‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 17 sur 57 · Expérience de Valsalva · texte numérisé non relu

Expérience de Valsalva

La pression qui peut être obtenue avec un mouvement expiratoire est très variable suivant les sujets, suivant l’âge, le sexe, l’état des forces et surtout suivant l’état des poumons; elle fait équilibre aune colonne mercurielle variant de 70 millimètres à 220 millimètres.

D’après mes recherches, l’air, dans des conditions normales, pénètre dans la caisse lorsqu’on exécute l’expérience de Valsalva sous une pression de 20 millimètres à 60 millimètres de hauteur mercurielle, exceptionnellement sous une pression inférieure. Dans d’autres cas, lorsqu’il existe un catarrhe du pharynx nasal avec gonflement de la muqueuse de la trompe, une pression plus élevée est nécessaire, ou même la pression expiratoire élevée au maximum est tout à fait impuissante à faire pénétrer de l’air dans les caisses, et cela sans qu’il existe nécessairenent dans ces cas un trouble quelconque de l’audition. Pour cette raison, si avec une pression expiratoire supérieure à 60 millimètres il n’entre point d’air dans la caisse, on pourra en conclure, au point de vue du diagnostic, qu’il y a obstacle au passage de l’air au niveau de la trompe, mais non qu’il y a trouble dans la ventilation de la caisse.

Un bruit de craquement perçu par le malade, et par le médecin au moyen de l’otoscope, indique que l’air a pénétré dans la caisse. En outre, on peut constater par l’examen visuel que la membrane, au moment où l’air entre, est repoussée en dehors.

L’expérience de Valsalva dite ,négative consiste à exécuter un mouvement de déglutition, les narines bouchées. Il y a pendant ce temps raréfaction de l’air dans le pharynx nasal, et aussi, par suite de l’ouverture simultanée de la trompe d’Eustache, raréfaction de l’air dans la caisse. Comme conséquence,

DIAGNOSTIC

la membrane du tympan est reportée en dedans, et le bruit de craquement mentionné plus haut est encore perçu.

Si chez un malade les expériences positive et négative de Yalsalva réussissent, on peut en conclure que l’état de la trompe d’Eustache est normal.

L’expérience de Yalsalva n’est que rarement employée dans un but thérapeutique, un obstacle léger au niveau de la trompe suffisant pour empêcher l’accès de l’air dans la caisse ; et dans les cas où l’air y accède, il n’y pénètre qu’avec très peu de force. Ce procédé de douche d’air est donc dans la plupart des cas insuffisant. Lorsqu’il ÿ a perforation de la membrane, on peut recourir à l’expérience de Yalsalva pour chasser la sécrétion hors de la caisse. Il faut, quand on l’exécute, élever rapidement la pression du mouvement d’expiration et éviter un effort prolongé, car il en résulte une congestion veineuse qui, dans bien des cas, surtout dans les inflammations aiguës, peut avoir une influence des plus funestes.

On doit, si l’on conseille au malade d’exécuter l’expérience de Yalsalva, le prévenir des inconvénients que présente son emploi trop fréquent.

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