Voyez page â7i
2; Voyez page 829.
LES NÉVROSES «E I/ESTOM,\C «ï
Teste par des accès de complète intolérance gastrique dans l'inlervallf desquels restomac el le système oerveux paraissent absolument in' demnes. Celte névrose sérail relativement rare. En dehors des cai de Leyd^n', on connaît dix observations de Boas% trois de Vagedes" quatre de Bouveret el quelques faits isolés relatés par Rosenthal EwALD et Réhond *. Mais, st l'oa soumet ces faits à une sévère cri tique, 00 voit qu'uo certain nombre d'entre eux finissent par i-entrei dans les crises gastriques du tabès, dansl'iiypersthénie aigui paroxystique, dans les vomissements réflexes de l'helminthiasi on des affections utéro-ovariennes, etc., de sorte que l'entité di Leydew demeure encore bien problématique. Pour ma part, je n'a pas encore vu un seul cas de vomissement dit périodique qui ne ren trit dans une des catégories précédentes. Charcot allait encore plu loin, puisqu'il se refusai! à admettre un vomissement périodique dis tinct de la crise tabétique ^ Par conséquent, sans nier absolument I; possibilité d'une névrose du pneumogastrique se manifestant par t< vomissement périodique, concluons qu'il n'y a pas un nombre sul Hsanl d'observations certaines pour l'individualiser.
Lm névroses de la sensibilité. ~ La boulimie. — La iïiusse oen sation de rAplëtton stomacale. L'anorexie nerveuse. — L nausée. — La ré&igératlon et les battements épigastriiiues. - Les intoléranoes gastriques spéciales. — L'hyperesthésie de 1 muqueuse gastrique. — La gastralgie.
t.a».u. ^^^ névroses de la sensibilité sont au nombr
de neuf. De même que celles de la moUlité, elles ont él pour la plupart individualisées à tort.
La boulimie, ou exagération de la sensation de I
La baoUmli
faim, est un symptôme qu'on peut observer dans 1 plupart des névroses et dans quelques maladies mentales comme l'idiotie et la démence. Elle est fréquente dans le dia bëte, la grossesse, ta convalescence des lièvres graves. Le' l'a rencontrée à la suite d'abondantes hémorrhagies. On l'a signalé dans la maladie d'Addison, la spermatorrhée, les fistule
1. l/EYDEN. — ZtUschnfl /ur ktinitehe Medicin, 1883. 3. Boas. — DeaUche mtdkinacke Wocheatclirift, i%%9, 3. VuEDES. — Inaugural diuertalion, BeHin, iSHi. i. RAhoiid. — Arehwti générala de médeciiu:, 1S89. S. CiÂBCoT. — Uçan* du mardi, p. 338, 1888-1889.
LES RETENTISSEMENTS DES HAUDIES SUR L'ESTOHAC
lires, gastriques ou inlestinales, l'helminthiase, etc. Dans ces cas, elle n'a qu'une valeur symptoma tique cl ne réclame a traitement direct. Quand elle est liée à une aFTection gase, c'est toujours i l'hypersthénie avec hyperchlorhydrie. ouvERET distingue la boulimie de la polyphagie qui serait ;térisée par la diminution de la sensation de satiété. Cliniqueles deux symptômes sont li'op étroitement liés pour qu'il soit de les séparer artificiellement.
tianua La fausse seusation de répiction gastrique
rt^lètton doit être distinguée de l'anorexie nerveuse.. Tant que '*^'r» l'estomac est vide, le malade se trouve bien ; il a même :]uefois l'idée qu'il mangera avec plaisir. Mais, dès qu'il a ingéré aliments, en si minime quantité que ce soit, il lui semble qu'il issasié et il éprouve dans l'estomac une sensation de plénitude et nsion qui lui fait redouter un nouveau repas. ,etie névrose, qui s' observe chez des nerveux, des hystériques, leurasthéniques, quelquefois simplement à la suite d'émos ou sous l'inlIueDce d'une peine morale, demande à être ;illée de près, car elle peut conduire à un grave état cachece. Vous devrez user, vis-à-vis de ces malades, d'une certaine -ainte et savoir qu'ils tolèrent souvent mieux les mets les plus ;estes que les cuisines les plus hygiéniques.
u,ar*ii* L'anorexie nerveuse signalée parBRiQUET*, bien
arnow. étudiée par Lasègue', Gull', Rosenthal, CHARCOT*et lEH % est essentiellement une manirestation hystérique qui t est la première ou même la seule expression de la névrose ne primitive), tantôt est associée ou succède à d'autres symes hystériques (forme secondaire). Son caractère essentiel est î mentale, comme l'a fort bien dil Huchahd, en ce sens que le ie se complaît dans l'anorexie. Celle-ci peut aboutir à une ible consomption et même à la mort.
out traitement stomacal est inutile. J'ai vu échouer toutes les lives faites dans ce sens. Bol'veret cite un cas où une certaine lion morale el le traitement de l'hyperchlorhydrie suffirent à cesser le refus de l'alimentation; mais il se bâte d'ajouter que
InlQUET. — Traité ite riijitérie, p. S56, ]8ô9. .ASÉGUC. — Etudei médicales, I. Il, |). 45, Parit luLL,— TheLancet. 1868.
IHABCOT. — <Euvr«a complëtc». l. III. p. J40. ioLLiEHi — Ilevat de midecitu, août 1891.
c'est une véritable exception. L'isolement, V hydrothérapie, la suggestion, c'est-à-dire le traitement de la névrose causale, auront seuls raison du symptôme.
unnsée ^^ uauséc cst d'origiue gastrique ou névropa-
thique. Elle est fréquente aussi, à titre d'accident réflexe, dans les affections utéro-ovariennes. Vous concevez qu'on ne la traitera qu'en s'adressant à son étiologie.
u Les sensations diverses de réfrigération ou de
•t iM batumenu battements épigastriqucs souttrèscommuncs. Ellcs *'**''"*'*'^ sont essentiellement névropathiques et ne sauraient êUe traitées directement. Toutefois les opiacés à très faibles doses seront ajoutés au traitement de l'hystérie et de la neurasthénie causales.
iM Les intolérances gastriques pour un aliment
«istriqoM ou un médicament particulier, pour les crustacés,
*"^*^*'** les fraises, les framboises, Toignon (Bouveret),
pourTacide chlorhydrique (Talma), etc., sont des accidents de
l'hypersthénie gastriqueou de la neurasthénie. U suffit de les
constater pour les éviter.
LiiypwMtiiésie L'hyperesthésie delà muqueusegastriquese la nmqneiue traduit soit par uue sensation pénible de poids après le '"*^« repas, soit par des vomissements, soit par de vraies douleurs avec irradiations voisines. L'estomac est sensible à la près- Sïon. Elle se rencontre chez leschloro-anémiques (Rosenheim*), 'es hystériques, ïes neurasthéniques', les convalescents de fièvre typhoïde, les basedowiens, ou à la suite de cas prolongés u anorexie hystérique. Elle succède aussi aux excès génésiques ou à Fabus du thé, du café, de l'alcool ou à des médications stimulantes. Ewald cite un cas survenu après l'anesthésie <^hloroformique. Elle fait partie de la symptomatologie de toutes 'es crises gastriques qui sont d'autant plus intenses que la sensibilité gastrique est plus exquise et, à gastrite ou à dyspepsie égale, elle ïnipose à l'expression clinique de la maladie des réactions gastriques "motrices, douloureuses ou réflexes plus accusées.
^^ peut la confondre avec la douleur de l'ulcère et la sensation de
J- R08EHHE111. — Berliner klinische Wochenschrift, 1890. . ^' B051G11ANN tente de difTérencier cliniquement l'hyperesthésie stomacale des hysté- ^^ues de celle des neurasthéniques, mais les schémas qu'il donne ne sont rien moins que ^îïctémiiqucs. (ZeiUchrifl fur prakL Aente, n«» U, 1897.)
iUii
826 LES KETENTiSSEMENTS DES MALADIES SUR L'ESTOMAC
lourdeur qui suit l'ingeslioD des aliments dans le catarrhe gastrique; mais Texamea du chimisme stomacal et la notion de Tétiologie aideront au diagnostic.
Le traitement consiste en un repos physiqxie et moral aussi absolu que possible, aidé de Temploi des compresses échauffantes. L'alimentation, exclusivement lactée au début, sera reprise très progressivement, en subordonnant tout essai à Teflet qu'il produit sur la sensibilité gastrique. Quant aux médicaments, Yopium est le seul qu'il convienne d'employer, sous forme de poudre (Topium brut ou de quelques gouttes d'une solution au centième àe chlorhydrate de morphine. Rosenheim et Bouveret se louent du nitrate d'argent el conseillent de donner à jeun et une demi-heure avant les repas, dans un petit verre d'eau, une cuillerée à soupe d'une solution de nitrate d'argent à 0,20 ou 0,30 p. 100. Dans deux cas où j'ai eu l'occasion d'user de ce moyen, je n'ai pas réussi.
La gastralgie, ou névralgie des nerfs sensitifs de l'estomac, doit être distinguée de l'hyperesthésie de la muqueuse comme la névralgie des nerfs périphériques doit être distinguée de l'hyperesthésie cutanée. Vous connaissez sa symptomatologie : c'est celle de la crise gastrique, puisque celle-ci n'est, ellemême, qu'une crise de gastralgie.
La gastralgie reconnaît plusieurs variétés. Il y a d'abord celle qui est symptomatique de l'hypersthénie avec hyperchlorhydrie, puis celle qui survient dans les dyspepsies par fermentation avec hyperacidité organique, enfin celle de l'ulcère de l'estomac.
Après ces variétés symptomaliques d'une maladie de l'estomac, citons les crises gastriques du tabès, presque toujours associées à l'hyperchlorhydrie ou à l'hypersécrétion, puis la gastralgie des hypochondriaques, des basedowiens, des hystériques et des neurasthéniques. Ce groupe ressortit à l'origine nerveuse.
On invoque les altérations du sang pour expliquer les accès gastralgiques des anémiques, des convalescents, des saturnins, des morphinomanes, des tabagiques, des goutteux, des paludéens.
Ënfm le mécanisme réflexe expliquerait la gastralgie du rein mobile, de l'helminthiase, des affections utéro-ovariennes, etc.
Mais, en dehors des exceptions que nous avons signalées, j'ai grande tendance à croire que toutes ces gastralgies, si diverses que soient leurs éliologies, procèdent, sinon toutes, du moins presque toutes, de l'hyperacidité chlorhydrique ou organique du
contenu stomacal, combinée, il est vrai, à une susceptibilité personnelle et spéciale de Tappareil nerveux sensitif de Festomac.
Au-dessous de cette grande catégorie, prennent place des gastralgies ayant une autre origine directe, comme celles du cancer, de la gastrite chronique ulcéreuse, de Tulcère de Testomac, de la périgastrite chronique, etc., dont la cause glt dans la compression ou rirritation des nerrs, la névrite locale, etc. Puis, enOn, les gastralgies vraiment névralgiques, sans hyperchlorhydrie ni hyperacidité organique, comme sans irritation nerveuse locale.
Vous voyez que la gastralgie a déchu de son rang d'entité pour tomber au rang des symptômes. Et le symptôme névralgique est quelquefois Texpression directe du retentissement d'un trouble ou d'une lésion du système nerveux central sur le système nerveux sensitif de Testomac; il dépend le plus' souvent d'une hyperacidité sécrétoire ou fermentative.
Par conséquent, la saturation des acides par le mode que je vous ai indiqué' constitue le meilleur traitement palliatif de l'accès gastralgique. Quant au traitement curatif, il relève uniquement de celui de la maladie causale, et je vous renvoie aux Leçons où nous nous sommes occupés du traitement des hypersthénies et des fermentations gastriques. Bien entendu, dans la gastralgie du rein mobile, de Tentéroptose, de l'helminthiase et de la constipation, c'est encore le traitement de la cause qui s'impose.
Les névroses séorétoires. — Les névroses vaso-motrices.
La conclusion thérapeutique.
Latii«Tro8«8 Les uévroscs de la sécrétion sont l'hypcrsé-
•éerétoires. crétion et l'hypochlorhydrie. Ces troubles sont
engendrés par une névrose générale ou par une affection organique
des centres nerveux. Bouveret n'admet pas les névroses sécré-
loires réflexes.
Dans la classe des névroses gastriques hypersécrétoires, rentrent les hyperchlorhydriesplus ou moins intermittentes du tabès, de rhyslérie, de la neurasthénie et la gastroxynsis de Rossbacu. L'existence de ce groupe ne saurait faire de doute, mais tous les élément qui le composent rentrent dans le cadre des hypersthénies aiguës que je vous ai déjà décrites. Et je vous rappelle encore à ce propos