‹ Les Maladies Cryptogamiques et Bactériennes du Chanvre et du LinChapitre 4 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Généralités sur le chanvre et le lin

La culture du chanvre et du lin est de la plus grande importance agricole, industrielle, économique et sociale en notre pays. Tandis que la surproduction du blé, tabac, vin, houblon a plus ou moins paralysé notre agriculture, la France et ses colonies manquent de lin et de chanvre, et nous sommes tributaires de l’étranger.

Le chanvre et le lin sont cultivés depuis la plus haute antiquité pour leurs fibres libériennes textiles. Les graines de lin contiennent une huile siccative indispensable à l’industrie des couleurs et des vernis. La graine par suite de ses propriétés mucilagineuses et émollientes trouve de multiples emplois en pharmacie. Ses tourteaux servent de nourriture aux animaux. La culture du lin et du chanvre et le travail de la fibre, rouissage, broyage et teillage, demandant une main-d'œuvre abondante, réduirait le nombre de chômeurs.

Jadis le lin et le chanvre ont été cultivés dans toute l’Alsace, principalement dans notre contrée et dans bien d’autres régions de France. Une grande partie des produits de ces cultures était travaillée par les cultivateurs eux-mêmes. «Un trait remarquable de l’agriculture ou plutôt de l’économie domestique de la France», écrivait Arthur JouxG à la fin du XVIII siècle, «c’est par tout le royaume la culture du chanvre et du lin pour la maison». Malheureusement ces plantes industrielles, lin et chanvre ont subi dans notre pays une diminution considérable durant les soixante dernières

années. En Alsace, où jadis dans presque chaque foyer rural on travaillait pendant les longues soirées d’hiver les fibres de lin et de chanvre, cette culture a complètement disparu.

Cette diminution provient d’un mouvement général des conditions économiques et industrielles. Le coton, qui est bien meilleur marché, est venu remplacer peu à peu les fils de lin et de chanvre dans la fabrication de la toile.

En plus le rouissage des plantes textiles a été défendu dans les rivières de France; il n’est permis que dans la Lys. C’est là que s’est concentré pour la France leur culture.

En Alsace ces plantes ont dû céder la place aux blé, tabac et houblon qui demandent beaucoup moins de main-d'œuvre.

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