‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 225 sur 295 · Lange. — New^York médical Journal · texte numérisé non relu

Lange. — New^York médical Journal

Mais la tumeur garde hislologiquement, aussi bien que cliniquement, les caractères d'une tumeur bénigne; les culs-de-sac glandulaires restent nettement limités par leur membrane hyaline, et la muscularis mucosae n'est jamais perforée par les bourgeons épithéliaux.

La La symptomatologie de ces polypes muqueux

sjm m 00 e. ^^^ ^^^^^ obscurc. Elle se réduit à celle de la gastrite

chronique. C'est qu'en effet, dans les régions de l'estomac qui paraissent saines, on trouve des lésions interstitielles et parenchymateuses de la gastrite chronique.

u pathogénie ^^ ^'^^^ ^ipp^Y^ sur cc fait pour voir dans les

polypes muqueux de l'estomac l'aboutissant d'une gastrite ancienne : cette opinion se concilierait difficilement avec la rareté de ces productions opposée à la grande fréquence de la gastrite chronique.

En réalité, la pathogénie de Tadénome gastrique nous est totalement inconnue. Ses liens de parenté avec la gastrite chronique semblent bien établis, mais on ne peut aller plus loin et faire dériver l'hyperplasie glandulaire de la gastrite concomitante.

Le ronosuc Gousidérés en eux-mêmes, les polypes muqueux

de l'estomac n'ont qu'une gravité relative. Toutefois la possibilité de leur transformation en cancer, bien démontrée par Ménétrier, laisse pressentir que leur bénignité n'est pas aussi grande qu'on pourrait le croire au premier abord. Gomme toutes les causes ou tous les produits d'irritation chronique des organes, ils, sont un point d'appel pour une tumeur maligne.

Il me reste enfin à vous signaler deux formes d'adénomes gastriques beaucoup plus rares encore que les polypes muqueux.

Le poiyadénome D'abord Ic polyadéuomc en nappe (Andral,

en nappe. Ménétrier), ayant la même structure histologique que

le précédent, mais formant un néoplasme étendu, localisé à une

région de la muqueuse sur une surface de huit à dix centimètres.

Puis le poiyadénome à type brunnérien, à tyjeb^érien. décrit par Hayem^ Ge qui caractérise cette tumeur,

c'est d'abord l'aspect particulier des culs-de-sac glan-

1. Hàyem. — Bulletins de la Société médicale des hôpitaux, 1895.

LES TUMEURS DIVERSES DE I/ESTOxMAC 1061

dulaires néoformés qui rappelle absolument les glandes de Brunner; puis celte particularité que, bien qu'il s'agisse d'une tumeur bénigne, la muscularis mucosœ est perforée et dépassée par le néoplasme. Enfin Hayem a noté dans un de ses cas, en pleine tumeur, deux ulcères cratériformes, dont l'un perforait la paroi; dans son deuxième cas, l'adénome existait au niveau d'un ulcère pylorique ancien et il était en voie de transformation* cancéreuse. Hayem explique cette tendance ulcéreuse de l'adénome à type brunnérien par l'existence antérieure d'une gastrite chronique, terrain favorable au développement de l'ulcère simple comme à celui de l'adénome à type brunnérien. D'un autre côté, IIauser ayant observé la formation de polyadénomes dans le bord épaissi des vieux ulcères gastriques, on est en droit de se demander si ces polyadénomes ne seraient pas plutôt secondaires aux ulcérations gastriques.

, . ,, Puisque la clinique des diverses tumeurs de

Le traitement. *■ *

l'estomac se confond dans la plupart des cas avec celle du cancer, on suivra exactement les indications thérapeutiques de cette dernière maladie. L'intervention chirurgicale précoce s'imposera dans les cas où l'on fera le diagnostic.

QUATORZIEME LEÇON

LES DIVERSES OPCRATIONS DU DIAGNOSTIC LES ULCÉRATIONS GASTRIQUES — LE TRAITEMENT

Le diagnostic de Thématémèse. — La constatation du sang dans les vomissements. — Le diagnostic de l'origine stomacale du sang.

Le diagnortio L'iiématémèse est un vomissement de sang dont

de la source se trouve surtout dans l'estomac et accessoi-

™ • rement dans l'œsophage ou le duodénum. Elle est donc le plus souvent le symptôme extérieur d'une gastrorrhagie ou hémorrhagie stomacale. Si Ton ne considérait que le symptôme lui-même, son traitement ne différerait pas de celui des autres hémorrhagies et serait uniquement justiciable des prescriptions de l'hémostase médicale. Mais les hématémèses relèvent d'étals morbides très divers, et la connaissance de la maladie causale devra bien souvent diriger votre conduite. Je suis donc forcé d'entrer dans quelques détails cliniques pour vous montrer comment, du fait observe, on doit remonter à son diagnostic et à son traitement.

Laconstaution Reconnaître le fait même de Thématémèse est chose les^^vomisse^nts ^^^^'^ ^aus la plupart dcs cas. Non seulement les grands

vomissements de sang rouge sont caractéristiques, mais il suffit d'avoir quelque expérience clinique pour reconnaître à première vue les vomissements bruns ou noirs de sang altéré par la diges-

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lion stomacale. Cependant, comme toujours en clinique, les causes d'erreur abondent.

Et d'abord est-ce bien du sang que le malade a rendu ?

Quand le liquide vomi est rutilant, il n'y a point de doute sur ce point, à moins toutefois qu'on n'ait affaire à une supercherie d'hystérique et que le sang qu'on vous montre comme ayant été vomi n'ait été mis de propos délibéré dans la cuvette.

S'il s'agit, au contraire, de matières noires altérées, ayant l'aspect de marc de café, de suie délayée, avant de conclure à la présence du sang, il faut penser à quelques cas particuliers capables de donner le change.

Qu'on suppose, en effet, un individu ayant des fermentations gastriques putrides et prenant du sous-nitrate ou du salicylate de bismuth; au contact de l'hydrogène sulfuré de l'estomac, il se fera du sulfure noir de bismuth ; un vomissement survenant dans ces conditions sera couleur de suie.

Ou bien, si un malade prend successivement une potion à Vergo- Une et à Vacide galliquey puis du perchlorure de fer, il vomira noir par suite de la formation d'encre dans son estomac.

On doit encore différencier les hématémèses noires d'avec certains vomissements biliaires dont la couleur vert noirâtre peut donner matière à confusion.

Dans d'autres cas, les vomissements contiennent une petite quantité de détritus noirâtres, sans caractères spéciaux, difficiles à interpréter par eux-mêmes ; lorsqu'on est en présence d'un malade soumis au régime lacté absolu, ces détritus sont absolument révélateurs d'une hémorrhagie dont le produit est transformé par la digestion stomacale ; ils peuvent donc mettre sur la voie d'un saignement latent que rien d'autre ne faisait prévoir, et ils apportent au diagnostic un renseignement nouveau d'importance capitale.

Quand le malade s'alimente, la signification des détritus noirâtres peut devenir très incertaine, et il est indispensable de les caractériser par un examen plus précis. Ne comptez guère sur la recherche des hématies; altérées par leur contact prolongé avec le suc gastrique, elles sont devenues méconnaissables dans la plupart des cas. Mais vous pourrez toujours obtenir avec une entière certitude la notion de la présence du sang, soit par l'un des procédés que j'ai déjà indiqués*, soit par la méthode des cristaux de Teiciimann. Voici en quoi elle consiste :

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