‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 121 sur 295 · A GOUTTE · texte numérisé non relu

A GOUTTE

trouble stomacal constaté ; aussi doit-on la traiter, en faisant d*abord abstraction de sa cause. Mais, quand on a obtenu une amélioration du côté de Testomac, il convient de songer à Tétat goutteux étiologique et de lui opposer le régime^ Y hygiène et la médication appropriée. Je ne puis vous donner ici l'exposé des moyens à employer, puisque ce serait aborder la thérapeutique de la goutte. Mais je vous recommande d'être très sobres de médicaments actifs, d'user uniquement de ceux que Testomac tolère facilement, de n'en jamais prolonger remploi et, surtout, de n'administrer que de petites doses. Un état comme la diathèse goutteuse ne s'emporte pas de haute lutte ; il vaut mieux l'aborder par insinuation, et vous obtiendrez plus avec des actions minimes, lentes, mais longtemps prolongées, qu'avec des efforts puissants et par conséquent temporaires. Et puis toute dose médicamenteuse forte ou même moyenne réveillera bientôt les troubles gastriques; il faudra donc abandonner la médication antigoutteuse pour revenir à la médication anti-dyspeptique avant que la première ait pu donner les moindres effets. Même à dose faible, l'estomac des goutteux supporte mal un médicament quelconque pendant longtemps. Vous devrez donc recourir à la méthode alternante et user successivement du carbonate de lithine^ de la pipérazine^ du sidonal, du benzoate de sonde^ de Varséniate de soude^ de la jf/o6ularine associée à la globularétine^ de Vurotropine et des alcalins^ en mettant, bien entendu, au premier rang de vos prescriptions celles qui concernent Vhygiène et le régime.

La traitement

La deuxième variété de troubles dyspeptiques n'a

des dyspepsies qu'uu traitement symptomatique. Mais vous ne man-

primonitoires ^ i» i i . , ,

et ooncomitaiites qucrez pas d uscr largement des paquets de satudeiaccés. fation daus les crises hypersthéniques qui précèdent quelquefois l'accès de goutte.

Quantàla troisièmevariété, dite goutte remontée,

Le traitenieiit

delà elle est justiciable du traitement de Vhypersthénie ou ooitte remontée. ^^ ^^j^j ^^^ fermentations suivant la forme qu'elle

affecte. Dans un cas récent, où les fermentations dominaient, je me suis fort bien trouvé de Vipéca à dose vomitive.

u traitement Lcs curcs hydro-minéralcs vous rendi'ont de grands

hydro-minéral, gerviccs daus la première variété de dyspepsie. Suivant

les cas, vous aurez le choix entre Yichy ei Carlsbad, en choisissant

celte dernière station s'il existe de la constipation et de la congestion

hépatique. Les sulfatées calciques, Vittel, Contrexéville , AttluSy

Capvern^ seront indiquées quand les urines sont rares ou chargées d'urates. Reyat et Fougues conviendront aux malades déjà débilités qui supporteraient mal les eaux trop actives de Vichy ou de Carlsbad,

Les retentissements gastriques du rhumatisme. — Les discussions sur Texistence de la dyspepsie rhumatismale. — Les trois types de la dyspepsie rhumatismale vraie.

Us discussioDs Existe-t-il une dyspepsie rhumatismale? Germain «or Sée le nie résolument : « Le rhumatisme ne porte pas

rexistence , , . , ^ ■ i • i

de la dyspepsie sur la muqucuse gastriquo : c est par une habitude rhumatismale, yicieuse de langage qu'on parle de dyspepsie arthritique quand il ne s'agit réellement que de la goutte. La diathèse rhumatismale ne frappe que les tissus séreux ou fibro-musculaires et, dans ce dernier cas, n'apporte que des troubles dynamiques ou nervomoteurs*. »

Au contraire, Coutaret fait jouer à ce qu'il appelle la diathèse rhumatoïdale un rôle prépondérant sinon unique dans Téliologie du catarrhe gastrique : < Le catarrhe gastrique est, dans toute l'acception du mot, un catarrhe ayant élu domicile sur les muqueuses du tube digestif. Il est engendré par une lente imprégnation de la diathèse qui atteint également la peau, les muqueuses et les appareils étrangers à la digestion ^ d Ce'calarrhe prend trois aspects différents. Dans le premier, il y a hypersécrétion séro-muqueuse rejelée au dehors par régurgitation ou vomissements. Dans le second, le catari*he est sec, mucineux; la langue est couverte d'un épais enduit blanc. Dans le troisième, le catarrhe est épithélial et se manifeste par des éruptions herpétiformes généralisées.

Les idées de Coutaret, si ingénieuses qu'elles fussent, n'ont pas fait fortune, peut-être parce qu'elles étaient émises sous un vocable nouveau. Car, en allant au fond des choses, ce qu'il décrit plutôt en clinicien qu'en savant, c'est tout simplement ce que nous appelons la diathèse arthritique que la majorité des médecins considère comme le terrain de la goutte ou, pour mieux dire, comme un vice de nutrition plus souvent originel qu'acquis et qui se réalise, suivant les sujets, par le mode de la goutte, de la gravelle, de la lithiase biliaire, de cer-

1. G. SÉE. — Des dyspepsies gastro-intestinales, p. 166, Paris, 1881. t. Coutaret. — Dyspepsie et catarrhe gastrique, p. 589, Paris, 1890

LE RHUMATISME 8i7

taines dermatoses, de l'asthme, etc. A ces localisations se conjuguent (les troubles dyspeptiques qui quelquefois constituent la seule expression de la diathèse. Et ces dyspepsies-là rentrent dans le cadre dece que nous venons de décrire sous le nom de dyspepsie goutteuse. Mais, quoique Coutaret n'ait pas employé les mots classiques et qu'il se soit égaré parfois dans des interprétations Ihéoriques qui ne valent pas mieux que les théories d'apparence plus scientifique qui ont lui et se sont éteintes depuis vingt ans, il n'en demeure pas moins un observateur remarquable, et la lecture des pages qu'il consacre au catarrhe gastrique sera profitable à ceux qui font passer le souci du malade avant leurs préoccupations doctrinales.

En résumé, je me rallie à l'opinion de G. Sée. Tout ce qu'on a isolé sous le nom de dyspepsie rhumatismale rentre dans la description de la dyspepsie goutteuse ou arthritique.

Les trois types Cependant il faut ranger dans les dyspepsies rhuma-

<»« tismales un certain nombre de faits qui sont :

rhumattsmaie 1'' Lcs troublcs gastriqucs du rhumatisme

'^^ chronique osseux qui présentent cette particularité d'être permanents et de ne pas alterner avec les poussées articulaires.

2" Le rhumatisme de la tunique musculaire de l'estomac, caractérisé surtout par la gastrodynie, soulagé par la morphine^ les révulsifs et le salicylate de soude.

3* Des troubles dyspeptiques de divers types, mais remarquables toujours parleur caractère douloureux, alternant ou coïncidant avec des douleurs musculaires, du lorticolis, du lombago, ou avec telle autre manifeslalion nettement rhumatismale, et cédant au traitement anti-rhumatismal.

Les dyspepsies et le rachitisme. — Le chimisme stomacal. — L*indicatioii thérapeutique. — Les dyspepsies et les déviations de la colonne vertébrale. — l/évolulion. — Le traitement.

u rachiusme CoMBY * déclarc quc l'alimentation et le sevrage pré-

<* matures conduisent fréquemment au rachitisme par la

**' ' voie de la gastro-entérite et de la dilatation de l'estomac .

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