‹ Les Maladies de la Mémoire (volume 2)Chapitre 10 sur 61 · Brain, a Journal of Neurology, octobre 1879, p. 317 et · texte numérisé non relu

Brain, a Journal of Neurology, octobre 1879, p. 317 et

LlîS MALADIES DE LA MÉMOIRE

tcntive, charmée de tout ce qu’elle voyait ou entendait, elle ressemblait à un enfant.

« Bientôt, elle devint capable d’attention. Sa mémoire, entièrement perdue en ce qui concerne ses connaissances antérieures, était très vive et très solide pour tout ce qu’elle avait vu et entendu depuis sa maladie. Elle l'ecouvra une partie de ce qu’elle avait appris) autrefois , avec une facilité très grande dans certains cas, moindre dans d’autres. Il est remarquable que, quoique le procédé suivi pour recouvrer son acquis ail paru consister moins à l’étudier à nouveau qu’à se le rappeler avec l’aide de ses proches, cependant, même maintenant, elle ne paraît pas avoir conscience, a plus faible degré, de l’avoir possédé autrefois.

« D’abord, il était impossible d’avoir avec elle uni, conversation. Au lieu de répondre à une question, elle la répétait tout haut textuellement, et pendant longtemps, avant de répondre à une question, elle la répétait tout entière. Elle n’avait à l’origine qu’un hier petit nombre de mots à son service ; elle en acquii rapidement un grand nombre ; mais elle commettail d’étranges erreurs en les employant. Cependant, er, général, elle ne confondait que les mots qui avaient ensemble quelques rapports. Ainsi, pour « thé », ell( disait « sauce » (et elle employa longtemps ce mo pour les liquides); pour blanc, elle disait noir; poui « chaud », « froid » ; pour « ma jambe », « mon bras » : pour « mon œil », « ma dent », etc. D’ordinaire, elk use maintenant des mots avec propriété, quoiqu’elle change parfois leurs terminaisons ou qu’elle en compose de nouveaux.

« Elle n’a encore reconnu personne, même parmi ses plus proches parents, c’est-à-dire qu’elle n’a aucun

LES AMNÉSIES GÉNÉRALES

venir de les avoir vus avant sa maladie. Elle les igné par leurs noms ou par ceux qu’elle leur a nés ; mais elle les considère comme de nouvelles naissances et n’a aucune idée de leur parenté avec . Depuis sa maladie, elle n’a vu qu’une douzaine de s, et c’est pour elle tout ce qu’elle a jamais connu. Elle a appris de nouveau à lire ; mais il a été nésaire de commencer par l’alphabet, car elle ne naissait plus une seule lettre. Elle a appris ensuite irmer des syllabes, des mots, et maintenant elle lit sablement. Ce qui l’a aidée dans cette réacquisition, it de chanter les paroles de certaines chansons qui (étaient familières et qu’on lui présentait imprimées ;dant qu’elle jouait du piano.

Pour apprendre à écrire, elle a commencé par les des les plus élémentaires, mais elle a fait des pro- Ib beaucoup plus rapides qu’une personne qui ne Irait jamais su.

! Peu après être sortie de sa torpeur, elle a pu inter plusieurs de ses anciennes chansons et jouer üiano avec peu ou point d’aide. Quand elle chante, 1 a en général besoin d’être aidée pour les deux ou 13 premiers mots d’une ligne ; elle achève le reste, mémoire à ce qu’il semble. Elle peut jouer, d’après D partition, plusieurs airs qu’elle n’avait jamais vus jaravant.

Elle a appris sans difficulté plusieurs jeux de caris elle sait tricoter et faire divers ouvrages analogues.

Mais, je le répète, il est remarquable qu’elle ne sible pas avoir le plus léger souvenir d’avoir possédé B’efois tout cela; quoiqu’il soit évident qu’elle ait i<îrandement aidée dans son travail de réacquisition R ces connaissances antérieures dont elle n’a pas

LES MALADIES Dlî LA MEMOIRE

conscience. Quand on lui a demandé où elle a app;, à, jouer un air en regardant la musique sur un livre, lie a répondu qu’elle ne pouvait pas le dire et elle ;st étonnée que son interlocuteur ne pût en faire aulit,

« A vrai dire, d’après diverses remarques qu’el; ai faites d’elle-œê.me par hasard, il semble qu’elle is-f sède plusieurs idées générales d’une nature plusDu moins complexe qu’elle n’a pas eu l’occasion d’acqi'ir depuis sa guérison *. » i

Autant qu’on en peut juger d’après le rappori|ie Sharpey, cette rééducation ne dura pas plus de tiis ! jmois. 11 ne faudrait pas croire d’ailleurs que ce fait ^it unique. « Un clergyman^ à la suite d’une commo|inl causée par une chute, reste plusieurs jours totalenjit inconscient. Revenu à lui, il était dans l’état d’un enlit intelligent. Quoique d’un âge mûr, il recommeial sous des maîtres ses études anglaises et classiques, u bout de quelques mois, sa mémoire revint gradi|lement; si bien qu’en quelques semaines son esit

recouvra sa vigueur et sa culture ancienne »

Un autre homme, âgé de trente ans, fort instruit, i a suite d’une grave maladie, avait tout oublié, jusquu nom des objets les plus communs. Sa santé rétablidl recommença à tout apprendre comme un enfa < d’abord le nom des choses, puis à lire ; puis il eumença à apprendre le latin. Ses progrès furent ipides. Un jour, étudiant avec son frère qui lui ser\it de maître, il s’arrêta subitement et porta sa main à ;n front. « J’éprouve, dit-il, dans la tête une sensationp’ ticulière, et il me semble maintenant que i’ai su td

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