‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 159 sur 295 · Cbeyroux-Lagrèze. — Tlièse de Paris · texte numérisé non relu

Cbeyroux-Lagrèze. — Tlièse de Paris

Tulcère puisse succéder à celle hémorrhagie inlerstilielle, ni la clinique ni rexpérimenlalion ne démontrenl que celle-ci soil le résullal d'une simple slase veineuse.

u théorie Quant aux troubles vaso-moteurs, ecchymoliques,

nerveuse. ui|>éreux même, expérimentalement observés par ScHiFF, Brown-Séquard, Ebsteïn, etc., à la suite de lésions des corps opto-striés, des tubercules quadrijumeaux, du bulbe et de la moelle cervicale, ils ne relèvent pas uniquement de troubles mécaniques de la circulation, mais aussi de graves troubles de la nutrition générale et peut-être d'excitations de la sécrétion gastrique. La fréquence relative de Tulcère chez les névropathes a encore servi d'argument pour étayer cette théorie à la fois nerveuse et vasculaire, mais sans autre preuve que celle d'une statistique limitée.

La théorie Et lorsquc QuiNCKE * a voulu reproduire l'infil-

'"*' tration hémorrhagique par des excitations chimiques, mécaniques ou thermiques portant directement sur la muqueuse, et qu'il a vu que les pertes de substance ainsi produites se cicatrisaient rapidement et manquaient d'un des caractères fondamenlaux de l'ulcère rond, la chronicité, il a dû conclure que, pour faire un ulcère, il ne suffisait pas d'une plaie à l'estomac, ce qui ruine la théorie Iraumatique que les expériences de Decker, do RiTTER et Vanni ne sauraieni faire revivre.

La uiéorie ^^ ^^"^ arrêtous pas aux théories de la dimi-

des aitérauons nution dc l'alcali U lié du sang proposée par Pavy, "**^' ni à celle de Taltération du sang, car elles n'ont qu'un intérêt historique. D'une part, en effet, cette diminution d'alcalinité n'a jamais été constatée et, d'autre part, les expériences faites à propos des altérations du sang démontrent simplement que celles-ci retardent la cicatrisation des érosions de la muqueuse gastrique .

La théorie Cruveilhier expliquait l'ulcère par une gastrite

de la gastrite à tendance ulcéreuse. Cette théorie a été modernisée par Galliard qui admet l'influence de plaques de gastrite localisées surtout à la région pylorique; les amas embryonnaires formés dans les couches inférieures de la muqueuse dégénè-

i. QuiNCKE. — Ueber die Entstehung des Magengeschwiires, Deutsche medicinische Wocitenschrifl, n» 6, 1892.

rent, suppurent, rompent la barrière épîlhéliale et laissent à la suite de leur élimination une perte de substance qui devient un ulcère, grâce à Textension centrifuge du processus et à l'action du suc gastrique*.

Mais la coïncidence de Fulcère et des érosions folliculaires est, au moi^ns, fort rare; et puis comment concilier Tunicité habituelle de l'ulcère avec la multiplicité des érosions? Toutefois, la théorie de la gastrite ulcéreuse, telle que l'a formulée Galliard, contient une grande part de vérité, puisqu'il ne lui manque que la notion d'hyperchlorhydriè ou d'hyperaciditc pour qu'elle concorde avec nos deux faits directeurs.

u théorie La théorie infectieuse émise par Bœttcher,

toxi-inieoueuse. défendue eusuitc par Letulle*, Sidney Martin ^ Henkel*, etc., paraît adoptée aujourd'hui par la plupart de ceux qui n'ont pas étudié spécialement les maladies de l'estomac. Elle répond logiquement, ea effet, aux idées courantes; elle a pour elle des faits particuliers, des analogies et d'incomplètes expériences, mais elle ne supporte pas l'épreuve de la clinique.

Qu'il y ait coïncidence entre quelques rares cas d'ulcère et des maladies infectieuses, comme la fièvre typhoïde (Millard), la lymphangite suppurée (Aigre), la variole et le farcin (cas de II. Bouley), la syphilis (Lang, Galliard, etc.), l'état puerpéral, etc.; que Sidney Martin et Henkel aient recueilli des faits où la muqueuse gastrique semble avoir été directement infectée; que l'on note dans les antécédents des ulcéreux une maladie infectieuse quelconque plus ou moins récente (Letulle, Perry et Shaw% Widal et Meslay\ etc.); que des recherches expérimentales aient montré à Enriquez et Hallion' que les toxines étaient capables de déterminera elles seules, par leur élimination, des lésions destructives analogues aux ulcérations infectieuses; que Nauwerck^ classifie les ulcères en septiques par embolie microbienne, mycotiques par infection de la muqueuse par la voie sanguine, toxi-mycotiques par l'action des seules toxines amenées par le sang et s'éliminant par la muqueuse, — tout cela démontre que les

Page 1