‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 39 sur 57 · NÉVROSE DES MUSCLES DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

NÉVROSE DES MUSCLES DE L'OREILLE

Les troubles nerveux, les spasmes cloniques des muscles de l’oreille comptent parmi les affections qu’il est extrêmement rare d’observer. Ils peuvent affecter le muscle tenseur de la membrane, le muscle de l’étrier et les muscles des trompes.

On observe quelquefois un spasme passager du muscle tenseur de la membrane à la suite de certaines excitations extérieures, du cathétérisme notamment. Il se produit coup sur coup un bruit de craquement, perceptible aussi objectivement. Ainsi que je l’ai déjà mentionné plus haut (page 63), Bremer (1) a rapporté un cas dans lequel le bruit dû à la contraction musculaire pouvait, après une impulsion volontaire, être produit de cent à cent cinquante fois par minute. Les contractions du tenseur de la membrane se produisent en général en même temps que le spasme clonique des muscles du voile du palais ou encore des muscles extrinsèques du larynx. Schwartze a vu chez un malade les bruits de craquement se répéter rapidement en synchronisme avec des contractions du voile du palais. On voyait en même temps la membrane se reporter en dedans. Dans un cas rapporté par Bœck, le bruit et le soulèvement du voile étaient isochrones au pouls, sans mouvements de la membrane. Ces mouvements manquaient également dans un cas décrit par Politzer, qui réussit à faire disparaître le bruit pour toujours au moyen du courant faradique, en six séances.

Lucæ a montré le premier qu’on peut amener le muscle de l’étrier, innervé par le facial, à se contracter, en contractant fortement les muscles du visage, notamment l’orbiculaire des paupières. D’après Hilzig, la contraction du muscle de l’étrier s’accompagne d’un bourdonnement grave dans l’oreille. On a observé aussi, dans le cas de tic de la face, des sensations sonores dont l’existence doit s’expliquer par une participation du muscle de l’étrier. Chez une malade de Gottstein (2), des accès de blépharospasme étaient précédés d’un bruissement insupportable dans les deux oreilles, bruissement qui plus tard devint continuel. Tant qu’on exerçait avec le doigt une pression en un point déterminé situé en avant et en bas de l’apophyse

(1) Monafsschrift für Ohrenheilkunde, il» 10, 1879.

(2) Archiv für Ohrenheilkunde, t. XVI, p. 63.

mastoïde, le bourdonneinent cessait ; de même avec le courant faradique. La disparition complète de ce bruissement put être obtenue à l’aide de ce dernier. Une de mes malades, au moment des secousses d’un tic de la face, entendait comme le tic-tac d’un moulin, ou un bruissement comparable à celui que produit le lent battement d’aile d’un gros oiseau. Avec le temps ces deux sensations distinctes se changèrent en un bourdonnement grave. Les courants induits et les courants galvaniques restèrent sans effet. D’après Brunner (1), on éprouve parfois, au moment d’une impression joyeuse, d’une émotion vive, « un bruit grave, rude, ondoyant, tout à fait semblable à celui que produirait un puissant coup d’aile qui viendrait retentir à nos oreilles ». La sensation de coup d’aile répond à la durée d'une contraction musculaire.

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