Traitement de l’état général
Un grand nombre d’affections de l’organe de l’ouïe reconnaissent pour cause ou pour obstacle à leur guérison un trouble du reste de l’économie ; aussi, ne doit-on pas se borner à traiter localement l’oreille et faut-il toujours tenir compte de l’état général de l’organisme.
L’amélioration de l’état général par un traitement approprié est de la plus haute importance lorsque l’organisme souffre dans son ensemble, dans les cas de nutrition défaillante, de scrofule, de prédisposition à la phthisie. Une vie régulière, une alimentation rationnelle, les préparations d’iode, de fer, de quinquina, l’huile de foie de morue, les autres moyens de traitement servant à fortifier l’état de l’organisme, peuvent avoir sur l’affection auriculaire une action favorable.
Le traitement par les eaux minérales, qu’on emploie dans toutes les maladies chroniques pour activer la résorption des exsudats, pour fortifier le système nerveux et pour améliorer l’état général, a une importance particulière dans le traitement des maladies de l’oreille. Les bains froids ne conviennent qu’aux sujets robustes, vigoureux, les bains chauds aux personnes affai-
THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
blies et dont l’état exige des ménagements. Les bains tièdes et indifférents (31° à 36° centigr.) exercent une action plutôt calmante, les bains chauds et très chauds, dont la température est plus élevée que celle du sang, ont une action excitante. Les eaux minérales exercent en plus une action irritante sur la peau, due aux substances solides et à l’acide carbonique qui entrent dans leur composition, action excitante qui a pour effet d’activer les échanges nutritifs.
Les eaux minérales le plus souvent employées dans le traitement des maladies de l’oreille sont les eaux chlorurées sodiques; celles-ci sont toujours indiquées dans les otites moyennes catarrhales avec épanchement abondant, marche traînante, tendance aux récidives fréquentes, et lorsque l’affection auriculaire est attribuable à un état scrofuleux. Les bains doivent être pris chauds (de 31° à 38° centigr.) ; la durée de chaque bain doit être de quinze à trente minutes, celle de toute la cure de quatre à six semaines. Il importe de considérer dans le choix d’une eau chlorurée sodique d’une part sa teneur en chlorure de sodium, d’autre part sa richesse en acide carbonique, abstraction faite de la situation de la station minérale, de son climat, des aménagements à l’usage des baigneurs dont il faut aussi tenir compte. L’action de l’eau est d’autanl plus énergique que la proportion de sel marin est plus forte. En ce qui touche sa teneur en acide carbonique, il est à remarquer qu’en général les sources riches en acide carbonique sont plus excitantes que celles qui en contiennent peu. Aussi, chez les sujets éréthiques, facilement excitables, en d’autres termes chez les nerveux, chez les personnes atteintes d’otite moyenne chronique sèche ou d’otite interne avec bourdonnements violents et congestion de l’organe auditif, on choisira une source pauvre en acide carbonique et faiblement minéralisée, Eagatz, Pfœffers, Gastein, ou encore Wiesbaden, Baden-Baden, Soden, etc. Par eaux chlorurées sodiques faibles on comprend celles qui contiennent de 2 à 4 p. 100 de sel marin, par eaux chlorurées sodiques fortes celles qui en renferment de 6 à 8 p. 100. Celles de Kosen (5 p. 100), de Harzbourg (61/2 p. 100) peuvent être employées telles que, tandis que les eaux concentrées de Reiçhenhall, de Kreuznach, d’Ischl, de Salzungen peuvent être étendues d’eau à volonté (1).
) (') En France, les principales stations chlorurées sodiques sont : Bourbonl’Archambault (52°, — 2e r ,240 de chlorure de sodium par litre), Bourbonne
THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
Les sources très riches en chlorure de sodium et en acide carbonique sont indiquées chez les sujets à nutrition languissante, atteints de la forme dite torpide de la scrofule, dans les cas d’otorrhées et d’otites catarrhales exsudatives. Quand l’infiltration des tissus est récente et peu considérable, quand l’état général est bon, les eaux thermales très gazeuses comme Nauheim et Rehme se recommandent, tandis que lorsque l’infiltration des tissus est plus accusée et de date plus ancienne, Kreuznach et les stations analogues sont indiquées. Parmi les eaux sulfureuses, Cauterets est particulièrement renommé pour les maladies de l’oreille.
L’action résorbante des bains est accrue lorsqu’en même temps on fait boire au malade une eau minérale, surtout une eau chlorurée sodique renfermant de l’iode et du brome, celle de Kreuznach, celle de la source Adélaïde d’Heilbrunn près Tœlz, celle de Hall dans la Haute-Autriche.
Les bains de mer sont nuisibles dans la plupart des maladies de l’oreille. Cependant le séjour près de la mer, « l’action tonifiante de l’air de la mer », est favorable aux sujets scrofuleux, aux enfants scrofuleux en particulier. Lorsqu’il y a perforation de la membrane du tympan, les oreilles doivent être protégées contre l’introduction de l’eau.
Le séjour dans les montagnes est à recommander dans les cas de surdité nerveuse avec bourdonnements d’oreille.
Dans le cas d’anémie, les eaux ferrugineuses, surtout administrées en boisson, en même temps que des bains chlorurés sodiques, sont avantageuses.
Y a-t-il des troubles dyspeptiques ou un état pléthorique, on a recours alors aux eaux de Marienbad, de Kissingen, de Priedrichshall et autres sources analogues employées en boisson.