependant, un avortement progressif et enfin une suppression complète affecte les rameaux mâles ou. pollinides .

Les cellules sphériques qui, dans le premier cas, n'étaient que des oogones, mûrissent d'elles-mêmes ; sans se différencier en plusieurs couches, elles s'enveloppent d'une membrane de cellulose et deviennent des spores (fig. 2. A ff). Hesse, le premier, étudia ces spores et leur donna le nom de conidies. Ces conidies, ainsi que les œufs, semblent être destinées à assurer la conservation du parasite non seulement pendant l'hiver, mais même pendant des périodes plus longues, si les conditions extérieures sont défavorables à leur développement ; cependant, dès que les conditions

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