‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 239 sur 295 · LA MALADIE DU CORSET · texte numérisé non relu

LA MALADIE DU CORSET

supérieure du foie. Il existe sur le thorax une sorte d'enfoncen qui s'étend de la 5* ou de la 6' jusqu'aux 8' et 9' côtes. Les dernii côtes son! déjetées eo dehors, ce qui donne au thorax un aspect é' à la base. La taille est courte et carrée.

On conçoit que ce mode de constriction refoule en bas le foie abaisse le rein, fait basculer l'estomac dont la direction devient al lument verlicaleet crée une viscéroplose générale de tous les oi^f contenusdans l'abdomen.

Dans la deuxième variété, la constriction s'exerce sur le lui-même. La taille est alors beaucoup mieux prise, plus régulier très élégante; mais le venire fait une saillie plus ou moics marqi Le foie s'est allongé ; il porte sur sa face interne un ou plusieurs Ions qui répondent à l'impression des côtes. Le pylore et souven première portion du duodénum sont comprimés et l'estomac, vidant diffîcilemeni, se distend ou se dilate. El, comme l'estomac serré à sa partie moyenne par la compression des organesqui l'enl rent, il s'étrangle et devient biloculaire. De sorte qu'il subit, en som trois déformations, soit la dislocation, la distension et la bile lation.

Dans la troisième variété, la constriction a lieu au défaut d taille, c'est-à-dire au-dessous du foie, au niveau des dernières cô La taille est très longue, très Une (taille de guêpe). Le foie, la rat l'estomac, comme l'a fait remarquer Haveh, sont refoules en hi vers la poitrine ; le côlon traosverse prend la forme d'un V et, coudes devenant très aigus, le cours des matières est rendu plus d cile. Les symptômes de gène thoracique et respiratoire deviens prédominants.

Ces trois variétés se combinent parfois d'après la hauteurplus moins grande de la zone de compression. Elles se compliquent ai à", brides de périhépatile allant du foie au pylore ou au cô

La, Les signes physiques de la maladie du co

rign» phTriTiM. diffèrent suivant les variétés précédentes. Dans les dt premières variétés, il existe une dépression de la région é gastrique qui permet de palper le rachis el de percevoir très su[ ficiellement les battements de l'aorte. La palpation révèle l'ab sèment du foie et du rein droit. L'insufflation, qui ne doit i pratiquée que dans des cas exceptionnels, montre que le pylore es! niveau de la ligne médiane, que le diamètre transverse de l'estoi est rétréci et que la petite courbure est déviée à gauche. Enfin, l'introduction de la sonde à jeun, on s'assure s'il existe ou i de la rétention.

is la troisième variété, la région épigasirique n'est pas lée et quelquefois même elle fait une légère saillie.

des signes les plus fréquents de la maladie du corset est le de roucoulement ou de ^zouillemenL rythmé par la respiqui a été décrit par Clozier (de Beauvais)', puis par Cha- , et qui lient à la biloculation spasmodique ou par compression omac et à la circulation des gaz et des liquides gastriques de

l'autre poche. Le bruit est i;énéralemenl double et se compose isieurs gargouillements perçus à la respiration et à l'expi-

Le décubitus horizontal, l'enlèvement du corset, la comm de l'hypogaslre exercée de bas en haut le font disparaître.

ronbiu Les troubles fonctionnels sont de deux ordres oiuiaïa. Jpg ujjg ggjjj communs à toutes les variétés de la mau corset ; les autres diffèrent suivant la variété en cause.

^,^„, Les troubles commues sont dus surtout à la

litonuisiasc gastrique et aux fermentations secondaires qui en sont la conséquence. Nous les avons [nment décrits pour qu'il soil inutile d'y revenir \ Cependant lase s'accompagne de phénomènes douloureux particu-

en ce sens qu'à la douleur produite par le contact des acides nentation s'ajoute celle qui dépend des contractions muscule l'estomac comprimé et déplacé. Ce qui le démontre bien, u'oo al ténue et qu'on suspend même la crise digeslive spéciale laiades en soutenant l'abdomen à l'aide d'une ceinture appro- >u en leur conseillant de rester dans le décubitus dorsal pen-

digeslion.

est encore des troubles communs qui sont dus soit aux divers :issements réflexes de la maladie du corset et de la dysqui l'accompagne sur les divers organes ou appareils, soit à la psic intestinale qui intervient comme une complication econslante, soit au catarrhe gastrique secondaire qu'en-

à la longue cette dyspepsie, soit aux vices de la nutrition aie qui résultent d'une digestion défectueuse.

iziER. — GatelU det hàpitaiix. octobre 1SS6.

•POTOT. — L'r;Blomac el le cortct, Parin, 1801. — Ce bruil de Kwrf;ouiliem«iil

observé anlérieureinenl par StullHPELL (llerlintr kliniiehe Wochetttchrifl, 18TSJ

intidérii à lorl comme un signe Je dilalulion do reatomac.

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LA AIALAUIE Dl CORSET 1093

Quant aux troubles spéciaux à chaque va-

tronbies ipéciâiix. ^^^^^' ^^ soïil, pouF les deux premières variétés, la

prédominance des symptômes abdominaux tandis que, dans la troisième, la prédominance porte sur les symptômes thoraciques tels que les bouffées de chaleur, les palpitations, l'oppression et la tension douloureuse de la région épigastrique.

On confond la maladie du corset avec la dilata ti on , à cause du clapotage, et avec T hype rs th é ni e, à cause des crises gastriques. Mais la rareté de la dilatation, la vacuité ordinaire de l'estomac six ou sept heures après le repas, rabaissement de la petite courbure, la déviation du pylore en bas et en dedans, Tétiologie et enfm l'influence favorable du traitement sont autant de signes distinctifs qui feront conclure à la dislocation.

Quant à Thypersthénie avec hyperchlorhydrie, vous connaissez déjà sa symptomalologie si personnelle et, en cas de doute, il sera toujours temps de faire l'examen du chimisme stomacal. Dans la dislocation, le chimisme est normal ou diminué, et quand il y a de rhyperchlorhydrie, ce qui est plutôt rare, celle-ci m'a paru transitoire ou secondaire aux fermentations.

Le pronostic ne présente aucune gravité quand ppono c. j^ diagnostic est fait de bonne heure et que les malades consentent à supprimer ou à élargir leur corset. Mais, dans la pratique, on est trop souvent consulté quand le mal est fait, sans compter que vous obtiendrez rarement que les femmes renoncent à se corseter. C'est dans ces cas nombreux que la dislocation devient permanente, que les autres viscères de l'abdomen se déséquilibrent et que le catarrhe gastrique finit par succéder à la dyspepsie avec son cortège habituel de troubles dans la nutrition.

Le traitement prophylactique consisterait à prop yiaxie. gyppj.jjjjgp jg corsct chcz Ics jeuues filles, ou tout au

moins à n'employer que des corsets larges, moulant et soutenant exactement la taille sans la comprimer ; mais cette révolution dans la toilette féminine n*est pas près de s'accomplir.

Quand la maladie est confirmée, il n'est pas non

plus de remède plus efficace que la suppression de

la cause. Vous n'y arriverez que chez les femmes d'un certain âge

qui ont renoncé à toute idée de coquetterie. Chez les autres, admettez

s MALADIES ORGANIQUES DE L'ESTOMAC

VOUS ne pouvez pas l'empêcher; mais exigez qu'il soit ouvERETle remplace par une ceinture sous-mamliante, faite de tissu très rigide pourrésisterà laçâmes, maintenue par des bretelles qui passent sur les le boutons ou de crochets pour y lixer les pièces tement. Cette ceinture est excellente, en principe; convénient capital, c'est que les femmes n'en veulent -éussi en conseillant des robes baleinées à la taille, t à d'autres malades de s'habiller in la mode Empire, tement proprement dit, il consiste dans te port d'une slrique ou du corset abdominal dans les deuï prednns le massage doux de l'abdome/i, dans l'usage de luffanle, dans l'emploi des médicaments destinés à Etions de l'estomac. Tous ces moyens vous ont été ropos du traitement de l'entéroplose, et ce que je est absolument applicable à la maladie du corset, ns exceptionnels, ajoutez la stricte surveillance du "ois même le régime laclé absolu continué pendaot naines, le décubitus dorsal assez longtemps prolongé a régularisation des fonctions intestinales à l'aide de d'irrigations dans le côlon descendant, Ykydroihée et les traitements spéciaux des retentissements sur

Dans la gaslroptose l'estomac est abaissé en tier; le cardia descend au-dessous de la onzième et la région pylorique subit un abaissement proporpresque toujours associée à l'entéroplose dentelle élément et une conséquence. H. Strauss en décrit lilive. Je vous renvoie, en ce qui concerne son tiaiiQ qui a été consacrée A celte dernière maladie'.

SEIZIEME LEÇON

LE DOMAINE ET LA PLACE NOSOLOGIQUE — L'ÉTIOLOCIE ET LA PATHOCl LA DILATATION AIGCË ET LES DILATATIONS CURUMQUES LE DIACSOSTIG — LE TRAITEMENT

La dilatation de l'estomac et ea plaoe nosologique. — Les qi périodes de son histoire. ~ Son domaine. — L'étiologle pathogénie. — La dilatation aigu6 et la dilatation chroniqu

upu« La dilatation de l'estomac a tenu pei

noioioaiqae. quelques années une place liés importante dans I thologie stomacale. Ëxccplion faite pour l'ulcère et le cancer, t les maladies de l'estomac se sont effacées devant elle qui sembla résumer. L'enthousiasme de ses promoteurs lui a fait dépassf bornes de l'entité morbide et lui a donné la proportion d'une iriae médicale. Mais le vif éclat dont elle brilla fut bien pass Le dogme n'a pas résisté à l'observalion des faits; il s'est écroul qu'il a été aux prises avec la thérapeutique, parce que son poi départ était inexact et parce que le traitement systématique qu'i posait aux malades s'appuyait sur des raisonnements et non s clinique. Aujourd'hui la dilatation de l'estomac reprend la place l'on n'aurait jamais dû la sortir. Dans l'immense majorité des c on l'observe, elle n'est plus qu'un symptôme de tout obstacle à cualion de I*estomac ; elle ne reste entité que dans des cas excei nels.

Jetons un coup d'œil sur sonhistoire qui est fcconde en enseignements'. Dans une première pét din-seplième et dix-liuitième siècles, Plater, Fabrici DENTE, Spigel, etc., citent comme des curiosités anatoécouvcrte d'estomacs énormes et invraisemblables. Riolah faits à la paralysie de l'organe. Puis Vas Swieten, j.-P. EUTAUO et WiCHUAN?! font des essais de théorie et de n qui séparent nettement la dilatation sans sténose du dilatation par obstacle pylorique ou intestinal, le deuxième période qui commence en 1833 avec de DuPLAT, la parole est à la clinique*. On spécifie les a dilatation et l'on fixe sa symptomatotogie et son diapeu plus tard, en 1853, Cruveilmier divise la dilatation c en hyperlrophique et atrophique et montre qu'elle itaire au point de vue anatomique. Pendant cette période, et l'anatomie patbolo<:ique s'accordent pour faire de la m symptôme, et Valleix résume bien l'opinion courante lie la dilatation sans cause palpable est une rareté patbo-

ion de la pompe stomacale permit â Kûssmaul cl A ses 'éciser le diagnostic et le traitement; maïs l'idée qu'il se Sartels, Luton, Blot, Penzoldt, Ziehssem, h. Thié-

de la dilatation de l'estomac ne diffère que par des îlle de ses devanciers. La symptomatotogie de celle-ci est ace nosologique bien déterminée.

D et ses élèves remplissent la troisième période. La j l'estomac devient le centre de la pathologie gastrique et uente des maladies chroniques. Elle est due à l'atonie ulature gastrique. Elle est le foyer d'origine de toxines des troubles secondaires dans tous les organes; elle tient ^ndance une partie de la pathologie ; elle est créatrice de e est diatlièse, elle-même. Elle comporte un traitement i dont les termes sont : l'alimentation laissant peu de éduction des boissons, la stimulation de la musculature antisepsie stomacale.

ctrinal roman, que reste-t-il aujourd'hui? L'unité de la ! l'estomac, si arliliciellement édiliée, a été battue en

les faits, et voilà que, dans le plus récent traité des

vETM daoi ta Ihiae de R. THi£ijiirr (De U dilaiiiion da l'eilDinac, Nmneu, igraphin «t lin hialorique Irèa complet* de» traTinx anttrieura. — Do l'ainpIUtion de l'cilomac conaïdérée surtout loui le ràppoK de ae* m diagnoiiLc, Arcliiva ginirata dt médecine, noTembre «t décembre

maladies de Testomac, la dilatation n'a pas même de rubrique spéciale et ne figure plus qu'accessoirement au chapitre des dyspepsies sensitivo-motrices M C'est la quatrième période de son histoire'.Après l'enthousiasme, l'effondrement !

Le domaine Cet oslracismc me semble exap^érer la réaction

de la dUatatton , . ^

de reetomae. uécessairc. Il est hors de doute que la dilatation ou mieux la distension de l'estomac est, dans la plupart des cas, la conséquence d'un spasme ou d'une sténose du pylore liés eux-mêmes à l'hypersthénie avec hyperchlorhydrie ou à Thyperacidité de fermentation; que d'autres cas sont causés par des ulcères, des cancers, des cicatrices, des malformations congénitales, des tumeurs ou des adhérences de voisinage, des obstacles duodénaux, des dislocations de l'estomac, etc. Mais on ne peut repousser Texisience de la dilatation de Testomac sans obstacle, par atonie, paralysie ou atrophie de la lunique musculaire. Ces cas-là sont rares et souvent disparates, c'est vrai: cependant leur réunion sous l'égide d'un symptôme commun permet de conserver, au moins comme tète de chapitre, une dénomination qui a eu son heure de succès et qui doit continuer à faire partie du domaine historique des maladies de l'estomac.

Sous le nom de dilatation, je propose donc de grouper, en dehors delà paralysie de l'estomac ou gastroplégie, qui a été précédemment décrite^, des troubles fonctionnels comme l'atonie ou myasthénie gastrique, que Rosenbach en avait séparés, et des lésions comme la dilatation par atrophie ou dégénérescence de la tunique musculaire; en d'autres termes, tous les élats où il y a augmentation du volume de l'organe, diminution ou disparition de son pouvoir moteur, et stase ou rétention indépendantes d'un obstacle pylorique ou sous-pylorique.

Ce groupe morbide manque certainement d'unité au point de vue nosologique; mais ses éléments constitutifs se réclament d'un principe thérapeutique commun, et cela suffît pour le praticien.

Lôtioiogie Si le groupc des faits classés sous le nom de dila-

et la pauiogénie. i^i\q^ yraic manque d'unité, son domaine n'est pas facile à circonscrire, et réliologie comme la pathogénie se ressentiront de cette incertitude. 11 sera souvent malaisé de différencier la dilatation par atonie ou lésion de la paroi musculaire des distensions

1. A. Matbieu. —Traité des maladies de l'estomac, Paris, 1901.

2. A. Hesse. — Begriflf und Wort « Magenerweiterung » in der deutschen Litteratur seit 1875, Berliner klinische Wochenschrifl, n"â3, 21, 26, 1900.

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