GRi'ifDZACH. — Revue de médecine
8. Ë. LÉCHAUDEL. — De la dilatation primitive ou spontanée de l'estomac, Thèse de .Paris, 1880.
nerveuse, la neurasthénie, l*hystérie sont des causes moins rares de dilatation dans le mécanisme desquelles on invoquera plutôt l'atonie, tandis que les dilatations secondaires semblent devoir relever vraisemblablement d'altérations de la tunique musculaire.
La surcharge alimentaire, les excès de boissons, la mauvaise mastication produisent aussi chez certains névropathes des distensions stomacales d'abord temporaires (insuffisance gastrique de 0. Rosenbach) dont la répétition peut forcer l'estomac qui se dilate alors déPinitivement. La stase et les fermentations alimentaires engendrent des produits irritants qui conditionnent de l'hyperchlorhydrie secondaire et, à la longue, des lésions des parois gastriques. Cette variété de dilatation par atonie doit être très rare si j'en juge par mes observations. Elle est, en tout cas, bien difficile à distinguer des distensions qui ont l'hypersthénie gastrique avec hyperchlorhydrie et spasme pylorique pour origine.
Il y a aussi des dilatations réflexes*^ qui sont d'abord temporaires, mais que la répétition de la cause conduit à la permanence. Citons les dilatations consécutives à la constipation prolongée (G. Sée, Ewald), aux affections de l'appareil utéro-ovarien, au catarrhe intestinal (Boas), à la lithiase biliaire.
Tous les faits de ces dernières catégories ne méritent le nom de dilatation que lorsqu'ils sont permanents ; ils constituent la forme chronique de l'affection.
La dilatation aiguë. — La symptomatologie. — Le diagnostic. — Le
pronostic, la durée, les terminaisons.
La La dilatation aiguë débute, pour ainsi dire,
symptomatoiogie. g^jjj^g^gjjt OU tout au moins très rapidement, par une douleur assez violente et étendue à tout l'épigastre qui devient bientôt le siège d'un ballonnement considérable. La douleur spontanée est exagérée par la pression, mais elle n'a pas l'acuité des douleurs de la péritonite. L' anorexie est presque absolue. Par la percussion et la palpation, on s'assure que l'estomac est distendu outre mesure et occupe une grande partie de la cavité abdominale, refoule la masse intestinale en bas et le diaphragme en haut, d'où une sensation d'angoisse générale et d'anxiété respiratoire
liOO LES MAL\DIES ORGANIQUES DE L'ESTOMAC
avec dyspnée plus ou moins accentuée. Dans la plupart des observations connues, les vomissements sont notés; quelquefois ils sont incoercibles et s'accompagnent de hoquet. Le pouls esl fréquent et petit, la température normale, les urines sont très diminuées.
On conçoit, devant ce tableau clinique, que le diagnostic soit fort délicat. Dans le cas de Hood, la soudaineté des accidents fit penser à un empoisonnement. Chez le malade de Morris, on crut d*abord à un début d'occlusion intestinale. Chez celui de P. Brémond, le diagnostic hésitant entre une obstruction intestinale et une appendicite, on fit la laparotomie et l'on trouva une énorme dilatation de l'estomac qui descendait jusqu'au pubis. On introduisit alors une sonde œsophagienne pour vider l'estomac. Et le lendemain, comme l'estomac ne revenait pas sur luimême, GuiNARD pratiqua une gastrostomie au cours de laquelle le malade succomba, suffoqué par les matières vomies qui s'engagèrent dans la trachée. A l'autopsie, on ne trouva aucun obstacle à Tévacuation de l'estomac dont l'examen microscopique fait par Rémond ne révéla aucune autre lésion qu'une élongation des fibres musculaires.
Le diagnostic d'avec l'occlusion intestinale se fait par l'absence de vomissements fécaloïdes, par la persistance des garde-robes et des gaz anaux, par l'examen minutieux de l'estomac et au besoin par le cathétérisme gastrique.
L'absence de sensibilité et de défense musculaire au point de Mac-Burney fera éliminer l'appendicite.
La péritonite peut aussi prêter à confusion. Mais, en dehors des symptômes généraux, du faciès caractéristique, des vomissements porracés, la douleur y est beaucoup plus vive et plus superficielle.
Le pronottic, Lc prouostic cst très gravc. La mort survient dans
les teritatiions pï^^sdc la moitié des cas, et souvent même avant qu'on ait
porté un diagnostic précis. Le malade de IIood mourut en douze heures; celui de Humby survécut onze jours. Dans le cas àc Naumann, les crises de vomissements furent si violentes que l'estomac se ruptura. A côté de ces cas si graves, il en est d'autres où la j^uérison a été relativement rapide. Ainsi les trois malades de FiJRSTNER* ont guéri. 11 en est de même de deux cas de dilatation aiguë que j'ai observés au décours de la fièvre typhoïde.
1. FiJRSTNER. — Ueber die Anwendung des tnductionsstromcs bci gcwisscn Fonncn der M agcnerweiterung, ficr/incr klinische Wochenschrift, p. Ul, 1876.
Un malade d'OuLMONT a guéri dans les mêmes conditions. J'ai vu guérir aussi un vieillard de quatre-vingts ans qui eut une dilatation aiguë au cours d'un catarrhe aigu de Testomac. En somme, le pronostic est subordonné au degré de la dilatation et surtout à sa cause.
La dilatation chronique. — La symptomatologie. — Le diagnostic.
— Le pronostic.
u La dilatation chroniqueparatonie, myasthénie,
symptomatoiooto. pjjp^|ygjg^ atrophic OU dégénérescence de la tunique
musculeuse de l'estomac se manifeste par la flaccidité de Toi^ane qui pend derrière la paroi abdominale, n'est plus capable de réaction ni de contraction et demeure inerte devant toutes les excitations. L'estomac distendu remonte sur l'hypochondre gauche, s'étend jusqu'à la partie postérieure du thorax où il empiète sur la sonorité du poumon et soulève le creux épigastrique où il donne à la percussion la sensation d'un coussin d'air, pendant que la recherche du bruit de clapotageproduit le glouglou que vous connaissez.
Si l'on introduit la sonde pour extraire le contenu gastriques, on ne peut l'évacuer sans le concours de l'aspiration. Les liquides gastriques sont généralement hypochlorhydriques ; leur acidité est due surtout aux acides de fermentation.
L'appétit fait défaut; quand il persiste, il est satisfait dès le début du repas, et le malade se plaint déjà de plénitude. Sa langue est saburrale. La digestion est lente et laborieuse. Immédiatement après le repas, les malades accusent une sensation de lourdeur pénible accompagnée d'un malaise général et d'étouffements ou de troubles cardiaques. Et cet état persiste ou s'aggrave jusqu'au moment tardif où les aliments passent dans l'intestin, à moins qu'ils ne soient rejelés par un vomissement libérateur; mais celui-ci est beaucoup moins fréquent que dans la dilatation par obstacle pylorique.
Les éructations sont difficultueuses et produisent un soulagement momentané. La constipation est habituelle.
Les retentissements les plus ordinaires sont la dyspnée et les troubles cardiaques par compression directe, puis les troubles fonctionnels nerveux comme le vertige, l'asjhénie neuromusculaire et la céphalée.
Le dia osu ^^^ ensemble dc symptômes, qui traduisent unique-
ment raugmentalion de la capacité et Tinerlie de Testomac, est mis en valeur par la recherche delà maladie proiopathique dont l'histoire et les expressions morbides donnent à chaque cas une physionomie particulière.
Ainsi, lorsqu'un vieil hypersthénique permanent avec sténose pylorique ne vomit plus et qu'on parvient, à l'aide de la sonde, à extraire de son estomac de grandes quantités de liquide et de résidus alimentaires, il est fort probable que la dilatation vraie par atrophie ou dégénérescence des fibres musculaires a succédé à la distension purement mécanique.
On portera encore le diagnostic de dilatation vraie quand la symptomatologie précédente sera constatée chez un gros mangeur, après de multiples indigestions et de fréquents embarras gastriques, si l'examen chimique du contenu stomacal révèle une acidité tolale trop faible pour déterminer du spasme pylorique.
Les mêmes caractères du chimisme [stomacal chez une hystérique, un neurasthénique, un débilité, un convalescent de fièvre typhoïde, de grippe ou de pneumonie, une utérine, un constipé, un lithiasique biliaire rendront la dilatation alonique plus plausible que la distension mécanique.
Quanta l'atonie ouàla myasthénie simple, qui n'est bien souvent que le premier degré de la dilatation vraie, son caractère essentiel est de n'être pas permanente. Il y a retard dans l'évacuation gastrique, mais il n'y pas de rétention; l'estomac est vide le matin, à jeun, tandis que, dans la dilatation vraie, il contient encore des résidus du repas de la veille.
Le ronostic ^^ pronostîc cst bcaucoup moius gravc que daus
la dilatation aiguë. Il est fondé sur l'étiologie et sur l'étal anatomiquede la tunique musculaire. Irrémédiable quand celle-ci est atrophiée ou dégénérée par gastrite interstitielle, comme cela arrive dans les vieilles hypersthénies permanentes avec sténose pylorique et plus rarement dans les gastrites atrophiques des tuberculeux, des diabétiques ou des cardiopathes, la dilatation peut encore g"^***^ quand elle dépend d'un relâchement ou d'une atonie des fibres musculaires, quand l'état général du malade reste satisfaisant et ^^ la maladie causale est justiciable de quelque thérapeutique. I>bloir, BouvERET, et d'autres encore, ont vu des cas de guérison. J'eïJ P^"'^' rais citer aussi plusieurs observations, entre autres celle "^°^ grande neurasthénique et celle d'un jeune médecin que l'inj"^^'^^ des concours avait plongé dans une asthénie neuro-musculair^ ^^^^
LA DILATATFON UE L'ESTUMAC
cachexie {générale qui dura près de deux années et qui insjN plus vives inquiétudes.
Même quand la dilatation vraie ne guérit pas, elle est com^ avec une vie possible, si une hygiène, un régime c( un trait bien condâits modèrent les troubles fonctionnels et prévïenni complications.
Les indications du traitement. — Le traitement de la dila aiguë. — L.e sac (te glace. — Le lavage de l'cstamac. — Les I douces. — L'éleclrisalioii. — Le régime. — Les injections de sérum, vésicatoires. — Les slimolanls musculaires. — Le traitement de li tation chronique. — Le régime. — Les médicaiions. — Le traft chirurgical.
Abstraclion Taile des traitements spécial da traiiamrat. g'adressent aux maladies protopathiques ou aux de la dilatation, te traitement direct de celle-ci, quelle qi sa forme, a pour indications dominantes de réveiller 11 traciilité de l'estomac et de veillera l'expulsion de aot tenu, en attendant qu'il puisse s'exonérer lui-même.
Dans la dilatation aiguë, le malade ne st
La traltvnvnt ^
de la diiatotiaD couché à plat daos son lit; maïs on le placera da *"""'■ position déclive, la tète un peu élevée et le maintenu par des oreillers, afin que les gaz stomacaux pi s'échapper plus facilement par la bouche. Si l'on est obligé faire garder le décubilus dorsal, on lui recommandera de se loui temps en temps sur le côté droit, ce qui facilite souvent l'éruc
On lui appliquera un sac de glace à l'épij La lac da ce- ^^^^ ^^ ^^^ ^^ réveiller la contractililé et de m les vomissements qui, parfois utiles, prennent, dans noml cas, un caractère presque incoercibliî.
La larag* Vous u'hésiterez pas alors à introduire la k
da laMacnac. ^yg^^g,. le coolenu de l'estomac ei à en prati»
lavage qui, dans plusieurs observations, a donné de bons ré
en débarrassant l'organe des résidus qui s'y putréfient et en stii
ilOi LES MALADIES ORGANIQUES DE L'ESTOMAC
sa contraction. L'eau bouillie et ramenée à la température de la chambre est le meilleur liquide à employer.
Us iriotiont Après Ic lavage, faites pratiquer sur la région épi-
**"**•* gaslrique, non pas le massage qui serait fort mal supporté, mais les frictions lentes et douces, et cela aussi longtemps que le malade les tolérera. Puis appliquez de nouveau le sac de glace jusqu'au prochain lavage.
otrtMtio ^^"^ essayerez aussi, mais avec grande prudence,
Vélectrisation par les courants induits qui a donné à FiJRSTNER trois succès dans des cas où la dilatation était d'origine traumatique.
Toute alimentation par la bouche sera provisoirement suspendue, et 1 on aura recours aux lavements alimentaires*^ auxquels on donnera comme véhicule le bon vin rouge et le bouillon par parties égales. Quand la diminution des vomissements, de la douleur et de la dilatation gastrique permettra de revenir à ralimentation buccale, vous commencerez par le régime lacté, à la dose initiale de 100 grammes de lait très chaud pris par petites gorgées, toutes les trois heures. Cette quantité sera graduellement augmentée suivant l'état de Teslomac, et l'on ne reviendra que très tardivement et par étapes à l'alimentation ordinaire.
Lit injecuoni Entre temps, VOUS stimulerez Vétat général défail-
et<ni^'^l[^hrée ^^^ ^^^^ ^^^ injcctions sous-cutanées de sérum artificiel ou d'huile camphrée.
Us Tésicatoires ^^^^ '^ dilatation aiguë consécutive à la fièvre typhoïde, à la pneumonie, à la grippe, application répétée de petits vésicatoires volants au creux épigastrique, courants induits de faible intensité, et une alimentation lactée strictement réduite à la ration d'entretien, soit un gramme d'albumine par kilogramme de poids.
u stimoiauon Lcs strychuiques et Vipéca à faible dose sont d'umnsoiiiaire. j^jj^g adjuvauts de ccttc médicatiou qu'ils corroborent
en vertu de leur action stimulante sur la musculature stomacale'. Le