‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 30 sur 295 · LA PHOSPHATURIE TERREUSE DYSPEPTIQUE · texte numérisé non relu

LA PHOSPHATURIE TERREUSE DYSPEPTIQUE

iM sTinptômes En dehors des émissions laiteuses et des douleurs "***'*■* provoquées par la sortie des masses crayeuses, les symptômes associés sont les mêmes que dans la forme simple, mais avec un tout autre caractère de continuité et d'intensité.

Ceux que Ton observe ordinairement sont : une sensation de constriction thoraci que avec oppression et essoufflement facile, dcsalternativesd* accélération ou de ralentissement du pouls, de l'angoisse précordiale, des éblouissemenls, des points névralgiques, erratiques occupant les espaces intercostaux, les épaules, des crampes dans les mollets, au pli du coude, la sensation subite de chair de poule. Joignez à cela les symptômes nerveux déjà connus, l'irritabilité excessive, le manque d'énergie, les accèsde spleen et, chez quelques malades, une sorte d'épouvante morale après les crises. Vous retrouvez encore, mais plus accentuées, la lassitude physique, l'inaptitude à la marche, une appréhension pour tout ce qui est exercice musculaire.

Ces malades vous frapperont souvent parleur pâleur, leurs traits tirés, leur apparence souffreteuse, et par leur amaigrissement.

Us symptômes Dans cclte Catégorie de cas, les symptômes gas- ^"Jg^ triques ne sont guère plus accusés que dans la précédente. Comme l'appétit est presque toujours conservé, les malades ne pensent pas que leur estomac soit pour quelque chose dans leur état morbide. Tout au plus nous disent-ils qu'ils éprouvent un malaise général entre 4 et 6 heures du soir, qu'ils sont quelquefois réveillés dans la nuit par une angoisse épigastrique, qu'ils ont des aigreurs, de la constipation, etc. Mais tout cela paraît accessoire aussi bien au malade qu'au médecin qui méconnaît les troubles gastriques et met l'ensemble symptoma tique sous la dépendance de laphosphaturie qui parait primer la scène et réclamer seule l'intervention thérapeutique.

Les rapports de b| d3r8pep8ie h3rper8thénique avec les émissions laiteuses. — Les particularités du chimisme stomacal et de» troubles de la nutrition. — L'absence habituelle de phosphatarie totale. — Ce qu'il faut entendre par pbosphaturie. — Les variations de l'acide phosphorique et de ses rapports d'échange. — La pbosphaturie lerreuse et le syndrome neurasthénique. — Les sédiments urinaires.

Lesrapporu Chcz lous les malades à émissions laiteuses, quelle

d6 la djspapsia

hyperstiiéiiiqQe que soit la Catégorie où on les range et quels que les émissions soieut aussi les symptômes associés qu'ils présentent,

laiteases. ]^ phosphaluric, si tant est qu*elle soit réelle, ce qui est l'exception, n'est qu'un élément secondaire, et la dyspepsie hypersthénique périodique ou permanente est constante. Ces malades sont donc des dyspeptiques avant d'être des phosphaturiques.

Sur quarante-trois malades à émissions laiteuses, j'ai pu pratiquer chez vingt et un l'analyse du contenu stomacal et des urines : tous étaient des dyspeptiques Tiypersthéniques. Et une autre preuve plus convaincante, c'est que la plupart de ces malades ont guéri et que les autres ont été améliorés par le traitement de la dyspepsie hypersthénique permanente, alors que les traitements antérieurs dirigés contre la phosphaturie ou le nervosisme avaient échoué.

Quand vous serez consultés pour des émissions laiteuses, examiner l'estomac, étudiez son fonctionnement, et vous trouverez toujours la symptomalologîe si caractéristique de la dyspepsie hypersthénique. Vous constaterez la distension gastrique par spasme pylorique, l'hypertrophie fonctionnelle du foie, la coprostase; puis, en interrogeant les malades, vous reconnaîtrez les crises gastriques et tout s'éclairera d'un coup; car l'hypersthénie vous apparaîtra comme le premier acte d'une sériation morbide dont l'émission laiteuse n'est qu'un aboutissant et d'où dérive toute la symptomalologîe qu'on rapportait faussement à la phosphaturie. L'émission laiteuse prend donc l'importance d'un signe révélateur.

Les caractères Ce poiut esscDtiel étant acquis, nous allons recher-

'hy^Snrthôrt^îT cher si l'hypersthénie gastrique permanente présente

causale. g^j^^g quelques particularités qui permettent de

l'individualiser et d'en faire un type à part, au double point de

vue des fonctions gastriques et des troubles de la nutrition.

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Les L'analyse du contenu stomacal après repas

^E^dh^too d'épreuve est déjà très signiGcative. Ses dominantes

'^^""^^ sont les suivantes :'

1* Quantité du liquide extrait oscillant de 30 a 120 centimètres cubes, c'est-à-dire peu abondante.

2" Acidité totale toujours considérable, ayant atteint jusqu'à € grammes exprimés en HCl et se maintenanl, en moyenne, entre 3",75 et 4",50.

â" Cette acidité estdue surtout à Tacide chlorhydrique libre, donlla moyenne est de28',50 à3^',50, et qui s'est élevé jusqu'à 5«',40.

4* L'acide chlorhydrique combiné est peu ou pas augmenté.

5* Les acides de fermentation sont en quantité minime et dans la moitié des cas seulement. Il s'agit presque exclusivement d'acide lactique. L'acide acétique, en effet, n'a été observé <ia'une seule fois, et à l'état de ti*aces.

6** Jamais de mucine.

7* L'albumine coagulable par la chaleur a été trouvée dixoeuf fois sur vingt et un cas.

8"* Les synlonines sont normales, ce qui correspond bien au taux de l'IlCl combiné.

9* Les propeptones sont augmentées neuf fois, normales ou diminuées douze fois.

lO' Les peptones sont très abondantes dix fois, normales ou un peu diminuées onze fois.

11* Quanta la digestion des féculents, elle est mauvaise vingt fois sur vingt et un cas. Le contenu stomacal filtré colore presque toujours l'eau iodée en bleu. Le sucre est en faible quantité.

Hyperchlorhydrie très considérable, fermentations réduites, peptonisalion à peu près régulière, très mauvaise digestion des féculents, tels sont donc les traits essentiels de l'analyse du contenu stomacal.

Toilà un syndrome analytique bien personnel à cette variété d'hypersthénie et dont la constance mérite d'être prise en considération. Cette constance même et cette netteté dans les caractères du syndrome démontrent une fois de' plus l'origine gastrique des émissions laiteuses.

iM Passons aux troubles de la nutrition.

dM tronbiM* . Duus le tablcau ci-dessous, se trouvent réunies les de la nntritton. mpyennes fésultant de la comparaison des analyses faites chez douze malades.

Tableau XLIV. — Les moyennes des échanges organiques chez douze dyspeptiques hypersihéniques permanents avec émissions laiteuses.

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