Méningite purulente
La méningite purulente qui vient compliquer l’otite moyenne suppurée atteint ordinairement les méninges de la base, plus rarement celles de la convexité. Tantôt elle existe isolée, tantôt elle est accompagnée d’abcès du cerveau ou d’affections des sinus. L’extension du processus inflammatoire aux méninges se fait par les voies qu’a frayées la carie, voies dont nous avons parlé en décrivant celle-ci. Dans la plupart des cas, la duremère est percée de trous; cependant on observe ici, comme
pour les abcès du cerveau, des cas où la méningite a été provoquée par l’otite moyenne suppurée, sans carie, sans communication directe de la caisse avec la cavité crânienne.
A l’autopsie, on trouve des infiltrations purulentes plus ou moins étendues dans la pie-mère, notamment le long des vaisseaux, qui souvent se prolongent par en bas jusque dans le canal vertébral. L’infiltration purulente envahit aussi, mais à un degré moindre, l’écorce du cerveau.
D’ordinaire la méningite se déclare à la suite de circonstances occasionnelles spéciales, après un traumatisme, un refroidissement, à la suite de tout ce qui amène une congestion de la tête, excès d’alcool, surmenage des forces. Son apparition est surtout favorisée par ce qui fait obstacle au libre écoulement de la sécrétion hors de la caisse. J’ai vu une méningite terminée par la mort survenir chez un malade qui avait voulu se débarrasser d'une otorrhée purulente qui l’incommodait en s’obturant le conduit auditif avec un bouchon de papier introduit profondément.
La fièvre qui accompagne la méningite purulente offre de grandes variétés. Dans les cas à marche lente, elle est légère, avec des rémissions irrégulières. La forme à marche rapide débute par des frissons. La courbe fébrile est irrégulière. 11 existe une céphalée diffuse très violente, du verlige, des vomissements, de la constipation, de l’excitation psychique, du délire, parfois de la raideur de la nuque et des symptômes paralytiques, des signes de compression, du ralentissement du pouls, des modifications de la réaction pupillaire. De bonne heure il y a de la somnolence, qui bientôt se change en sopor. Il faut des excitations assez vives pour que des réactions se produisent et que le malade revienne momentanément à lui.
La marche de la méningite est tantôt très rapide, menant en quelques jours à la mort : il survient promptement des symptômes cérébraux graves, et les malades meurent dans un étal comateux, parfois avec des convulsions. Tantôt la maladie dure de huit jours à trois semaines avec des symptômes cérébraux d’intensité modérée, les sujets conservant remarquablement longtemps toute leur connaissance.