Epreuve de Rinne
Rinne avait reconnu lui-même le parti qu’on pouvait tirer de son épreuve (voy p. 24) pour diagnostiquer le siège d’une surdité donnée. Il avait montré que quand, en cas de surdité, cette épreuve donne un résultat analogue à celui que fournit une oreille normale, il n’y a pas de trouble de la conductibilité des os de la tête et de l’appareil de transmission, et qu’il s'agit d’une affection du nerf auditif; si au contraire le malade entend le son aussi longtemps ou plus longtemps lorsqu’il est transmis par les os que lorsqu’il est transmis par l’air, il faudrait en conclure qu’il s’agit d’une affection de l’appareil de transmission. La première manière dont se comporte l’oreille dans l’épreuve de Rinne a été dite par Lucæ résultat positif de l’épreuve, et la dernière désignée sous le nom de résultat négatif. Il serait plus intelligible de dire tout simplement : perception aérienne prédominante, ou perception osseuse prédominante (A , O -J-).
Lucæ restreint l’emploi qu’on peut faire de l’épreuve de Rinne aux cas dans lesquels la voix chuchotée est perçue à un mètre ou à moins d’un mètre. C’est dans ces cas seulement qu’on peut, à son avis, poser, suivant le résultat positif ou né-
DIAGNOSTIC
gatif de cette épreuve, le diagnostic d’affection de l’appareil de perception ou d’affection de l’appareil de transmission. Lorsque la surdité est modérée, l’épreuve peut donner un résultat positif, en d’autres termes, la perception aérienne peut l’emporter sur la perception osseuse dans des cas indubitables d’affection de l’appareil de transmission.
Ce qui diminue encore la valeur de l’épreuve de Rinne, c’est qu’il arrive assez souvent que, chez le même malade, la perception osseuse l’emporte sur la perception aérienne pour les sons élevés, la perception aérienne sur la perception osseuse pour les sons graves, ou inversement. Rien que pour cette raison, on ne peut se passer de pratiquer cet examen avec un certain nombre de diapasons, si l’on veut se faire une idée exacte du caractère d’une surdité donnée.
On se sert, pour l’épreuve de Rinne et pour celle de Weber, de diapasons à son grave ou de diapason à son mdfyen, comme l’ut 3 ou l’ut 4 .
Un malade de Bezold présentait pendant la vie comme portée auditive « pour la voix basse 6 centimètres à droite, 4 centimètres à gauche; perception osseuse prolongée de huit secondes environ. Épreuve de Rinne négative à droite, négative à gauche, la transmission osseuse l’emportant sur la transmission aérienne de treize secondes à droite, de douze secondes à gauche. » A l’autopsie, on trouva la platine de l’étrier immobilisée dans la fenêtre ovale par des dépôts calcaires étendus occupant le ligament annulaire.