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I. — Basidiomycètes

Les Basidiomycètes comprennent ce que nous appelons, dans le langage ordinaire, les champignons à chapeau dont le type le plus parfait est lAgaric champêtre. Décrivons sommairement ce dernier;

Le champignon complet se compose de deux parties, l'une souterraine le mgcéHum. l'autre aérienne, le réceptacle fructifère.

L'appareil végétatif ou mycélium est formé de filaments abondamment ramifiés dans le terreau, le fumier ; il s'agglomère en certains points en un feutrage blanc, le blanc de champignon, dont on se sert pour multiplier l'Agaric et en créer des cultures.

Le mycélium représente la racine, l'organe d'absorption à l'aide duquel le champignon puise, dans le milieu nutritif, les substances dont il a besoin.

Çà fit là, sur ce mycélium, naissent les réceptacles fructifères constitués par une partie cylindrique, appelée stipe, élargie à son sommet en une expaiision charnue: le chapeau (fig. 1).

Si nous coupons ce dernier par une section médiane, nous constatons qu'il est formé de deux tissus nettement distincts ; l'un supérieur, en continuité avec celui du stipe, est blanc, homogène ; l'autre, inférieur, est disposé en lamelles rayonnantes. Celui-ci, appelé hymenium est le siège de la formation des spores.

Un fragment d'hyméniura, examiné au microscope, en montre la couche la plus externe formée d'éléments allongés, appelés hasides-, terminés par deux pointes, parfois quatre, donnant chacune insertion à une petite spore (fig. 1, b). C'est la production de ces spores, à l'extrémité de filaments spéciaux, de basldes, qui a fait désigner les champignons de ce groupe sous le noni de Basidiomycètes (champignons à basides).

Chez les Agarics, l' hymenium est disposé, comme nous venons de le voir, à la surface de lamelles rayonnantes, chez les Polypores et les Tramètes, il tapisse la face interne de tubes cylindriques, plus ou moins réguliers et étroitement rapprochés.

Les Basidiomycètes sont, pour la plupart, saprophytes et développent leur mycélium dans l'humus, les feuilles pourrissantes, fréquemment dans le bois mort, tandis que leur appareil fructifère s'étale à l'air libre. Ce sont des ennemis extrêmement redoutables des bois de construction, des étais de mine, des bâtiments en bois, qu'ils réduisent en poussière avec une rapidité parfois foudroyante. Quelques-uns présentent un caractère nettement parasitaire et attaquent des arbres vivants. Nous ne parlerons que des plus redoutables.

a FIG. 1.

Agaric cuampêtee.

a. Réceptacle fructifère coupé longitudinalement ; stipe portant, à sa base, des fragments de mycélium.

b. Portion d'hyménium montrant quatre basides dont deux portent des spores

ACrARIC MIEI.I.E.

Armillaria mcllca Vahl. (1)

L'Agaric miellé, ainsi appelé à cause de la couleur de son chapeau, est un champignon extrêmement répandu et très nuisible.

Comme parasite, il s'attaque presqu'exclusiveraent aux résineux : an Pin Sylvestre, au Pin Wymouth, au Pin Laricio, au Sapin, à l'Épicéa et au Mélèze.

(1) La nomenclature adoptée est celle du Sylloge Fangorum de Saccardo.

Il peut aussi se développer, h la suite de blessures, sur différents feuillus, qu'il serait incapable d'envahir lorsqu'il sont exempts de lésions; c'est ainsi qu'on observe ce champignon sur le Bouleau, l'Aulne et le Chêne, dont il occasionne ce qu'on a appelé la pourriture rouge ; sur le Poirier, le Pommier, le Cerisier, il produit la pourriture blancheAes racines.

En saprophyte, il se rencontre sur le bois des essences les plus diverses et dans dos conditions très variées, aussi bien sur le bois des ponts que sur les conduites d'eau, les étais de raine, etc.

Nous ne l'envisagerons que sous son aspect parasitaire.

Dans les pineraies, la maladie apparaît souvent déjà sur de jeunes plants de 3 à 5 ans, bieu qu'elle puisse prendre naissance sur des sujets beaucoup plus âgés (80 à 100 ans).

On la reconnaît aux symptômes suivants :

L'aspect de l'arbre dénote un état maladif: les pousses sont courtes, les aiguilles pâles, jaunissantes, tombent prématurément.

Un abondant écoulement de résine mélangée à des particules de ten-e et d'humus forme, sur la souche et la base des racines principales, une masse solide.

En soulevant l'écorce djs jeunes racines et de la partie inférieure de la tige (jusqu'à une hauteur de .3 mètres sur les vieux pins), on aperçoit un mycélium d'un blanc de neige, disposé en lame membraneuse ou en éventail.

Du mycélium subcortical des racines, partent des cordons brunâtres qui s'enfoncent çà et là dans le sol. On a donné à ces cordons, formés de filaments mycéliens agglomérés, le nom de rMzomorphes,h, cause de leur ressemblance avec des racines fibreuses.

En automne, apparaissent les réceptacles fructifères. Ils naissent aux

environs des arbres atteints, sur les rhizomorphes disséminés dans le sol. Tant que le sujet est vivant, on n'en observe pas sur la souche.

Arrivés à leur complet développement, ces réceptacles fructifères sont d'assez grandes dimensions, 3 à 10 cent., à stipe allongé, fibreux et en forme de bouteille, portant un chapeau à surface supérieure jaune de miel et écailleuse (flg. 2).

Ce réceptacle, de mêmeque le mycélium du champignon, exhale une odeur agréable d'Agaric de couche ; il n'est pas vénéneux et est même consommé dans certaines contrées.

no.

A. Souche de Pommier tuée par r.\garic miellé et couverte de ses fructifications.

a. Rhizomorphes .«'étendant dani: le sol et produisant sur \bw parcours, des réceptacles fructifères.

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